Coastal Dance Festival : Sous le signe international du féminisme autochtone

C’est par le biais de danses dramatiques, de récits captivants, de masques complexes et de costumes somptueux, que le Coastal Dance Festival mettra en vedette les autochtones du Canada et de l’étranger.

Les artistes transforment le temps et l’espace et jettent un pont entre les traditions ancestrales et la vie moderne. Le thème de cette année 2019 mettra à l’honneur les femmes autochtones de la Colombie-
Britannique et d’ailleurs. Nouveau nom, nouveau lieu, nouvelles performances : une cuvée d’exception, à venir savourer du 20 au 24 février au Anvil Centre .

Féminisme autochtone

Le thème de cette année « indigenous feminism » célèbre ce que les femmes autochtones font et ont fait, « en travaillant dur pour prendre soin des chansons et des danses et en les transmettant à la prochaine génération, ainsi qu’en les partageant avec le reste de la population », explique Margaret Grenier, directrice artistique du festival.

La majorité des représentations seront interprétées par les Danseurs de Damelahamid, une compagnie de danse autochtone de la côte nord-ouest de la Colombie-Britannique. « The Coastal Dance Festival offre la chance aux artistes autochtones de la côte nord-ouest de partager et de se soutenir en célébrant des traditions vécues », souligne la directrice.

D’autres artistes viendront du Yukon, du Québec, de l’Alaska, de l’État de Washington et de l’Australie et même de la Norvège. Pour Margaret Grenier « cela permet au festival de s’associer à une communauté mondiale de danse autochtone ».

Parmi les nombreuses performances inédites de cette édition, citons celles de Nahka Bertrand et de Barbara Kaneratonni Diabo.

Née d’un père Déné et d’une mère Québécoise, Nahka Bertrand réside à Montréal où elle partage son patrimoine autochtone au sein du groupe Odaya, formé en 2007. Ce groupe, constitué de trois femmes, est un ensemble de chants et percussions à but non lucratif. « Nous utilisons la scène comme un espace de dialogue et de rapprochement des cultures et des modes de vie tout en redonnant à la communauté ». Leur performance s’appuie sur le symbolisme des rêves et des mythologies pour raconter des histoires qui s’adressent au monde d’aujourd’hui.

Les danseurs de la troupe Damelahamid.

Barbara Kaneratonni Diabo est une danseuse et chorégraphe d’origine Mohawk vivant à Montréal. Son spectacle « Sky Dancers: Bridges » traitera de l’effondrement du Pont de Québec lors de sa construction en 1907. Dans cette tragédie décéderont 76 hommes, dont 33 ferronniers Mohawks du village de Kahnawake. « L’un de ces hommes était mon arrière-grand-père », confie Barbara Kaneratonni Diabo. Sa fille de 14 ans, Emily Kahente Diabo, partagera la scène avec elle. « Ma fille, représente la voix de la tradition par le chant, et la génération future pour nous faire avancer ». Cette histoire de famille est aussi une histoire de femmes. « Après cette tragédie ce sont les femmes qui ont conservé force et vie pour continuer ». Ce spectacle utilisera des danses et des chants traditionnels et modernes, ainsi que des photos et projections, pour raconter l’histoire et porter l’espoir. « Je pense qu’il est important de partager nos histoires pour créer une meilleure compréhension et, espérons-le, créer des “ponts” entre les gens », déclare Barbara Kaneratonni Diabo.

Nouveau lieu, nouvel élan

Cette année, le Coastal First Nations Dance Festival devient le Coastal Dance Festival. C’est en toute logique qu’il prend officiellement le nom que les artistes et le public lui donnaient déjà par souci de concision. « Cela ne reflète aucun changement de fond. Le festival est établi comme un événement qui sert la danse autochtone et poursuivra toujours ce but fondamental », précise Margaret Grenier,

Anciennement organisé dans la grande salle du Museum of Anthropology, il change cette année de lieu pour cause de travaux, et il se situe au Anvil Centre, à New Westminster. Margaret Grenier se réjouit de ce nouveau lieu : « nous sommes ravis d’avoir trouvé une nouvelle demeure au Centre Anvil pour 2019 – un espace dynamique qui constitue le cadre idéal pour le programme inventif de cette année ».

Le Coastal Danse Festival mêle arts ancestraux et artistes contemporains. Des histoires singulières et collectives, pour raviver la fierté culturelle et rassembler les populations. Une occasion de se régaler les sens à ne pas manquer.

Pour plus d’information, visitez www.damelahamid.ca

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