Entrez dans la danse

Photo par Hubert Lankes, Centre de danse de Vancouver

« Je loue la danse car elle libère l’homme de la lourdeur des choses et lie l’individu à la communauté. Je loue la danse qui demande tout, favorise santé et clarté de l’esprit et élève l’âme. » – A. d’Hippone.

Ce samedi 29 avril, Vancouver battra au rythme de la danse à l’occasion de la Journée internationale de la danse. Rencontres avec Mirna Zagar, directrice du Centre de danse de Vancouver et Julie Lebel, chorégraphe participant à l’édition 2017, pour en savoir plus sur cet art et cette journée…

Créée à l’initiative de l’Unesco en 1982, cette Journée démocratise un peu plus la danse en la sortant de ses lieux habituels pour aller à la rencontre du grand public. Elle fédère le spectateur autour d’activités gratuites, l’invite à danser, partager, s’amuser et découvrir la palette importante des types de danses.

« Tricoter », une performance s’articulant autour du tricot, symbolisant le tissu social. | Photo par Anita Bonnarens, Vancouver Art Gallery

Un vecteur social

La philosophie de cet événement est soutenue en tout temps par le Centre de danse de Vancouver, souligne Mirna. « Nous relions les différentes communautés par la danse, en proposant une offre variée d’ateliers, de spectacles et de salles de répétition. Nous sortons aussi du centre pour aller vers des écoles, des centres culturels, des maisons de retraites, pour montrer que tout le monde peut danser ». L’objectif est de supprimer les barrières culturelles et physiques à travers le langage universel qu’est la danse. Il l’est également de faire danser les enfants comme les personnes âgées, les valides comme les personnes en fauteuil roulant. En ce sens, le Centre encourage les artistes en résidence à se déplacer hors du centre pour transmettre leur passion au plus grand nombre.

Cette mission fait écho au travail de Julie Lebel, cette chorégraphe québécoise plaçant l’humain au centre de sa pratique. « Tricoter », la performance qu’elle propose s’articule autour du tricot, symbolisant le tissu social. La danse se fabrique à l’intérieur du public disposé en cercle. La laine est intégrée à la chorégraphie et tisse une architecture qui lie le public, le lieu et l’interprète. « Les gens, d’univers différents, viennent nous jaser, on échange sur nos histoires, nos grands-parents », la notion de transmission et de partage intergénérationnel est le socle de l’œuvre de Julie.

La laine, ce pouvoir de lier le public, le lieu et l’interprète. | Photo par Anita Bonnarens, Vancouver Art Gallery

Supprimer des barrières

La danse fédère les gens et son rayonnement est important de par son langage universel. Elle est depuis toujours un vecteur d’affirmation de ses origines, de ses appartenances ethniques ou religieuses. À chacun ses rituels, folklores et tenues. Mais nous n’avons pas tous le même rapport au corps et à l’autre. Certaines personnes font face à des tabous liés à leurs éducations, origines ou croyances…. Lors d’ateliers au public diversifié, Mirna se rappelle par exemple avoir dû affronter quelques gênes et blocages venant de certains réfugiés. « Ces personnes n’étaient pas vraiment préparées à évoluer dans des ateliers mixtes. » Alors, explique-t-elle, il faut discuter avec eux, les mettre en confiance et les encourager. Il faut leur expliquer qu’ils peuvent évoluer avec leur nouveau pays d’accueil, qu’ils peuvent le faire dans le respect de leurs croyances et de leur personne. « Cet accompagnement prend du temps mais porte ses fruits et certains veulent même parfois continuer la danse ! » La danse pour thérapie, pour lutter contre l’isolement, c’est l’un des messages que veut aussi transmettre Julie à travers sa médiation culturelle. « Cette laine, ses couleurs ont pour rôle de pousser les participants à affirmer leurs propres couleurs, leurs origines ».

Célébrer la danse

Porte-parole de cet événement, le Centre de danse de Vancouver dresse une programmation éclectique en lien avec des écoles de différentes communautés. Il met en avant des artistes moins connus du public. Il préfère travailler avec des structures plus petites plutôt que de s’associer à de grands noms de la danse. Un programme très varié pour montrer que « la danse est amusante et peut permettre de rencontrer d’autres personnes ».

Du Banghra, danse traditionnelle indienne au contemporain, en passant par le hip-hop et la salsa, il y en aura pour tous les goûts ce 29 avril. De quoi avoir le cœur à la danse !

La programmation :
www.thedancecentre.ca
Événement gratuit

Retrouvez aussi « Tricoter »
Les samedis, de 11 h 30 à 13 h 30, entrée gratuite :
www.yarnaround.wordpress.com

Leave a Reply