« Virtual Reality » : un monde pas si déconnecté de la réalité

Photo de Microsoft HoloLens

La deuxième édition du Consumer VR se déroulera du 5 au 7 mai prochain au Vancouver Convention Centre. Connu des amateurs assidus de réalité virtuelle (RV), des professionnels et des investisseurs, cet évènement devrait également susciter l’intérêt et la curiosité du grand public.

Ne nous méprenons pas. La réalité virtuelle n’est pas forcément synonyme de science-fiction, effets spéciaux et jeux vidéo hyperréalistes. Le terme réalité virtuelle est un brin trompeur dans la langue de Molière. En anglais, « virtual » peut être compris comme « digital, artificiel », comme nous l’entendons dans son appellation en français, mais également comme « quasi, similaire ». Virtual Reality indique donc que l’expérience qui nous est présentée est une « quasi-réalité », un semblant de réalité.

Apprentissage et découverte par immersion

Certains voient la réalité virtuelle comme un frein qui ne peut que rendre les humains incapables et détachés de l’instant présent. Mais peut-être change-t-elle simplement leur façon d’appréhender le réel ? Cet argument est facilement observable dans le domaine de l’éducation. Et si, au lieu d’écouter passivement le professeur, les élèves pouvaient participer et se trouver au centre de l’action ? C’est tout simplement une application du cône d’apprentissage d’Edgar Dale, qui montre que l’on retient 90 % d’information lorsque l’on est activement impliqué, comparativement à seulement 10 % de ce que l’on lit ou 20 % de ce que l’on entend.

À Vancouver, le Collège Éducacentre – le seul collège francophone de la Colombie-Britannique – propose la totalité de ses programmes post-secondaires à distance. Julien Capraro, chargé du marketing et des communications, y voit un potentiel très puissant : « La réalité virtuelle permet l’enseignement d’une façon différente, on a la sensation d’apprendre à travers une expérience, presque vécue et cela vient s’imprimer de façon différente dans notre mémoire. On peut, depuis chez soi, avoir accès à des expériences inouïes, être projeté sur Mars, Tatooine, ou en Égypte antique, dans un hôpital ou aux commandes d’un avion. »

Ainsi, il peut être difficile de comprendre le fonctionnement du système solaire, mais avec une application immersive tridimensionnelle, il devient beaucoup plus facile de visualiser les mouvements et proportions des planètes, comme le montre une des applications créées par la plateforme AltspaceVR en Californie, explique leur représentant en marketing Gerald Gottheil. La réalité virtuelle peut surpasser les possibilités pour ce qui est de recherches et d’accessibilité entre les professionnels et le grand public. Gottheil prend l’exemple d’un projet mené sur le Marum, un volcan actif tellement isolé et dangereux qu’il est extrêmement difficile d’y faire des recherches scientifiques. « En 2014, Sam Cossman a dirigé une équipe pour explorer le cratère et créer une carte 3D grâce à plusieurs drones. En utilisant son modèle, nous avons créé une version en réalité virtuelle du cratère et Sam a mené plusieurs visites guidées. Se déplacer autour du cratère avec lui, apprendre et entendre parler de ses expériences était incroyable – un souvenir qui m’a marqué à vie. »

Transcender les frontières physiques et linguistiques

Au-delà de la praticité d’un outil permettant la formation à distance, la RV aide le monde des affaires en permettant de se faire à l’avance une idée précise d’objets (existants ou non) tels qu’un appartement, un bijou ou un lieu de vacances à l’étranger, par exemple.

De plus, la médecine utilise désormais la réalité virtuelle – pour soigner les phobies, par exemple. Souvenons-nous de l’Opération Lindbergh qui, en 2001, a permis à une équipe chirurgicale située à New York d’opérer une patiente se trouvant à Strasbourg. Et si l’on pouvait utiliser cette technologie quotidiennement au profit de l’humanité ? Sans frontières et contraintes matérielles, le monde virtuel peut se décliner à l’infini…

L’industrie est pour le moment dominée par des acteurs anglophones, tout comme le monde des médias et des technologies en général. Cependant, selon Philippe Pasquier – scientifique et professeur à SFU et à la School for Interactive Arts and Technology, – l’avenir est prometteur : « sur le front de la traduction automatique, des progrès phénoménaux ont été achevés qui font tomber presque toutes les barrières, puisque la traduction simultanée vocale est pratiquement au point. » En éliminant la barrière de la langue, la RV réalise, malgré elle, une prouesse qui permet au monde de se rapprocher.

Une expérience (pas) comme une autre

La réalité virtuelle n’est donc pas un moyen de fuir le monde matériel ou d’étouffer notre perception de la réalité, mais plutôt une chance d’enrichir cette expérience, en stimulant et en développant nos sens innés. Elle mimique la réalité pour une meilleure compréhension et utilisation de celle-ci.

Un peu comme suivre une formation en immersion française dans un environnement anglophone, comme ici à Vancouver, la réalité virtuelle simule un environnement qui a pour but de faciliter une expérience, tout simplement.

Rendez-vous donc au CVR pour découvrir les possibilités réelles que nous offre la réalité virtuelle.

Information :
www.consumer-vr.com

Saviez-vous ?

La réalité virtuelle est une technologie qui simule la présence physique d’un utilisateur dans un environnement artificiel. L’utilisateur peut ainsi, non seulement observer, mais aussi interagir avec cet environnement, résultant en une expérience sensorielle dans un monde complètement créé par des logiciels.

À ne pas confondre avec la réalité augmentée, qui se base sur une image réelle et simplement complétée par des données informatiques pour améliorer l’expérience réelle.

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