La poésie de la danse sur toile

Danse et encre de Chine. | Photo de June Yun et le Dr Paul Crowe

Situé au cœur de Richmond, le Lipont Art Centre propose en cette fin d‘hiver, jusqu’au 11 mars, une exposition intitulée Poetic Dance of Ink, née de la toute première collaboration entre l’artiste June Yun et le Dr Paul Crowe.

Poetic Dance of Ink évoque une idée de magie, d’art abstrait en mouvement. Pourtant, à y regarder de plus près, le titre ne pourrait pas être plus adapté : cette exposition de Yun et Crowe est une interprétation poétique d’un moment de danse capturé par une technique liant la photographie et la peinture.

Des origines communes, une approche différente

L’idée ne date pas d’hier. C’est un concept que June, artiste pluridisciplinaire, a tourné et retourné dans sa tête depuis une dizaine d’années. Elle a toujours voulu intégrer ses passions – la musique et la danse – à son art, mais l’occasion ne s’était jamais présentée.

C’est seulement l’an dernier que le rêve de June a commencé à prendre forme, lors d’une conversation avec Paul Crowe. Paul n’est pas vraiment l’archétype de l’artiste. C’est un intellectuel – docteur en études asiatiques – très engagé dans la culture asiatique et taoïste. Une personne extrêmement « polie et réservée », dixit June. Il a récemment repris ses études et c’est la photographie qu’il a choisi d’étudier à Emily Carr University of Art + Design.

L’idée d’origine de June était d’ajouter un élément vidéographique à sa peinture. Souhaitant saisir cette occasion avec Paul, elle a donc décidé d’opter pour la photographie comme support pour son projet. Paul et June sont tous deux sino-canadiens basés à Vancouver et ils partagent une même culture dont ils sont très proches. De plus, Paul connaît bien l’art de June et est intéressé par sa vision. Pour sa part, elle le guide dans son apprentissage tout en réalisant ce projet personnel. Malgré leurs différences, ils évoluent ensemble dans cette collaboration unique.

Une collaboration pluridisciplinaire

June puise son inspiration dans la musique, qui lui donne une atmosphère sur laquelle se baser. Elle avoue d’ailleurs qu’elle adore la France et que c’est la chanteuse française Keren Ann qui l’a inspirée tout au long de cette collaboration.

Ce travail pluridisciplinaire débute par la prise de photographies. En tant qu’artiste peintre, June a une idée très précise du résultat final attendu, c’est donc elle qui orchestre la danse – au sens figuré comme au sens propre. Elle choisit avec soin ses vêtements, souvent fluides, mais ses mouvements sont complètement improvisés. « Je n’ai jamais appris à danser. Je suis juste passionnée de musique et de danse. Mon corps répond à la musique et j’ai toujours souhaité utiliser cette forme d’expression dans mon art », explique-t-elle. C’est également elle qui guide Paul dans le processus de photographie et qui lui indique ses préférences d’angle, de proportions, de cadre et d’ambiance.

C’est ensuite que commence le travail minutieux de June. Elle utilise de la peinture à l’huile mais également divers logiciels tels que Photoshop pour manipuler formes et couleurs plus aisément. « Le résultat est presque le même que de peindre à même la toile, mais sans les contraintes de couches de couleur, parfois épaisses, qui peuvent rendre l’impression difficile. Je finis mes œuvres au Mylar et c’est donc plus pratique d’utiliser un support numérique pour peindre. »

L’art comme moyen d’expression

Les œuvres de June sont toujours très aérées, un style que Paul approuve. « Mon art est toujours poétique, et le thème de l’eau y est omniprésent, sous forme liquide ou de nuages. Il y a toujours une profonde émotion dans mes peintures. Je veux donner une expérience avant tout sensorielle », affirme-t-elle. Dans le cadre de ce projet, cette émotion que June veut exprimer est sa passion pour la danse, qui la fait se sentir libre, plus créative que jamais et qui lui donne une autre chance de s’exprimer. Utiliser une passion pour en exprimer une autre, c’est un tour de force qu’elle réalise avec une grâce et une légèreté déconcertantes.

Poetic Dance of Ink

Jusqu’au 11 mars

Vancouver Lipont Art Centre

Toutes les œuvres exposées peuvent être achetées.

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