Garderies francophones : Pas de places et hors de prix

Il n’y a pas assez de places dans les garderies francophones de la province. Les parents d’enfants en bas âge en Colombie-Britannique ne sont pas surpris par ce constat. Plus du tiers des familles ayant besoin d’une place en garderie dans l’immédiat doivent attendre au moins six mois avant d’en avoir une.

À son arrivée au Canada avec sa famille, Erwan Carof l’a vu rapidement : « Des garderies, on en a trouvé, mais il n’y avait pas de place. Et ça coûtait énormément cher », se souvient-il. S’ils avaient pu dénicher une place à temps plein pour leur fille de deux ans et demi, cela leur aurait coûté entre 1 200 $ et 1 500 $ par mois.

Selon le Greater Vancouver Board of Trade, la Colombie-Britannique se classe au deuxième rang des provinces et territoires au niveau des frais de garderie, après l’Ontario.

Manque d’infrastructures

La directrice générale de la Fédération des parents francophones de la Colombie-Britannique (FPFCB), Marie-Andrée Asselin, attribue le problème au manque d’espace et d’éducateurs : « Dans les dernières années, il a été impossible d’augmenter le nombre de places, à cause de ces manques. »

Près de 200 noms figurent présentement sur les listes d’attente des prématernelles et des garderies francophones. Bien que l’infrastructure existante permettrait d’accueillir au maximum 455 enfants, les ratios éducateur/enfants imposés par les licences ne leur permettent de desservir que 361 enfants.

Historiquement, les services de garde ont eu la chance de compter sur le support du Conseil scolaire francophone (CSF), qui a fourni des locaux. Des 18 centres de garde établis dans la province, 16 sont logés dans une école du CSF.

Cependant, à mesure que les classes du CSF se remplissent à capacité – le Conseil a vu une croissance de 25 % de ses effectifs depuis 2012 – le besoin des écoles pour les espaces occupés par ces services augmente. Des écoles ont dû reprendre leurs salles cette année, réduisant l’espace assigné aux services de garde. Les données permettant de constater l’étendue de ces pertes ne seront disponibles qu’en octobre prochain.

Quelles ressources pour les parents ?

Les parents sont nombreux à se tourner vers la FPFCB lorsqu’ils ne trouvent pas de place en services de garde. « C’est assez complexe, et toujours un peu déprimant de tenter de conseiller des parents qui se cherchent une place en garderie, parce qu’il n’y en a pas », admet la directrice de la Fédération.

Pour avoir une place, il faut commencer à chercher tôt, dès la grossesse : appeler, visiter et mettre son nom sur les listes d’attente. Certains se tourneront vers les services anglophones, d’autres décideront de s’occuper de leurs enfants à la maison. C’est d’ailleurs ce qu’a fait Erwan Carof.

« D’abord on voulait la mettre dans un service de garde en anglais mais on s’est fait dire de tous les côtés : ‘Ne fais surtout pas ça, malheureux !’, raconte-t-il. Finalement, j’ai pris deux ans de congé et ma fille est allée en prématernelle. C’était un choix de vie, et c’était super de passer ce temps avec ma fille, mais c’était aussi un choix financier. »

L’avenir de la petite enfance en C.-B.

Devant une demande qui ne cesse de croître et de mettre en évidence les manques à gagner, la FPFCB croit avoir identifié une avenue de solution : la création d’une équipe vouée à la création de places en services de garde.

Un casse-tête pour se trouver une garderie.

« Les projets qui s’en viennent sont énormes, il ne s’agit plus d’occuper une salle dans une école, mais d’ajouter une salle portative, ou même de construire un local. Des projets de 500 000 $, cela dépasse notre capacité communautaire, indique Mme Asselin. Il y a tellement de projets à mener à bien, ça prend une équipe dédiée. On ne peut plus se fier aux parents, aux bénévoles, au travail de coin de bureau par temps perdu », martèle-t-elle.

Marie-Andrée souligne dans le même souffle que la FPFCB n’a pas même les ressources humaines pour remplir les demandes de financement qui permettraient de profiter du soutien financier du gouvernement provincial. Elle demande à présent l’appui du gouvernement pour construire
cette capacité.

 

En savoir plus sur le Programme d’éducation à la petite enfance : www.educacentre.com/formation-collegiale/education-a-la-petite-enfance

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