« Dance in transit » ou mettre la ville en mouvement

Dance in transit fait bouger gratuitement Vancouver dans ses lieux publics. | Photo de Sam’s Dance

Êtes-vous timide lorsque vient le temps de faire quelques pas de danse ? Seriez-vous prêt à danser ailleurs que dans une salle de danse ?

Organisé par Patricia Hardin, Dance in transit fait bouger gratuitement Vancouver dans ses lieux publics. Tenu toutes les fins de semaines jusqu’au 2 septembre, cet événement propose à tous de partager un moment en plein air, le temps d’une danse.

Faire bouger la société

À l’origine, Dance in transit était un événement promotionnel. Tout a commencé il y a deux ans, quand son organisatrice, Patricia Hardin, a voulu faire connaître davantage sa nouvelle école de danse Sam’s dance. « L’idée se résumait à ce que les gens nous voient danser et comprennent que c’est facile, amusant et sans enjeu. Pour ça, nous avons dansé avec un petit groupe d’amis dans le SkyTrain. Nous dansions sur les quais, devant les stations… », se rappelle-t-elle. À cette occasion, Patricia découvre que les Vancouvérois sont plutôt timides quand il s’agit de rejoindre les danseurs. « Nous sommes de plus en plus isolés les uns des autres. Nous sommes tous sur nos téléphones tout le temps ». Elle prend alors conscience, qu’au-delà de son école de danse, « faire que les gens arrêtent de regarder fixement ces objets » peut être un projet en soi et qu’elle pourrait engager un mouvement dans la société. « Nous avons besoin d’être plus connectés avec les gens, il s’agit de lien social ». C’est ainsi qu’est né Dance in transit, dans un mouvement de reconnexion sociale.

« L’idée se résumait à ce que les gens nous voient danser et comprennent que c’est facile, amusant et sans enjeu. Pour ça, nous avons dansé avec un petit groupe d’amis dans le SkyTrain», Patricia Hardin. | Photo de Sam’s Dance

Un événement mobile

« Cela nous a pris deux ans pour organiser Robson Square. Au début, nous étions six avec un lecteur portable. C’était une toute petite chose. Maintenant, nous avons un DJ », explique Patricia Hardin. Tout d’abord dans un seul endroit, aujourd’hui l’événement se déplace dans quatre lieux publics : tous en centre-ville, tous à l’extérieur, tous au sein de la vie citadine et de son mouvement. Robson Square, Jim Deva Plaza, Queen Elizabeth Plaza et Plaza of Nations : chaque lieu a sa teinte particulière en raison de sa localisation.

En étant mobile, Dance in transit permet aux organisateurs d’aller à la rencontre de la population. L’équipe installe la sonorisation, et éventuellement une tente contre les intempéries. Les danseurs professionnels se succèdent pour donner les rudiments des pas de zumba, salsa, tango, hip-hop… il y en a pour tous les goûts. Chacun peut se joindre aux danseurs, participer gratuitement, librement. Selon Patricia Hardin, il s’agit de « donner l’occasion aux gens de faire quelque chose de sain, de divertissant, de spontané. C’est de la danse sociale, de la danse de rue, juste pour s’amuser ». Les danseurs font aussi des démonstrations des différentes danses, l’occasion pour les participants de reprendre leur souffle et d’admirer des performances artistiques.

La danse comme repère fixe

Patricia Hardin souhaite faire de Dance in transit « une expérience sociale regroupant tous les âges et beaucoup de nationalités » et montrer le visage de Vancouver comme étant la ville la plus ouverte, diversifiée et multiculturelle du pays. Le pari semble gagné quand on constate que les participants viennent de pays et de cultures aussi divers que les Philippines, la Chine ou simplement l’autre côté du Canada, pour danser sur des rythmes aux accents latins. À la diversité musicale proposée répond la diversité culturelle des participants. Cependant, tous s’accordent sur leurs motivations : être là simplement pour prendre du plaisir à danser, comme en témoigne Irène Spennati, qui vient « pour la quatrième fois parce que c’est amusant, bon pour le corps, pour l’âme et l’esprit, et parce qu’on rencontre plein de gens sympas ». Pour sa part, Claudia Absi, Canadienne originaire de Montréal installée depuis trois mois à Vancouver, a pris des cours de salsa pendant des années. Dance in transit lui offre l’occasion de s’adonner à la danse qu’elle aime et de s’intégrer dans cette nouvelle ville.

Les attentes des uns et des autres demeurent modestes : s’amuser, s’activer, se rencontrer. Mais, on sent chez Patricia Hardin une urgence à faire bouger la société. « La danse n’est que mouvement. On n’a qu’un moment pour vivre l’instant présent, ce n’est pas comme si on pouvait revenir en arrière et le vivre plus tard », conclut-elle. Et comme disait la fourmi à la cigale ayant chanté tout l’été de Jean de La Fontaine : « Eh bien dansez maintenant ».

Dance in transit

Centre-ville de Vancouver

Les fins de semaine jusqu’au 2 septembre

www.danceintransit.com

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