Shanghai et Vancouver : similarités et contrastes

Shanghai, Chine | Photo par hans-johnson, Flickr

Je suis à Vancouver depuis environ un an et demi. J’ai grandi à Shanghai, la plus grande ville chinoise et le centre financier en Chine. Après y avoir vécu pendant 22 ans, j’ai pris la plus importante décision de ma vie. Avec l’appui de ma famille, je suis venue au Canada étudier à l’École de journalisme de l’Université de la Colombie-Britannique (UBC). Une des universités les plus réputées du Canada, et située dans une belle ville, m’a semblé une combinaison idéale.

Étudier à l’étranger a été un tournant décisif dans ma vie. J’ai découvert une ville toute neuve avec des activités, une culture et des paysages incroyables. Vancouver se distingue de Shanghai de plusieurs façons, mais les deux villes ont une chose en commun : la diversité culturelle.

À l’instar de Vancouver, Shanghai attire les touristes du monde entier en tant que ville internationale, et ses divers districts servent tout un bouillon de cultures. Personne n’est forcé de s’intégrer à la culture générale. Plusieurs enclaves se gardent occidentales, comme la communauté internationale de Biyun où réside la majorité des Occidentaux, avec ses pubs chics à chaque coin de rue et les parties de soccer et de rugby qui vont bon train. Mais, en général, des langages joyeux et divers retentissent, tout comme dans les autobus à Vancouver, je peux entendre avec plaisir des langues différentes.

Avant de m’installer à Vancouver, je croyais que les grandes villes étaient des lieux où tout le monde marchait vite, travaillait fort, et peu d’entre eux se souciaient de ce qui se passe autour d’eux. Mon stéréotype d’une ville a fini par changer. Vancouver m’aide à croire en l’humanité, et m’amène à considérer que plusieurs émotions sont universelles, surtout l’amour. J’ai été témoin de la bonté des étrangers dans ma vie. J’ai vécu des moments vraiment heureux à Vancouver.

J’ai perdu mon porte-monnaie dans le métro à Shanghai avant de venir ici, et l’ai reporté à la police. Après six mois sans rappel, j’ai été sûre qu’il était perdu définitivement. Malheureusement, cela ne m’a pas guérie de ma négligence et de ma distraction. Au bout de trois mois à Vancouver, j’ai de nouveau perdu mon porte-monnaie près d’un chantier de construction sur le campus de UBC. J’étais en état de choc. J’avais perdu tout espoir, quand j’ai reçu un message inattendu sur Facebook d’un ouvrier qui travaillait au chantier de construction. Il avait trouvé mon porte-monnaie et m’envoyait son horaire de travail pour que je puisse aller le recouvrer.

J’ai été si reconnaissante de voir cet aimable texte que j’ai gardé ce message dans mon portable pour me rappeler la bonté de cet homme, ainsi que l’atmosphère amicale de Vancouver.

Et ce n’est pas la seule belle expérience que j’ai eue à Vancouver.

En 2015, le jour du Souvenir, j’ai vu tant de gens arborant le coquelicot que je me suis rendu compte de l’importance de ce jour. Mon professeur avait mentionné en classe qu’une procession aurait lieu au cénotaphe du square Victory pour commémorer le jour du Souvenir. Alors j’y suis allée en autobus. En chemin, le coquelicot d’une dame est tombé, à son insu, quand elle descendait. Le conducteur l’a immédiatement priée d’attendre un instant. Et alors, j’ai vécu un moment si touchant que je ne l’oublierai jamais : le conducteur a aidé la dame à épingler son coquelicot, et les deux se sont souri. Tous les passagers ont été témoins de ce moment, le silence régnait dans l’autobus et les passagers autour de moi arboraient de larges sourires.

J’ai vécu un émoi confus quand j’ai vu les réactions des gens. Je n’ai jamais éprouvé cette sorte de moment émotionnel auparavant, parce que la vie à Shanghai est une course perpétuelle, chacun à ses affaires. Si la dame avait échappé un objet dans un autobus à Shanghai, les passagers se seraient plutôt impatientés d’attendre que le conducteur prenne le temps de l’aider.

Tous ces petits moments m’ont fait tomber amoureuse de Vancouver. Bien que je sois fière de ma ville d’origine, avec tous les gratte-ciel élancés, les lumières étincelantes qui l’animent, la vie nocturne trépidante qu’on y trouve, il est certain que le plus important élément qui rend une ville meilleure est une atmosphère amicale. Bien que ma famille soit là-bas en Chine, Vancouver est l’endroit que dans mon cœur j’appellerais mon chez-moi.

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