Que trouve-t-on au bout de l’arc-en-ciel ?

Cette année, Ace Productions présente la première canadienne-anglaise de la pièce de théâtre End of the Rainbow, dont le thème est centré sur la fin tragique de Judy Garland, actrice et chanteuse légendaire, connue pour son rôle de Dorothy dans le film Le Magicien d’Oz. Écrite par Peter Quilter et dirigée par Claude Giroux, la pièce End of the Rainbow se jouera au Centre culturel Evergreen du 19 septembre au 23 septembre.

La pièce est située à Londres en 1968, où Judy Garland a fait son retour dans le show-business dans l’établissement The Talk of the Town. Au crépuscule de sa carrière, Garland doit faire face à sa dépendance aux drogues et à une lutte pour le pouvoir avec son manager et fiancé Mickey Dean et son accompagnateur Anthony Chapman. Ces deux hommes chaperonnent sa carrière afin qu’elle redevienne sobre et prête pour ses concerts prévus à The Talk of the Town.

« C’est la pièce la plus intéressante sur laquelle j’ai travaillé », confie Janet Gigliotti qui interprète Garland dans cette première du spectacle à Vancouver. « C’est une œuvre très captivante », ajoute-t-elle.

Une histoire tragique et moins connue

Janet Gigliotti interprétant le rôle de Judy Garland. | Photo d’Evergreen Cultural Centre

Alors que Judy Garland est connue de tous comme une grande vedette de Hollywood, son histoire personnelle n’est pas aussi documentée. End of the Rainbow, pièce biographique mélangeant réalité et fiction, nous donne un aperçu de l’aspect moins glamour et tragique de la vie de cette icône du cinéma et de l’état mental dans lequel elle se trouvait dans les derniers mois de son existence.

« C’est une œuvre importante », explique Janet Gigliotti. « Il faut connaître l’histoire de Judy Garland. Elle a été maltraitée par l’industrie du cinéma. Elle a été droguée très jeune » afin d’être plus performante et malléable, pour « qu’elle dorme, se réveille, se produise sur scène, perde du poids… »

« Ses propres besoins ont été ignorés alors que sa charge de travail était incroyablement élevée », ajoute celle qui aura la lourde tâche d’interpréter le rôle de cette artiste dans les derniers mois de sa vie.

Six mois après ses spectacles à The Talk of the Town, à l’âge de 47 ans, Garland a été trouvée morte d’une surdose de barbituriques. Malgré sa carrière fructueuse, la vie de la chanteuse de la chanson Over the Rainbow aura connu bien peu d’arcs-en-ciel… Sa toxicomanie remonte à 1940, déclenchée par une dépendance aux médicaments, aux barbituriques et à l’alcool.

Ce n’est pas un euphémisme de dire que Garland a sacrifié sa santé physique et mentale pour évoluer dans l’industrie du film.

Un spectacle au succès croissant

La grande première mondiale d’End of the Rainbow a été lancée à l’Opéra de Sydney en 2005, suivie par une reprise à Londres et sur Broadway pendant les années 2010 et 2012 avec Tracie Bennett dans le rôle de Garland. Selon Janet Gigliotti, le jeu de Bennett était brillant et étonnant, cette œuvre l’ayant particulièrement inspirée. Le spectacle de Londres a reçu quatre nominations aux Laurence Olivier Awards, dont celle de meilleure actrice pour Bennett.

End of the Rainbow a ensuite fait l’objet de nombreuses reprises partout dans le monde, notamment aux États-Unis, au Japon et en Russie. Une première canadienne française a même été présentée à Montréal en 2015. Sous le titre La fin d’une étoile, la pièce a été traduite par Michel Dumont et dirigée par Michel Poirier, avec Linda Sorgini dans le rôle de Judy Garland.

Une troupe construite sur le respect et l’entraide

Janet Gigliotti confie qu’au premier abord, quand Claude Giroux et Gordon Roberts, l’un des fondateurs d’Ace Productions, lui ont montré le script, le rôle de Garland lui a semblé intimidant. Ce travail demandait beaucoup d’investissement personnel et de recherche. Cependant, la passion du directeur était si contagieuse que Janet Gigliotti s’est rapidement et sincèrement intéressée à l’histoire de Garland. De plus, l’actrice avoue volontiers adorer chanter les chansons de Judy Garland, et les apprécier : « Elle a un tempo similaire au mien ».

Même si la troupe d’Ace Productions est petite (environ douze personnes), « tout le monde se soutient beaucoup », explique Janet Gigliotti. Elle ajoute que l’humour et le dévouement tiennent une place centrale. « On a beaucoup d’amour et de respect pour Garland », ajoute-t-elle. « C’est important de voir à quel point elle était forte et dévouée, et que la vie n’était pas facile pour elle », malgré ce qu’on a pu en croire.

Il ne vous reste qu’une chose à faire : réserver la date et venir faire connaissance avec cette femme extraordinaire, parfois enfantine, irrésistible et complexée.

Leave a Reply