Les arbres de Dino Cosentino se révèlent à Vancouver

Summer Fires par Chantal Cardinal. | Photo de
Galerie Richelieu

Du 16 au 18 novembre, l’artiste italo-montréalais Dino Cosentino exposera pour la première fois ses œuvres à Vancouver. Au sein de la Visual Space Gallery, cet ancien coiffeur de renommée, reconverti en sculpteur, arborera ses arbres finement confectionnés. Des œuvres qui sont le fruit d’inspirations orientales et d’un travail manuel hors pair.

C’est la première fois que Dino Cosentino expose à Vancouver. « Je suis un peu angoissé », confie-t-il. Si les Montréalais ont déjà pu admirer son travail à la galerie d’art Richelieu, les Vancouvérois vont pouvoir découvrir son talent pour la confection de sculptures d’arbres du 16 au 18 novembre prochains.

L’exposition regroupera une vingtaine d’arbres conçus à partir de fil métallique. La fabrication se fait à partir de fils de l’épaisseur d’un cheveu, enchevêtrés pour en faire des branches ou des fleurs. Les sculptures sont toutes laquées en noir, puis la peinture est apposée à la main sur chaque élément. « Les plus gros arbres peuvent prendre jusqu’à deux mois et demi de travail », indique l’artiste. Une fois achevées, les œuvres reposent sur une base en bois africain de couleur brune.

Un travail qui a du sens

Chaque arbre raconte une histoire. L’arbre aux centaines de fleurs roses, par exemple, représente le ruban emblématique du combat contre le cancer du sein qui a touché un membre de sa famille.

Quant à l’arbre affichant une floraison arc-en-ciel, il constitue un hommage à la communauté LGBTQ+. « Dans ma vie de coiffeur, j’ai côtoyé beaucoup de gays et de lesbiennes, dont certains sont morts du sida. Je voulais leur rendre hommage en accrochant leurs noms aux branches », explique Dino Cosentino. D’ailleurs, il laissera la liberté aux visiteurs d’accrocher leurs propres médaillons avec les noms de ceux partis trop tôt.

Une inspiration orientale

L’artiste de 75 ans a commencé à réaliser ses sculptures il y a une dizaine d’années, suite à un voyage en Chine. « J’y enseignais la coiffure dans les années 1980, et dans l’hôtel où j’enseignais ils ont rénové le jardin en utilisant une technique bien particulière à base de fils métalliques. L’idée m’est venue de là », raconte-t-il.

L’art asiatique revêt une importance toute particulière pour Dino Cosentino qui en est un grand admirateur : « J’aime le côté mystique de l’art oriental. Et puis, les Orientaux font des choses tellement minutieuses, c’est incroyable ce qu’ils font avec leurs mains », souligne-t-il. Il faut dire que Dino s’y retrouve : en tant que coiffeur, il a toujours fait de ses mains son fonds de commerce.

Une étonnante reconversion

Dino Cosentino était un coiffeur fort réputé dans les années 1980 et 1990. Il tenait un salon dans le quartier de Shaughnessy et servait une clientèle huppée. De toutes les compétitions professionnelles auxquelles il aura participé, il en est toujours ressorti vainqueur. Une fois à la retraite, il a su réinventer sa vie en comptant sur ce qu’il avait de plus précieux, à savoir ses mains. « Je remercie le ciel pour m’avoir fait cadeau de mes mains ! »,
rit-il.

Dino Cosentino est né dans le quartier de Little Italy à Montréal. Fils d’un designer et sérigraphe, il a débuté l’école de coiffure à 15 ans et a posé le pied pour la première fois à Vancouver en 1979 où il travaillait pour le prestigieux salon d’Alberto Leone, qu’il a plus tard racheté. Ses origines sont multiples : « Je suis né à Montréal, mon père était sicilien, et ma mère est une Cree de Regina, c’est tout un mélange ! », s’amuse-t-il.

Si sa collection s’intitule Immortal, c’est parce qu’à la différence de son ancienne profession de coiffeur, ses sculptures, elles, perdurent. « Au salon, mon travail disparaissait très vite vu que les gens se changent et se coiffent tous les jours. Toute ma vie j’ai eu des compliments sur mes créations mais je n’ai jamais rien vu des choses que j’ai faites ! », rigole-t-il. Ainsi, avec ses arbres, l’art de Dino Cosentino n’est plus éphémère.

 

L’exposition IMMORTAL aura lieu du 16 au 18 novembre à la Visual Space Gallery, située au
3352 rue Dunbar à Vancouver.

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