Haro sur les faux-pas

Gare aux faux-pas culturels. | Photo par Alan Cleaver

La mosaïque culturelle que nous offre Vancouver permet sans aucun doute de se forger une connaissance solide des mœurs et coutumes des communautés ethniques qui y sont présentes. Bien évidemment, le fait de vivre dans une ville aussi cosmopolite ne rend pas chacun de nous expert de la culture sikh, coréenne, chinoise ou iranienne, et nous met encore moins à l’abri de ces actions, intentionnelles ou pas, susceptibles de froisser l’autre.

Les faux-pas culturels résultent le plus souvent de l’ignorance et des connaissances limitées de l’autre culture. Toutefois, au-delà de l’ignorance et du manque de connaissances, l’ethnocentrisme peut être une véritable machine à générer des faux-pas. Le dictionnaire Larousse définit l’ethnocentrisme comme la tendance à privilégier les normes et valeurs de sa propre société, en les valorisant systématiquement ou en les considérant comme supérieures. Les faux-pas les plus communément effectués se font durant les premiers contacts : les salutations et présentations et le partage du repas.

Les salutations et présentations

Les cultures asiatiques sont le plus souvent reconnues pour être les plus formelles quand vient le moment d’adresser ses salutations et de se présenter. Par exemple, il n’est pas d’usage au Japon de se serrer la main : les Japonais pratiquent l’Origi dont le degré, le nombre et la durée de l’inclinaison varient selon les circonstances, l’âge de votre interlocuteur et votre position hiérarchique. Par ailleurs, dans les cultures africaines, au moment d’offrir sa poignée de main ou en vue de recevoir quelque chose, tendre sa main gauche est très mal vu et peut être considéré comme une insulte.

Il ne faut pas non plus ignorer les rites de bienséance lorsque vient le moment de demander un renseignement, une direction ou l’heure : mon collègue Hayat (hindou d’origine) en a eu la désagréable expérience au moment de rechercher les toilettes lors de sa visite à Paris ! Sa recherche aurait pu être réduite de 30 minutes s’il s’était adressé aux personnes avec un « Bonjour, comment allez-vous : Pouvez-vous s’il vous plaît m’indiquer les toilettes ? », plutôt qu’un « Hi, où sont les toilettes s’il vous plaît ? ».

À table ! : Partager un repas dans un restaurant ou dans une famille

La période du repas est parmi les plus susceptibles de nous faire flancher : vos hôtes voudront sûrement vous faire apprécier le nec plus ultra de la cuisine de leur région, ce qui ne sera pas toujours de votre goût. Pour ma part (origine ivoirienne), malgré toute l’appréciation que j’ai pour la cuisine chinoise, la soupe aux ailerons de requin, considérée comme une marque extrême de courtoisie, m’a laissé un très mauvais souvenir que je considère encore comme ma pire expérience culinaire exotique. Mon faux-pas a été de repousser mon bol poliment après en avoir ingéré deux cuillerées. Ce n’est que plus tard que j’ai compris l’expression sur le visage de mes hôtes.

Louis, qui est d’origine mexicaine, a, quant à lui, préféré ne pas tenter l’inconnu lors d’un repas dans un restaurant en Angleterre : le seul élément du menu dont il avait une référence visuelle était le Fish and Chips ; son choix a donc été fait au grand désarroi de ses hôtes !

Le respect de la culture de l’autre

Les règles d’étiquette, de même que les attentes en matière de bonnes manières diffèrent grandement selon les personnes, les cultures et même les situations. Il est donc quasiment impossible de dresser une liste complète des faux-pas culturels à éviter. Toutefois, l’observation des règles universelles de bienséance et de politesse devraient permettre de faire bonne impression ou du moins, de limiter l’ampleur de l’erreur. En cas de doute, observez ce que les gens du pays font et agissez en conséquence comme le dit l’adage « à Rome, on s’habille comme les Romains », ou utilisez votre sens de l’humour pour la situation : un sourire est presque toujours interprété de la même manière !

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