Journée de la tolérance : vers une meilleure compréhension de l’autre

À l’heure où les frontières se crispent, où les partis d’extrême droite prennent le pouvoir, où les réseaux sociaux diffusent le mépris, la Journée internationale de la tolérance se présente comme une respiration nécessaire. Instaurée par l’UNESCO en 1996, elle a lieu chaque 16 novembre. Un moment pour prendre conscience de la diversité du monde qui nous entoure, à commencer par notre quotidien : la tolérance comme clé de compréhension.

Pour son 50e anniversaire en 1995, année de la tolérance, les états membres de l’UNESCO adoptent la Déclaration de principe sur la tolérance le 16 novembre. Cette journée s’accompagne du Prix UNESCO Madanjeet Singh, du nom d’un ancien ambassadeur de bonne volonté, qui cette année récompense et met en lumière les activités promouvant la tolérance et la non-violence de Manon Barbeau, cinéaste canadienne et de l’ONG kényane The Coexist Initiative.

Melanie Walker

La tolérance, ce principe humaniste

« La tolérance est le respect, l’acceptation et l’appréciation de la richesse et de la diversité des cultures de notre monde, de nos formes d’expression et de nos manières d’exprimer notre qualité d’êtres humains », affirme la Déclaration.

Si les grands principes humanistes issus de la Déclaration des droits de l’Homme et de la Charte de l’ONU peuvent paraître idéalistes et difficiles à appliquer au quotidien, il ne faut jamais perdre ces idéaux de vue, garants des conditions d’existence, de la sécurité et de la dignité de chacun, avance Melanie Walker, coordinatrice de projet et membre de la branche des Nations-Unies à Vancouver.

« La tolérance est une compréhension mutuelle entre les cultures et les gens », décrit la responsable. Si elle admet que ce terme a une connotation négative, elle y voit également un pont entre la compréhension, l’acceptation et les discriminations. « Ce n’est pas un engagement mais une manière de regarder, sans jugement ».

Si aucun évènement n’est organisé à Vancouver pour des raisons de logistique, cette journée permet de sensibiliser à la discrimination et aux violences, tel le racisme qui gagne du terrain depuis quelques mois, même si Vancouver reste une ville sereine.

Le dialogue et l’éducation avant tout

La jeune génération prend déjà conscience de ces enjeux, à l’image d’Ethan Chen, 12 ans, qui se dit chanceux de vivre à Vancouver. « J’espère que dans le futur chacun aura l’opportunité de voir les choses avec des perspectives plus larges. Nous sommes en 2018 et il y a encore eu une autre tuerie à cause du racisme. C’est important d’être conscient des problèmes que nous pourrions résoudre plus facilement », exprime-t-il.

À l’école, Ethan participe au programme Vancouver Model United Nations qui développe la sensibilité au monde. Il y adopte le rôle de diplomate de la Malaisie, pays choisi par son professeur, parmi une assemblée de pays. « Ça m’a appris l’ouverture d’esprit, tu ne peux pas ignorer ce qui ce passe ailleurs, ça te force à adopter d’autres perspectives, à apprendre même quand tu ne veux pas », témoigne-t-il. D’autres programmes tournés vers la jeunesse existent, tels que Youth Navigate the Truth and Reconciliation calls to action, destinés aux 15–25 ans.

Ces programmes engagent au dialogue. « Même quand cela semble conflictuel, il faut commencer par parler pour partager nos connaissances et mieux nous comprendre. La complexité, c’est aussi intéressant », affirme Melanie Walker. Le dialogue et l’éducation sont la clé de la tolérance et chacun peut agir à son niveau. La coordinatrice aimerait d’ailleurs qu’à l’occasion de la Journée internationale de la tolérance, les gens sortent de leur zone de confort : « Visitez un lieu de culte différent du vôtre, lisez l’histoire d’un pays ayant connu une dictature ou autre, allez sur Eastside pour voir ce qu’il s’y passe, prenez un café avec une personne ayant une opinion différente ».

La tolérance pourrait aussi commencer en se questionnant sur nos propres comportements : sommes-nous toujours tolérants selon les situations, acceptons-nous qu’autrui ébranle nos certitudes et nos préjugés ? Melanie Walker conclut : « Plus nous dialoguerons, plus nous détruirons le mur de la peur ».

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