Brigette Lacquette montre la voie

Les 5 et 6 mai prochains aura lieu la 6e National Indigenous Physical Activity & Wellness Conference, organisée à UBC par l’Aboriginal Physical Activity & Cultural Circle (PACC). Le but sera de mettre en lumière les bienfaits d’une activité sportive au sein des communautés autochtones. C’est Brigette Lacquette, première femme issue d’une Première Nation à jouer dans l’équipe nationale féminine de hockey sur glace, qui donnera le discours d’inauguration.

Brigette Lacquette est une inspiration pour sa communauté. À 5 ans, elle découvre le hockey et s’entraîne sur la patinoire construite par son père dans la cour. Aujourd’hui, elle est la première femme Première Nation à avoir intégré l’équipe nationale féminine de hockey sur glace du Canada.

Rosalin Miles, directrice générale d’Aboriginal PACC, s’estime très chanceuse de la venue de Brigette : « Elle représente, à l’échelle nationale, à la fois les femmes, les Premières Nations, et les Canadiennes ».

Mais Brigette a dû faire preuve de persévérance. Si des commentaires racistes l’ont parfois découragée, ils n’ont pas rongé sa détermination. Après avoir joué au niveau universitaire pour les Bisons du Manitoba, puis plus tard avec les Inferno de Calgary, Brigette Lacquette joue aux côtés de l’équipe féminine nationale de hockey pour la première fois en 2013, lors de la Coupe des quatre nations.

« Elle prouve aux jeunes Premières Nations que si l’on travaille dur, on peut atteindre un très haut niveau dans le sport », souligne Rosalin Miles. Conservatrice au Musée d’anthropologie de UBC, Pam Brown ajoute qu’il « est important de parler des athlètes professionnels indigènes aux plus jeunes, pour qu’ils sachent qu’il est possible d’en devenir un ou une ».

Brigette Lacquette en plein match de hockey avec l’équipe du Canada. | Photo d’Olympic.ca

Les bienfaits incontestables du sport

Depuis les Jeux olympiques d’hiver 2018, où Brigette et son équipe ont remporté la médaille d’argent, elle visite des écoles élémentaires Premières Nations, afin de sensibiliser et d’encourager les plus jeunes à faire du sport. « Il existe un vrai besoin de promouvoir les bienfaits d’une activité physique au sein de ces communautés », affirme Pam Brown.

Brigette Lacquette, la première femme Première Nation à avoir intégré l’équipe nationale féminine de hockey sur glace du Canada.

Beaucoup de problèmes de santé, comme l’obésité, pourraient être améliorés par la pratique d’une activité physique. En 2003, une étude menée par le gouvernement canadien avait démontré que 24,8% des peuples autochtones vivant hors réserve étaient obèses, contre 16,6% pour les non-autochtones.

Et ce n’est pas seulement une question de poids et de condition physique. Il existe également un enjeu psychologique, comme l’explique Rosalin Miles : « Le sport est aussi important pour le corps que pour la santé mentale ». En effet, de manière générale, le taux de suicide chez les 15 à 24 ans issus des Premières Nations est de cinq à six fois plus élevé que chez le reste des jeunes Canadiens. Des chiffres alarmants, qui poussent les gouvernements fédéraux à mettre des stratégies en place.

Un accès limité

Accéder à une activité physique n’est pas toujours aisé pour les membres des Premières Nations. Pam Brown souligne que « le coût peut être un problème », et Rosalin Miles soutient ce discours, allant même plus loin : « Pratiquer une activité sportive demande un grand appui de la part des parents (…). Ils n’ont souvent pas les moyens de payer les frais de déplacement, par exemple ».

La National Indigenous Physical Activity & Wellness Conference aura pour mission de sensibiliser les visiteurs aux défis rencontrés par les communautés autochtones. Pour Rosalin Miles, des solutions ne pourront être trouvées sans que « plus de leaders soient impliqués dans la conversation ». Elle lance aussi un appel aux bénévoles pour prendre part à la conférence, et, par extension, au débat.

Brigette Lacquette, au-delà d’inspirer et d’encourager les plus jeunes, aura donc la tâche implicite de représenter les communautés autochtones dans le monde du sport. Un rôle qu’elle accepte volontiers : « Je suis fière de qui je suis, d’où je viens et de qui je représente ».

La 6e National Indigenous Physical Activity & Wellness Conference aura lieu à UBC les 5 et 6 mai.

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