Coup de cœur francophone souffle sa 23e bougie musicale

Joey Robin Haché.

En novembre, Vancouver monte le son ! Événement musical pancanadien unique, Coup de cœur francophone revient pour une 23e édition avec quatre artistes issus de la scène francophone de différentes provinces. Le Québec, l’Ontario et le Nouveau-Brunswick seront à l’honneur les 25 et 29 novembre prochains à 20h. Cet événement est organisé par le Centre culturel francophone de Vancouver, et Pierre Rivard, son directeur général et artistique, s’exprime sur la programmation, démontrant une volonté de faire vivre et émerger une scène francophone vive et éclectique. La Source est allée voir cette scène côté coulisses.

Les rythmes de la chanson francophone résonnent depuis 1995 à travers plus de 200 représentations, 45 villes et six fuseaux horaires. Intégrer le réseau Coup de cœur francophone requiert quelques règles à respecter pour les diffuseurs, notamment : produire des artistes de trois provinces minimum autour de trois événements. « Notre mission est d’offrir des expériences artistiques en langue française dans un contexte minoritaire singulier pour tous les Vancouvérois », indique Pierre Rivard.

Des artistes de scène

« La scène c’est spécial, c’est rare que je présente un artiste que je n’ai pas vu sur scène », dit d’emblée Pierre Rivard. La côte Pacifique constitue un long voyage, il faut s’assurer du potentiel et de la qualité d’un projet musical avant de le faire venir, c’est un investissement pour le Centre culturel. Après un spectacle destiné aux enfants de 5 à 9 ans le 14 novembre dernier, Tam Ti Delam, la soirée du 25 novembre au studio 16 débutera par l’auteur-compositeur-interprète acadien Joey Robin Haché, dont la place dans le paysage musical acadien n’est plus à prouver. Avec un spectacle personnel et énergique folk-rock et une forte présence scénique, il fera « … faire se décoiffer les gens et les faire réfléchir sur des réflexions » mises en chansons. Il interprétera son dernier album Stigmates pour sa première tournée nationale. Le couple québécois Saratoga, composé de Chantal Archambault et de Michel-Olivier Gasse, dont les cordes contre-basse-guitare sont bien accordées, enchaînera avec un folk doux. Une aisance et une complicité sur scène qui conquièrent le public, « on ne peut pas s’empêcher d’être amoureux de cette histoire d’amour » d’après Pierre Rivard.

Michel Rivard. | Photo par Valérie Jodoin Keaton

Le 29 novembre au Vancouver Playhouse, l’Ontarien Mehdi Cayenne ouvrira la soirée. Impossible de cloisonner sa musique : vitaminée, pop-punk, sérieuse et souriante à la fois. Avec une aisance scénique, une présence urbaine et magnétique, il affirme : « À moi d’embarquer les gens ». La soirée se conclura par la venue exceptionnelle de Michel Rivard. L’auteur-compositeur célébrera ses 40 ans de carrière avec un éventail de succès et de nouveaux titres, mettant en avant une plume singulière et saluée depuis ses débuts. Seul en scène avec son spectacle Chansons au creux de l’oreille, son retour sonne comme un partage intimiste de son univers. « Tout mon travail converge vers la scène, c’est essentiel », précise-t-il. Et Pierre Rivard de souligner : « C’est un très grand poète, ce sera aussi littéraire que musical »

Une réalité musicale différente

« Le marché francophone hors Québec n’est pas nécessairement vu par les artistes comme un marché avec un auditoire possible, c’est une surprise de voir une salle au rendez-vous » commente Pierre Rivard. Le point fort et fédérateur de l’événement Coup de cœur francophone, c’est le partage et l’intimité créés par les communautés francophones, mais également l’émergence d’artistes dans tout le pays à travers une programmation diversifiée, ce qui correspond bien au public de la Colombie-Britannique. D’après les sondages effectués par le Centre après chaque événement, la structure linguistique du public est encourageante. Seuls 45 à 50 pourcent de l’auditoire possèdent le français comme langue maternelle, et environ 35 pourcent l’anglais. Les 15 pourcent restant ont une autre langue. Une véritable attente existe.

La rareté des artistes francophones du pays en Colombie-Britannique, crée une intimité presque immédiate avec le public. Elle rend « l’émotivité palpable » d’après Michel Rivard. Tous les artistes présents ont à cœur de rencontrer leur public, cette autre partie de la francophonie et ses réalités. Tous aiment ce contact et communiquent beaucoup sur scène. Pour Saratoga, « on connaît le Québec, ici on va se lancer à froid et découvrir ensemble ». Joey Robin Haché, venant d’une région bilingue, a une vision du Canada à l’image du Nouveau-Brunswick, « avec une cohabitation des deux langues officielles, je suis curieux de voir Vancouver ». La soif de partager et de faire vivre la culture francophone existe bel et bien. Mehdi Cayenne le dit très bien « on ne grandit jamais seul ! » Et surtout si c’est en musique.

Information : www.lecentreculturel.com

Mehdi Cayenne sera également en concert le 24 novembre à Port Coquitlam

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