L’art au service du vivre ensemble

Du 14 juillet au 28 octobre prochains, la Vancouver Art Gallery présente l’exposition How do you carry the land ?, une création née de la collaboration entre une artiste canado-japonaise, Ayumi Goto, et Peter Morin, artiste issu de Premières Nations. L’œuvre comportera des performances live pour un programme engageant et engagé.

Dans un pays bâti sur l’immigration et la diversité, Ayumi Goto et Peter Morin posent une question ouverte qui pousse à la réflexion : « How do you carry the land ? », ou « Comment porte-t-on la terre ? ».

Changer notre rapport aux autres et aux espaces

« Le titre de l’exposition, explique la programmatrice, Tarah Hogue, cherche à engager le spectateur dans une conversation sur (…) la façon dont notre bagage culturel, nos connaissances, et notre expérience personnelle influent sur notre relation avec les autres. »

Ce qu’espèrent les artistes, c’est de créer une réflexion autour de nos interactions avec autrui, mais également autour du rapport avec la terre. Pour Ayumi Goto, ce n’est pas seulement à propos de « la terre sur laquelle nous avons voyagé, mais ce que nous y avons apporté ». Selon les mots de l’artiste, il s’agit avant tout d’une « histoire d’invitation et d’inclusion ».

Il en reviendrait donc à chacun d’envisager le monde extérieur sous une nouvelle perspective. Selon Ayumi Goto, plutôt que de s’abandonner à une « identité individualiste », son travail et celui de Peter « se dirigent vers l’idée que nos attentes peuvent imposer un certain type d’interactions, mais également créer la possibilité de changer notre façon d’avancer dans la vie afin que nous soyons tous plus respectueux les uns des autres. »

Ayumi Goto lors d’une performance en 2016. | Photo de la Galerie d’art de Vancouver

L’art pour la curiosité, la diversité et l’inclusion

Cette exposition n’est pas seulement le travail de Peter Morin et d’Ayumi Goto. Tarah Hogue a participé à l’élaboration des compositions, et différents artistes collaborent sur ce projet ambitieux : Corey Bulpitt, Roxanne Charles, Navarana Iglaliorte, Cheryl L’Hirondelle, Horuko Okano et Juliane Okat Biket. Autant d’artistes issus de communautés diverses et variées.

« Nous pensons à toutes les histoires que chacun porte en soi, explique Ayumi Goto. Cela nous permet de nous relier aux différentes communautés auprès desquelles nous sommes engagés. »

Et cette collaboration ne s’arrête pas à la rencontre d’artistes aux cultures diverses dans un souci d’inclusion. L’un des plus gros défis que se sont fixé Tarah Hogue, Peter Morin et Ayumi Goto était d’utiliser l’espace de la Vancouver Art Gallery pour renforcer cette notion de « porter la terre ».

Beaucoup de médias sont utilisés dans l’exposition, dont la photographie, la vidéo, des masques, ou encore des tissages, qui seront mis en avant lors des performances live au cours des deux premières semaines.

Ayumi Goto souligne l’importance que représente la Vancouver Art Gallery, dont l’ancienne fonction de tribunal peut faire écho au message porté par l’exposition. « Tout en pensant à la colonisation de la terre, nous essayons de changer la dynamique de l’espace de manière malicieuse et créative », précise-t-elle.

Un dialogue pour les ancêtres

Au-delà de ce rapport aux autres et à la terre, Peter Morin et Ayumi, eux-mêmes issus de cultures différentes, pensent aussi à leurs ancêtres. Comme le dévoile Tarah Hogue, « leur collaboration pose les questions suivantes : ‘Comment faire en sorte que nos mères se rencontrent ? Quelle place pouvons-nous donner à nos ancêtres pour qu’ils se rencontrent et travaillent ensemble ?’ »

Peter Morin. | Photo de la Galerie d’art de Vancouver

Une interrogation à laquelle les deux artistes espèrent pouvoir répondre lors d’une soirée privée le 23 juillet. « Ce sera la dernière performance, souligne Ayumi Goto. Tarah, Peter et moi-même viendrons avec nos mères pour qu’elles se rencontrent. » Un choc culturel qui se fera très certainement dans la curiosité, l’ouverture d’esprit et la bienveillance.

How do you carry the land ?
Du 14 juillet au 28 octobre à la Vancouver Art Gallery.

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