Journée internationale des Autochtones – Les prémisses d’un changement

Journée internationale des Autochtones

Journée internationale des Autochtones

 

Le 9 août prochain se tiendra, comme chaque année depuis 1994, la journée internationale des Autochtones au siège des Nations-Unies à New-York. Le thème de 2012 est « Moyens de communication autochtones : faire entendre la voix des Autochtones. ». Selon les Nations-Unies « le thème vise à souligner l’importance des médias autochtones pour combattre les stéréotypes, défendre l’identité des peuples autochtones, communiquer avec le monde extérieur, et avoir une influence sur l’agenda social et politique. » Cette journée sera illustrée par la présentation d’intervenants et de vidéos d’entreprises de communication autochtones.

Actuellement, les Autochtones représentent environ 500 millions de la population mondiale. Comme l’explique très bien le Grand chef Stewart Phillip, président de l’Association des chefs indiens de la Colombie-Britannique : « la Journée internationale des peuples autochtones est une occasion importante d’attirer l’attention sur la Déclaration des Nations-Unies sur leurs droits. Mais plus important encore, la nécessité de la mettre en œuvre ».

La récente réélection en juillet dernier de Shawn Atleo comme chef des Premières Nations du Canada donne un coup de projecteur sur l’agenda politique, mais aussi sur les priorités vers lesquelles les Autochtones doivent composer, notamment en Colombie-Britannique. C’est dans son discours délivré juste après sa réélection que le chef des Premières nations a réaffirmé ses priorités de chef, à savoir : le développement des ressources, la stabilité économique, et une enquête sur les centaines de femmes autochtones disparues à travers le pays.

Si pendant des dizaines d’années les thèmes sur les soins de santé, l’éducation, les abus dans les pensionnats ont dominé l’agenda politique autochtone, les priorités ont quelque peu changé. Aujourd’hui la priorité numéro un : contrôler le développement des ressources sur la terre de leurs ancêtres. Atleo a affirmé fermement qu’il allait résister à toute tentative visant à balayer les droits des Autochtones sur leurs ressources ou de contrôle sur leurs terres :« Nous allons agir sur nos droits, nos droits issus des traités, nos droits inhérents, nos droits au titre ». On peut voir poindre un grand virage en matière d’auto-gouvernance chez les Autochtones en matière de contrôle de leurs propres ressources.

Grand chef Stewart Phillip

Grand chef Stewart Phillip

Dernièrement, nul n’ignore le débat qui fait rage entre l’Alberta et la Colombie-Britannique. Un projet de pipeline traversant la terre des Autochtones est fortement contesté. Grand chef Stewart Phillip s’exprime à ce sujet : « Nous, avec la grande majorité des Premières nations en Colombie-Britannique nous nous opposons avec véhémence au projet Northern Gateway d’Enbridge. Nous allons continuer notre combat durant le processus de commission d’examen conjoint, dans la salle d’audience et, finalement, sur les barricades! »

Suite au vote de la loi C-38 en juin dernier, cela laisse présager un combat des plus âpres pour la sauvegarde de l’environnement, mais aussi pour le droit des Autochtones à disposer de leurs ressources naturelles. Selon Grand chef Stewart Phillip « dans le cadre du projet de loi C-38, nous nous dirigeons vers des temps de conflit. En conséquence, nous nous concentrons sur le déve-loppement des relations avec des personnes et des organisations semblables ainsi que la construction d’une plus grande solidarité avec les peuples autochtones au niveau local, régional, national et international ». Le projet de loi C-38 comprend plusieurs mesures controversées, comme des changements apportés à la sécurité de la vieillesse, à l’immigration et à l’assurance-emploi, l’abolition de l’équité salariale dans les contrats fédéraux et la fin de l’agence Droits et Démocratie.

Du côté de l’environnement, le projet de loi officialise le retrait du protocole du Kyoto, accélère le processus des évaluations environnementales, modifie la loi sur les opérations pétrolières et modifie la loi sur les pêches, en changeant les cours d’eau qui seront protégés.

De telles règles sont les prémisses qui aboutiront sur la possibilité d’une catastrophe écologique sans précédent en Colombie-Britannique. Les Autochtones sont les gardiens de notre environnement. C’est pourquoi le respect du droit aux autochtones est aussi un avantage pour tous les Canadiens.