Reel to Real | Une Colonie : le récit d’apprentissage qui parle à tous

Mylia est jouée par Émilie Bière | Photo par Danny G. Taillon

Le volet Film Festival for Youth du festival Reel 2 Real, présente une série de films jeunesse le 8 et 11 avril prochain. La francophonie y trouve sa place, à travers plusieurs films dont Une Colonie et Mia et le lion blanc.

Coup de projecteur sur le premier long métrage de fiction Une Colonie, de la réalisatrice québécoise Geneviève Dulude De-Celles, qui a remporté le trophée du meilleur film au gala des prix Écrans canadiens 2019.

Une quête identitaire

Plusieurs fois primé en festival, le long métrage canadien Une Colonie suit le parcours de Mylia, une jeune fille de douze ans, campagnarde, qui fait son entrée à l’école secondaire. Alors qu’elle a pour seule amie sa petite sœur de huit ans, Camille, Mylia, cherche à se faire une place et des amis dans une grande école cacophonique. Aux côtés de Jacinthe, une jeune adolescente à la sexualité assumée, Mylia va brusquement entrer dans l’adolescence et rencontrer Jimmy, un jeune autochtone de la réserve voisine de son village, avec qui elle développe une complicité inattendue. Pour Geneviève Dulude De-Celles, Une Colonie « est un récit d’apprentissage, une quête identitaire de cette jeune fille qui apprend à se définir et apprend à devenir une adolescente puis une adulte. »

L’évolution d’un ou plusieurs personnages à un moment clé de la vie, ici le passage de l’enfance à l’adolescence, est un thème récurrent du cinéma de Geneviève Dulude De-Celles, déjà évoqué dans son premier court métrage La Coupe, puis dans Bienvenue à F.L. Pour la réalisatrice, « ces trois films se sont enchaînés et se sont nourris l’un l’autre. »

Pour écrire ce film, elle a puisé dans sa propre expérience, son enfance, mais également dans celles des jeunes de son film Bienvenue à F.L.

« Pendant que j’étais sur le tournage du documentaire, j’étais plongée dans un milieu étudiant et je commençais à écrire Une Colonie. Ça m’a beaucoup nourrie d’être entourée de jeunes qui se confiaient à moi sur leurs difficultés au quotidien, leurs aspirations, leurs rêves. Ça me permettait de faire la recherche documentaire pour mon long métrage de fiction, » précise la réalisatrice.

Toutes ces expériences lui ont permis d’avoir une approche plus intime du sujet, de suivre l’évolution de personnes qui apprennent à se définir en leurs propres termes.

Un sujet universel ancré dans le réel

Une Colonie reprend également un sujet fréquemment abordé dans le cinéma, soit celui des prises de positions par rapport aux mouvements de groupe. Faut-il se rattacher à la masse ou au contraire à la marge ? Ces questionnements, qui peuvent être vécus à d’autres moments de la vie, expliquent, pour la réalisatrice, en grande partie le succès du film.

« J’ai essayé d’être très spécifique, très ancrée dans le réel. À la fois ma réalité, celle des jeunes que j’ai côtoyés en faisant le documentaire, celle des acteurs qui ont incarné ces rôles, » ajoute-t-elle.

Malgré le sujet distinct du film, qui se déroule dans un milieu rural du Canada, et évoque la communauté abénaquise d’Odanak, Une Colonie touche un large public.

La réalisatrice explique cela par le fait que « parfois, c’est en étant très pointu que finalement on parle un langage universel. Etrangement, le fait de ne pas avoir tenté de parler à tous parle peut-être plus à tous. »

Pour donner une dimension plus réelle à son film, Geneviève Dulude De-Celles et son équipe ont également attaché un soin particulier au choix des acteurs. Après plus de six cent candidatures et un processus de cinq mois, la réalisatrice trouve sa distribution, composée à 40 pour cent de comédiens issus d’agences, et à 60 pour cent d’acteurs issus de « casting sauvage », avec qui elle répète intensivement durant deux mois pour que chacun se sente à l’aise.

« J’avais ce besoin-là d’avoir des jeunes de la région. Ma crainte c’était qu’avec des jeunes d’agences, j’avais plus affaire à des comédiens issus de bonne famille de milieu urbain qui avaient appris à avoir une bonne diction. Pour moi c’était important de vraiment représenter cette jeunesse que j’ai côtoyée en faisant mon documentaire mais aussi de trouver des jeunes de mon milieu, » explique-t-elle.

Une Colonie est diffusé au Film Festival for Youth le 8 et 11 avril prochain, respectivement à 12 h 30 et à 18 h 30. Le public pourra également découvrir, entre autres, le film du réalisateur Gilles De Maistre, Mia et le lion blanc, qui suit l’incroyable amitié entre une jeune fille et un jeune lion blanc.

Pour plus d’informations, visitez :

www.r2rfestival.org

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