La collaboration pour sauver le monde

Trevor Meier, réalisateur. | Photo de A New Economy

A New Economy, réalisé par Trevor Meier et produit par Melanie Wood, est un documentaire analysant le concept de la collaboration comme modèle économique. Meier part à la recherche d’organisations qui s’efforcent de construire un avenir plus coopératif dans le contexte actuel d’une économie dominée par les profits et les grandes entreprises. La projection aura lieu à UBC le 9 mars prochain et sera suivie d’une discussion autour du film et du sujet de la coopération.

« C’est une idée qui trotte dans ma tête depuis longtemps. J’ai grandi dans une petite ville où les gens étaient forcés de collaborer et de s’aider les uns les autres, car les conditions de vie étaient très dures. Il y avait une certaine chaleur à voir les gens s’entraider, et c’est quelque chose qui m’a toujours manqué depuis que je suis arrivé à Vancouver. Il se trouve qu’une occasion s’est présentée au bon moment et l’on a pu commencer le film », explique Trevor Meier, le réalisateur.

Ce dernier s’est alors mis en quête de dénicher des groupes et entreprises qui suivaient un modèle de coopération. Non sans peine. Il admet avoir passé en revue plus de 600 études de cas potentielles avant de choisir les sept qui sont dans le film : « Bien sûr, j’étais conscient du problème quand nous avons débuté le projet, mais on ne s’attendait pas à ce qu’il soit d’une telle ampleur. » La plupart de ces projets ne font pas vraiment de publicité. Justement, ce film donne l’occasion à ceux qui veulent s’investir dans des projets similaires de se regrouper et de parler de ces problèmes.

Au-delà du film…

L’équipe de A New Economy va chercher plus loin que le grand écran. Après chaque diffusion, les spectateurs peuvent poser des questions au cinéaste et à l’équipe présente et discuter avec eux. « La vraie valeur de ce film ce n’est pas le film lui-même, mais la conversation qui s’ensuit. Les idées et les mouvements de collaboration débutent pratiquement toujours lors d’une conversation entre amis. Parfois, c’est seulement la volonté d’améliorer certaines choses ou de les exécuter différemment, c’est ouvrir la discussion sur de nouvelles idées dans l’espoir qu’elles suscitent un intérêt et inspirent les gens et les poussent à entreprendre quelque chose ensemble », ajoute le réalisateur.

De plus, la production propose à toute personne ou entité intéressée la possibilité d’organiser sa propre projection. Meier confie que c’est non seulement sa partie préférée, mais aussi « probablement l’aspect du projet qui a le plus d’utilité en ce moment. » Le film a suscité énormément d’intérêt depuis la toute première projection, qui a fait salle comble au Rio le 15 octobre dernier. Meier explique fièrement : « Nous en sommes à plus de 50 projections à travers le monde, que ce soit dans des festivals ou par des initiatives communautaires, et la plupart ont fait salle comble. » Les organisateurs viennent de milieux divers, ce sont souvent des universités, des organisations communautaires, des coopératives, et beaucoup de groupes un peu plus vagues tels que des espaces indépendants, créatifs, collaboratifs ou décentralisés.

Les gens se sentent inspirés et certains cherchent à reprendre des projets déjà existants. « La plupart du temps, les organisateurs qui rentrent en contact avec nous pour diffuser le film sont déjà impliqués dans un projet similaire. » Meier sait que plusieurs projets potentiels ont été évoqués durant des séances de questions-réponses, mais il est difficile de suivre l’évolution de ces idées.

L’ironie du projet

Meier réalise que ce projet est en fait une mise en abyme, parce qu’un film est un « média d’information qui est à la base collaboratif », et son film « traite justement de ce processus de collaboration. » Il ajoute : « Ce qui est ironique c’est que ce film a été réalisé de manière plutôt traditionnelle, dans le sens où nous avons fonctionné avec de grandes entreprises et autour de règles strictes qui sont à l’opposé des valeurs de notre documentaire. Je pense que les idées que l’on traite dans le film pourraient, et devraient, être appliquées dans le monde du film. C’est un domaine difficile qui pourrait bénéficier grandement de ces méthodes de collaboration. En particulier la scène indépendante, car elle tourne autour d’un capital financier moindre, mais d’un capital humain énorme ». Un capital humain qui, unifié, pourrait réaliser des choses magnifiques.

Diffusion du film : jeudi 9 mars à UBC, Henry Angus Building.

Entrée gratuite, billets à réserver en ligne : www.eventbrite.ca/e/a-new-economy-documentary-discussion-tickets-31362876207

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