Une ville des plus canadiennes

J’avais entendu parler de Vancouver longtemps avant d’y arriver. La région la plus douce du Canada, disions-nous avec mépris, depuis ma maison d’enfance à Edmonton en Alberta. Vancouver semblait un peu moins que canadien, loin au-delà des montagnes Rocheuses. Les Vancouvérois ne glissaient pas sur les routes enneigées pour se rendre à l’école comme nous. Ils ne grattaient pas leurs ongles à travers les fleurs de givre, ni ne touchaient leur langue à des barres de grimpeurs gelées au terrain de jeu. Il pleuvait.

Mais je suis venue à Vancouver après avoir vécu dans d’autres provinces et d’autres pays; les choses sont autres maintenant. Il est vrai qu’il y a des différences régionales bien définies entre Vancouver et le reste du Canada. Au Canada, les bâtiments changent radicalement d’une province à l’autre, les maisons de deux étages à toit triangulaire des Maritimes sont maintenant remplacées par des maisons carrées et trapues dans les Prairies et, à Vancouver, de hautes tours vitrées. Mais il y a des caractéristiques de la ville de Vancouver qui la rendent distinctement canadienne :

1. Les gens sont infiniment cosmopolites. Lorsque j’ai quitté Edmonton pour la première fois pour le climat un peu plus doux de la Grande-Bretagne, j’ai été frappée de voir à quel point les Britanniques se ressemblaient tous. Les Anglais paraissaient anglais, finement charpentés et très blancs, avec quelques taches de rousseur. Les Écossais étaient écossais, rouquins et rougeauds. Ce n’est pas le cas au Canada, et par extension à Vancouver, où les mariages mixtes ont abouti à un nouveau type de diversité culturelle. Bien sûr, il y a beaucoup de gens de différentes nations dans cette ville, des Chinois côte à côte avec des Tchèques, des Singapouriens assis avec des Espagnols, etc. Mais il y a aussi beaucoup de gens qui annoncent par leurs visages qu’ils sont d’origine multi-ethnique. Vous n’avez qu’à vous asseoir dans le bus à Vancouver pour voir la moitié des Nations Unies parfois représentée par une seule personne assise à côté de vous. Cela marque une diversité à plus long terme qui n’existe que dans peu d’endroits.

C’est agréable … et très canadien.

2. La nature fait partie de la ville. Après la Grande-Bretagne,
de plus longs voyages ailleurs en Europe ont finalement abouti à un séjour de trois ans à Prague, en République tchèque. Là, j’ai appris que les Tchèques ont un mot particulier : vous allez à une «nature», un parc ou une région sauvage généralement à la périphérie ou en dehors de la ville. Ils ont besoin de ce mot parce que Prague, comme c’est le cas de la plupart des villes européennes que j’ai visitées, est un temple consacré aux dieux du ciment. Il n’y a pas de place publique qui ne doit être lisse et grise, entourée de cafés, la seule chose vivante étant une volée de pigeons. Au Canada, au contraire, la nature est omniprésente dans les villes, les arbres surplombent les rues, il y a un parc à tous les deux coins de rue. Vancouver, avec sa promenade du parc Stanley, est certainement dans ce moule.

3. La convivialité du service est à l’ordre du jour. Mon travail à Prague m’a conduit à un autre en Afrique du Nord, où se trouvaient des tonnes de cafards et des personnes des plus amicales. Là, j’ai souvent été surprise par des invitations spontanées : «Venez à la maison rencontrer ma femme !
«. C’était un contraste frappant avec la République tchèque, où une « bonne journée » murmurée était est la seule interaction. Les Canadiens et les Vancouvérois se situent quelque part entre les deux, chaleureux mais pas trop. Cas au point dans le café. A Tunis, les serveurs qui livraient mon cappuccino restaient pour bavarder … et bavarder. En République Tchèque, ils déposaient mon verre sans un mot. Au Canada et à Vancouver, je reçois un sourire et quelques commentaires amicaux sur la météo. Parfait … et parfaitement canadien.

Et parfaitement canadien serait mon verdict final par rapport à Vancouver. On pourrait s’y méprendre, surtout à ce temps-ci de l’année quand l’hiver tient le reste du pays dans son étreinte, néanmoins, Vancouver demeure une ville distinctement canadienne.

Traduction par Barry Brisebois

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