Du boulot pour la jeunesse francophone

C’est bien connu, la Colombie-Britannique est polyglotte ! Et parmi tous ces gens qui y habitent, près de 300 000 personnes parlent français. Parmi eux, 70 000 ont le français comme langue maternelle, soit environ 1,5 % de la population totale de la province.

Mais quels sont les défis rencontrés par cette population francophone en recherche de travail, en particulier les jeunes de moins de 25 ans ? La Source s’est entretenue avec certains représentants d’organismes d’aide à l’emploi afin d’en apprendre un peu plus à ce propos.

Des obstacles pour les francophones de la génération millénaire

Outre les difficultés rencontrées sur le marché de l’emploi en tant que jeunes diplômés de la génération millénaire, il semblerait que les francophones de la Colombie-Britannique, province principalement anglophone, doivent faire face à quelques obstacles supplémentaires. D’après Charlotte Caron, conseillère à l’emploi au Collège Éducacentre, trois facteurs sont déterminants pour un jeune francophone en recherche d’emploi : son niveau d’anglais, son statut au Canada et son état d’esprit. Le niveau d’anglais doit évidemment être suffisant pour pouvoir communiquer avec les collègues et les clients si c’est la seule langue parlée au travail. Le statut au Canada peut également être déterminant dans l’obtention du poste. En effet, alors que certains employeurs peuvent être réticents à l’idée d’embaucher un travailleur étranger qui risque de quitter le pays quelques mois plus tard, certaines entreprises n’emploient tout simplement que des citoyens canadiens ou des détenteurs de résidence permanente. Enfin, l’état d’esprit. Pour Charlotte Caron, c’est un facteur décisif dans la recherche de travail : « Quand on est confiant, sûr de soi, prêt pour l’entretien, c’est là que la magie prend place. » Mais lorsque l’on n’est pas forcément bilingue et que l’on ne connaît pas vraiment le pays ou le marché du travail local, cela peut s’avérer bien plus difficile à dire qu’à faire.

Jean-François Filion, responsable et coordinateur des services francophones à YWCA WorkBC constate un nouveau frein pour les francophones de 19 ans ou plus : la suppression l’an dernier du GED (General Equivalency Diploma). Jusque-là cette équivalence permettait aux adultes n’ayant pas complété leur programme d’études secondaires officiel de démontrer leurs connaissances et compétences, en langue française s’ils le souhaitaient. Il n’existe à présent aucune aide pour compléter le diplôme d’études secondaires en français pour les adultes.

La plupart des francophones venant de France et de Belgique, comme le souligne Jean-François
Filion, ont souvent suivi des études supérieures, ce qui leur donne un net avantage par rapport à des jeunes d’autres pays, par exemple aux réfugiés n’ayant pas la chance d’avoir des diplômes reconnus ou obtenus
au Canada, ou des diplômes tout court.

Une communauté bien entourée pour réussir

Ceux qui cherchent du travail dans les secteurs internationaux tels que le tourisme, les services aux clients, et les services bilingues de manière générale trouvent habituellement un poste assez facilement. Les langues étrangères, qui montrent une ouverture d’esprit et une facilité d’apprentissage, sont un atout pour les employeurs et les entreprises, qui, comme l’explique Charlotte Caron, peuvent ainsi viser un segment spécifique du marché ou faciliter une acquisition. Cependant, bien que les candidats bilingues soient très recherchés, peu de chercheurs de travail francophones se rendent compte qu’une telle demande existe ni que leur langue devient un réel atout qui mérite d’être utilisé.

De nombreuses associations existent afin d’accompagner les francophones dans leur adaptation en Colombie-Britannique. C’est le cas du Collège Éducacentre, qui aide les chercheurs d’emploi en travaillant avec la province et le gouvernement fédéral, « pour offrir des ateliers gratuits, des programmes intensifs et des
services de conseil visant à l’intégration au marché du travail. » Ainsi, l’association organise notamment des foires, conseille et suit l’évolution de francophones avant et après emploi, et a dernièrement développé le projet FILM (Francophone Integration in the Labour Market) afin de préparer les chercheurs d’emploi francophones par le biais d’une formation intensive de 4 semaines suivie d’un stage rémunéré de 12 semaines. Une aide non négligeable pour les nouveaux arrivants !

Outre le Collège Èducacentre, on trouve d’autres acteurs très actifs dans l’assistance aux francophones : Vancouver en français, la Société de développement économique de la Colombie-Britannique, La Boussole, le Conseil scolaire francophones, la Fédération des francophones de la Colombie-Britannique (FFCB), la Société Inform’Elle, Vision Ouest, la Société francophone de Maillardville, et bien sûr, le Consulat de France. Il n’est pas rare que ces organisations collaborent sur certains projets.

Un avenir prometteur pour la jeunesse francophone au Canada

Le français demeure un atout considérable en Colombie-Britannique, recherché et encouragé. Au cours des dix dernières années, les inscriptions en immersion française ont augmenté de près de 30 %, pour un total de plus de 53 000 élèves cette année !

De plus, il y a tout juste un an, le ministère Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) a mis en place Mobilité francophone, un nouveau volet de permis de travail temporaire du Programme de mobilité internationale. Mobilité francophone vise à faciliter et simplifier l’embauche de travailleurs qualifiés francophones hors de la province de Québec, tout en renforçant le caractère bilingue et multiculturel du Canada.

Alors célébrons la francophonie, embrassons le bilinguisme, prenons part à la communauté ! Notre identité est un vrai atout, et à plus forte raison ici, au Canada, chez nous.

Le Collège Éducacentre propose quelques vidéos utiles pour vous aider à débuter dans le monde
du travail au Canada : www.educacentre.com/videos-ateliers

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