« Google Translate » pour mieux accueillir les nouveaux arrivants

Le webinaire We Speak Translate est une première au pays : une collaboration entre Google Translate et l’Inter-Cultural Association of Greater Victoria (ICA). Le projet enseigne comment utiliser la technologie pour franchir le plus important des obstacles qui attendent les immigrants et les réfugiés dans leur nouvelle communauté : la barrière de la langue.

La formation de 45 minutes élaborée par l’ICA en collaboration serrée avec Google offre aux participants une connaissance approfondie des nombreux outils de Google Translate. Elle s’adresse au grand public, mais particulièrement aux employés municipaux et aux organismes qui seront les premiers liens entre les nouveaux arrivants au Canada et leur communauté d’accueil.

« Nous voulons que les gens se sentent eux-mêmes plus accueillants, et qu’ils parlent de l’application. Les nouveaux arrivants l’utilisent déjà pour comprendre leur nouveau monde. Nous voulons la rendre familière aux communautés d’accueil, pour qu’elles se sentent mieux préparées », souligne l’instigatrice du projet, Kate Longpre.

Une vision partagée par le coordonnateur de l’initiative Local Immigration Partnership (LIP) à Halifax, Roberto Montiel, qui s’est fait ambassadeur du webinaire dans la province de l’Atlantique.

« L’un des aspects les plus important de [l’application Google Translate] n’est pas nécessairement l’exactitude de la traduction, précise Roberto, c’est plutôt ce que son utilisation veut dire sur l’importance qu’on donne à la langue d’une personne. »

Pour lui, qu’une organisation prenne le temps d’apprendre à utiliser Google Translate pour mieux communiquer avec une personne qui vient d’arriver au pays, cela signifie: « Votre langage est important, il a de la valeur et il mérite d’être parlé. »

Si la majorité connaissaient déjà l’application et y ont eu recours sur une base régulière avant de suivre la formation, plusieurs ignoraient jusqu’alors l’étendue des possibilités qu’offre Google Translate comme outil social.

Pour Roberto Montiel, We speak Translate lui a fait découvrir l’outil scan, qui permet de prendre un texte en photo pour voir la traduction en temps réel. Cette option s’avère particulièrement utile pour lire une affiche rédigée dans un système non-alphabétique, comme les caractères arabes chez lui à Halifax, ou les sinogrammes omniprésents à Vancouver.

Le concepteur des interactions pour Google Translate Roque Silva, un partisan du projet depuis les débuts, avec Kate Longpre, la coordonnatrice à l’intégration communautaire pour l’ICA.

We speak Translate : la genèse
Kate Longpre est entrée en poste comme coordonnatrice de l’intégration communautaire pour l’ICA à l’automne 2016. Son rôle est clair : trouver des moyens de rendre la communauté plus accueillante pour les nouveaux arrivants. Après avoir conclu que le langage constituait la barrière la plus importante à l’intégration dans une nouvelle communauté, elle s’est demandé si la technologie moderne pouvait aider à la franchir.

D’un côté, la coordonnatrice a déterminé qu’au Canada, la technologie n’était pas encore utilisée à son plein potentiel. De l’autre, elle sentait qu’il y avait un désir chez les communautés de se faire plus accueillantes. « Nous parlons énormément d’inclusion et de diversité, mais est-ce que nous donnons aux gens les outils pour créer de l’inclusion et de la diversité ? Pas vraiment », insiste-t-elle.

C’est dans cet état d’esprit que l’idée de We Speak Translate a germé. Le but : étendre l’utilisation de l’application Google Translate à l’intérieur des communautés qui accueillent des immigrants et des réfugiés. Il ne s’agit donc pas d’en faire la refonte, mais plutôt de former des organismes clés afin qu’ils l’utilisent aisément.

Contacter Google
Kate Longpre n’en était qu’à ses premières semaines à l’ICA lorsqu’elle est entrée en contact avec le géant américain. « Je suis allée rencontrer mon superviseur et je lui ai dit : “J’ai une idée, est-ce que ça vous dérangerait si j’essayais de contacter Google pour voir si le projet est réalisable ?”». On lui a répondu que bien sûr, elle pouvait tenter sa chance, « mais je devinais bien dans le ton qu’on doutait que la démarche porte ses fruits », se souvient-elle.

Elle s’est donc lancée. « J’ai dû googler comment contacter Google », admet-elle, mais l’outil de recherche a été fidèle à sa réputation, et contre toute attente le directeur du marketing de Google Translate Jesse Friedman s’est empressé de répondre avec enthousiasme.

Un grand potentiel
Un peu plus d’un an après sa création, Kate Longpre est toujours en contact avec Google, mais c’est elle qui mène désormais le bateau. Elle voit We Speak Translate comme un projet pilote qui mériterait d’être exploité à grande échelle.

Depuis le lancement du projet en avril 2017, près de 2 000 personnes ont suivi la formation.

À Halifax, deux des cinq sous-comités du LIP ont déjà profité de We Speak Translate. Roberto Montiel travaille présentement sur un moyen de l’administrer aux employés municipaux, qui ont démontré un vif intérêt pour le projet.  Comme il s’agit d’une formation gratuite et aux usages variés, selon lui, il ne suffira que d’en parler pour que d’autres organismes se portent volontaires.

Kate Longpre souhaite que le succès canadien soit reconnu et que le projet grandisse au point où la formation serait donnée, par exemple, en Europe, qui accueille tous les jours un grand nombre d’immigrants et de réfugiés.

« Un des défis qui nous attend sera d’alimenter la flamme chez Google Translate, note Kate, alors que les deux premiers partenaires du projet, Jesse Friedman et Roque Silva, ont quitté Google. Ils y croyaient et ils y tenaient, maintenant nous devons inspirer [ceux qui les remplacent chez Google Translate] et créer de l’enthousiasme. »

La prochaine séance se déroulera le 8 juin prochain.

Pour voir le calendrier des prochains webinaires et pour vous inscrire : http://www.icavictoria.org/community/we-speak-translate/

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