Danser et faire des étirements…du temps

Photo du Natalie LeFebvre Gnam et James Gnam

C’est dans leur studio de Chinatown, Left Main, que la compagnie de danse Plastic Orchid Factory, fondée il y a dix ans par Natalie LeFebvre Gnam et James Gnam, présente sa nouvelle création i miss doing nothing. Une « installation vivante » qui propose aux spectateurs de questionner le temps et la manière de le percevoir, de le remplir. Chaque jour du 11 au 14 juillet de 15 h à 18 h, les visiteurs peuvent ainsi apprécier « ne rien faire ».

C’est la lumière qui frappe d’abord quand on entre dans le studio. La lumière du soleil qui entre par les nombreuses fenêtres, joue avec les stores. La lumière aussi du sourire de la danseuse Natalie LeFebvre Gnam.

Originaire de Prince George, née dans une famille francophone, c’est naturellement à Québec que Natalie fait ses études à l’École supérieure de ballet du Québec. Elle y rencontre le danseur James Gnam avec qui elle revient en Colombie-Britannique, à Victoria d’abord, puis à Vancouver. Ensemble, ils fondent la compagnie Plastic Orchid Factory en 2008. Ils s’éloignent alors très vite de la scène traditionnelle, voulant « offrir aux spectateurs une autre expérience de la danse que face à un rideau et une estrade ».

Une pièce créée pour l’espace

Natalie LeFebvre Gnam vue de dos. | Photo du Natalie LeFebvre Gnam et James Gnam

En avril 2017, ils s’installent avec deux autres compagnies dans ce studio où ils présentent leurs différentes pièces. Mais leur nouveau projet intitulé i miss doing nothing est une création originale pour ce lieu. L’utilisation des minuscules, même pour le « i », est révélatrice. « J’aime qu’en français le je ne soit pas généralement en majuscule. Ici, le « i » a une valeur générique. Nous ne souhaitons pas particulièrement parler de nous mais proposer une expérience partageable par tout le monde, comme un reflet de la vie de chacun », explique Natalie LeFebvre Gnam.

« Les gens vont pouvoir avoir le choix de leur expérience. Cette œuvre, c’est moins un spectacle de danse traditionnelle que de pouvoir passer un peu de temps à ne rien faire ». Sur les quatre jours, de 15 h à 18 h, les spectateurs peuvent entrer et sortir quand ils le souhaitent. La participation financière est libre.

Un peu de temps à ne rien faire

« Notre temps est très plein. Plein de nos téléphones, plein de nos obligations. Le temps s’accélère aussi avec l’âge, ou du moins notre perception du temps ». Ce projet est né pour tenter de « redécouvrir comment ne rien faire, quel que soit le sens de ne rien faire, d’ailleurs », souligne Natalie.

« Nous essayons de créer un espace pour que les gens prennent du temps, loin de leur vie chargée et techno-lourde, pour reconsidérer le passage du temps et les espaces entre les activités ». Pour les danseurs, il s’agit de rechercher dans leur mémoire physique les mouvements qu’ils ont travaillés lors de leurs chorégraphies précédentes et de les revivre, de les tirer de leur statut d’archives. « C’est une rétrospective somatique pour ressentir le temps différemment, faite et interprétée par James et moi à partir des souvenirs de toutes les œuvres créées par Plastic Orchid Factory depuis 2008 », ajoute l’artiste.

Entre ces mouvements-souvenirs, on retrouve des temps d’observations, des temps qui s’étirent, des entre-deux. « On veut voir si l’on peut faire passer le temps différemment. On peut envisager la pièce comme un service offert : venez prendre le temps de ne rien faire, le temps d’observer par exemple les rais de soleil, le temps d’écouter les sons de la rue ».

Les danseurs évoluent ainsi dans un espace travaillé en collaboration avec d’autres artistes comme Nancy Tam pour le son et James Proudfoot pour la lumière. Il y a également des structures qui s’installent et se déplacent au fur et à mesure. « La danse qui se fait entre les structures et les gens qui les transportent, c’est toute une chorégraphie spatiale, sonore, lumineuse ». Une bien jolie façon de venir observer le temps qui passe.

 

i miss doing nothing par Plastic Orchid Factory, au Studio Left of Main, 211 rue Keefer, Vancouver, du 11 au 14 juillet, de 15 h à 18 h. Contribution financière libre

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