La Société historique francophone de la C.-B. met le cap sur le futur

Maurice Guibord, défenseur de l’histoire et la culture francophone de l’Ouest.

« Une histoire toujours vivante. » Voilà la devise de la Société historique francophone de la Colombie-Britannique, (SHFCB). Cet organisme, qui renaît de ses cendres en 2009, se dote d’une mission d’archivage, de musée et de bibliothèque, défendant l’histoire et la culture francophone de la province. Autant d’initiatives exposées lors de la dernière assemblée générale annuelle du 16 mai dernier, aux archives de la ville de Vancouver. Un bilan qui semble prometteur malgré les obstacles financiers.

Le président Maurice Guibord, dont le mandat a été renouvelé pour deux ans par l’assemblée, « erre » dans le patrimoine et l’histoire francophone, comme il aime le dire. Historien de formation, il défend cette histoire francophone de l’Ouest, encore méconnue et intimement liée à celle de la province. Une histoire de plus en plus reconnue, notamment grâce au travail des bénévoles.

Faire connaître et reconnaître une histoire

Une des réussites de l’année écoulée pour la SHFCB est la reconnaissance du travail accompli. Il y a dix ans, la part francophone dans l’histoire de la province était presque inconnue. Maurice Guibord, récompensé du Prix d’honneur 2017 lors de la Journée de la francophonie en Colombie-Britannique à Victoria pour son dévouement, a eu l’occasion d’y exposer cette histoire devant près de 87 parlementaires et un large public. Une chance unique pour des perspectives d’avenir encourageantes. Les partenariats avec des organismes régionaux, nationaux, et même internationaux, se sont développés autour de projets, par le prêt de documents d’archives, par exemple. Maurice Guibord a également participé à l’assemblée générale annuelle du Conseil jeunesse francophone de la province à Comox, où il a présenté à ceux de la nouvelle génération leur héritage culturel francophone. Un pont suscitant leur intérêt, justifiant la défense de la francophonie en plaçant ces jeunes dans une histoire évolutive.

Quelques exemples d’artéfacts de la collection. | Photo par Denis Bouvier, montage par Pierre Grenier

« La frustration est financière, on ne peut pas ranger les archives comme on le souhaiterait ou encore ouvrir les archives aux scolaires, aux chercheurs et au public » affirme Maurice Guibord. « Rarement une conversation ne se termine sans un don de documents ou d’artéfacts à la collection », souligne-t-il. L’organisme se finance grâce à des dons et subventions. Si les universités et la province soutiennent financièrement les projets, « nous espérons convaincre les instances fédérales à faire de même. » Il ajoute : « L’histoire semble tomber dans les failles des bailleurs de fonds du fait de leurs attentes en matière de retombées chiffrées. »

Des projets ambitieux

En dehors de la refonte du site Internet, du catalogage des caisses d’archives et de leur accessibilité au public par numérisation, quelques projets d’envergure s’apprêtent à aboutir. Ainsi, le Corridor touristique et culturel francophone de l’Université Laval, bientôt en ligne, rassemblera 150 sites francophones nationaux pour les 150 ans de la Confédération canadienne. La province en compte 10, répertoriés par la SHFCB.
« En raison d’une ignorance générale de l’est au sujet de l’ouest, on est passé de 2 sites à 10 sites », explique Maurice Guibord. Un autre projet qui résulte du travail de la SHFCB, une carte interactive en ligne de 50 sites historiques francophones répertoriés pour débuter, initiée par Heritage BC, verra le jour cet été. Un outil majeur utile aux chercheurs, aux enseignants, aux étudiants et aux curieux.

Et puisque l’histoire est aussi une matière vivante, la SHFCB développe un répertoire des entrevues d’histoire orale de francophones. Si deux entretiens ont déjà été réalisés, il existe plus d’une centaine de personnes à interroger. Peu d’éléments existent sur les pionniers francophones. « Il est important de parler aux gens ayant eu un rôle dans l’évolution du milieu associatif francophone de la province avant leur disparition. Rien n’est écrit sur eux. Nous devons capter la mémoire francophone, et notamment celle des communautés des Caraïbes et d’Afrique présentes à Surrey par exemple », déclare Maurice Guibord.

Le point noir demeurant les finances, la SHFCB se doit de diversifier ses sources. Ainsi, des visites guidées, telles que « de Vancouver à Vancouver » en août, ou encore une levée de fonds appuyée par la consule de Belgique, Mme Monique Poncelet, soutiendront les activités de l’organisme francophone, qui espère communiquer prochainement sur l’accueil du public de manière régulière.

 

Information : www.shfcb.ca

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