Saint-Valentin : permis de dépenser

La Saint-Valentin, la journée des amoureux, permet de célébrer ceux qu’on aime et qu’on met parfois de côté. Si certaines personnes n’ont pas besoin de la fête pour gâter leurs moitiés, beaucoup saisissent l’occasion de le faire. Le 14 février devient alors une excuse pour être particulièrement attentionné sans être trop niais, et pour dépenser sans être trop regardant. Alors que la fête consistait autrefois à offrir un petit quelque chose à son partenaire, elle a maintenant évolué et chaque commerce veut une part du gâteau. Cours de cuisine en couple, concerts, séance de speed-dating… il y en a pour tous les goûts. Mais à qui ça profite ?

Qui profite réellement de la fête de l’amour ? | Photo de Tourism Vancouver

« L’an dernier, mon copain Matt m’a emmenée à Whistler et m’a appris à faire du snowboard », raconte Margaret, une amoureuse de 23 ans. « Je pense qu’il a saisi l’occasion, car il avait une excuse suffisante pour dépenser ce genre d’argent. C’était libérateur, d’une certaine façon, car ça a dissipé toutes les excuses qu’on avait de ne pas le faire. » Comme Noël, la Saint-Valentin offre une atmosphère hédoniste où il est permis de se faire plaisir.

La traditionnelle boîte de chocolats en forme de cœur est maintenant démodée : c’est toute une journée exceptionnelle à préparer. Aussi, le Hermann’s Jazz Club organise un concert spécial pour l’occasion avec une sélection de chansons d’amour. De son côté, la compagnie « Tartine & Maple » offre des cours de cuisine en couple pour apprendre à faire de la crème brûlée. Les souvenirs, plus que les cadeaux, sont privilégiés. Avec tous ces choix et l’envie d’impressionner sa moitié, l’addition grimpe vite. Margaret en est consciente : « C’est complètement commercial et il y a beaucoup trop de pression pour dépenser de l’argent afin d’impressionner les gens. Mais je pense aussi que c’est agréable de prendre du temps, en dehors de notre quotidien ordinaire, pour dire aux gens qui peuplent nos vies qu’on les aime. »

Alors que ces activités ciblent particulièrement les couples, qu’en est-il des célibataires ?

Célibataire à Vancouver

Cette fête exclut en effet une grande partie de la population. « [La Saint-Valentin] met l’accent sur l’idée que si tu es seul, il y a quelque chose qui cloche chez toi », déplore Margaret.

Aujourd’hui, les célibataires sont cependant de plus en plus inclus à la fête : les séances de speed-dating et soirées de rencontre spécial-célibataires se font nombreuses. Mais elles sont coûteuses. « Beaucoup d’entreprises vont tirer profit des gens qui cherchent un partenaire. Ils vont faire grimper les prix ce jour-là… » raconte Jocelyn, 24 ans. Vancouver, connue pour favoriser la solitude, tente tant bien que mal de faciliter les rencontres dans les jours qui viennent. Attention pourtant de ne pas chercher l’amour pour les mauvaises raisons, avertit Margaret : « Je pense que si ton but spécifique est “J’ai besoin de quelqu’un pour la Saint-Valentin”, tu te fais du mal et tu fais du mal à l’autre personne. »

Pour Jarrad, Australien fraîchement débarqué à Vancouver, les hommes n’ont pas peur d’être célibataires à la Saint-Valentin : « Ça nous est égal. On s’en fiche un peu. Si vous êtes une fille et vous êtes célibataire, ça peut être un peu plus difficile. Mais ça a changé. Il y a dix ans, les filles étaient tristes d’être célibataires à la Saint-Valentin, mais maintenant il y a une nouvelle mentalité : elles n’ont pas besoin d’un mec pour être heureuses. »

L’idée originelle est-elle toujours présente ?

La fête, originaire du 14e siècle, aurait-elle perdu de sa sincérité ? Pour Jocelyn, l’idée de la Saint-Valentin a en effet changé : « Notre génération pense parfois que l’amour est visible à travers les cadeaux et les grands gestes… mais je pense que, vraiment, parfois il suffit juste d’être présent. Les gens sont plus portés à ouvrir leur porte-monnaie lors de la Saint-Valentin pour être certains de montrer combien ils tiennent à la personne qu’ils aiment. Mais tout ce qu’ils ont besoin de faire, c’est d’être là et soutenir cette personne. »

Jocelyn, dans une relation longue-distance, ne passera pas le 14 février avec son compagnon, et ça ne la dérange pas. « Je ne pense pas que la Saint-Valentin soit un reflet de ton statut, que tu sois célibataire ou en couple, je pense que c’est une célébration de l’amour sous toutes ses formes. » Aussi, cette année, elle le fêtera en téléphonant à sa famille, en « traînant avec ses amis » et en célébrant ce qu’elle appelle « self-love », l’amour de soi.

L’amour, après tout, vient sous toutes les formes. Une balade à Stanley Park, un gâteau maison, un mot doux. Et s’il ne suffisait que de ça ? Pour la Saint-Valentin, soyez présent.

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