L’Asie mène la danse dans « Undivided Colours » ?

William Lau se spécialise dans les dan, des rôles de femmes dans l’Opéra de Pékin. | Photo par David Leung

Undivided Colours, c’est le talent réuni de quatre danseurs et chorégraphes sud-asiatiques, Alvin Erasga Tolentino (Vancouver), Hari Krishnan (Toronto), Peter Chin (Toronto) et William Lau (Ottawa).

Dans le cadre du mois du patrimoine asiatique, les artistes sillonnent le Canada en traversant quatre villes (Montréal, Toronto, Ottawa et Vancouver) pour présenter un spectacle tiré des richesses des diasporas asiatiques propres au Canada et au reste du monde. A Vancouver, ils monteront sur la scène du Scotiabank Dance Centre les 6 et 7 juin, pour une heure de représentation, suivie d’un échange avec le public.

Proposé en partenariat avec la Co.ERASGA, créée par Alvin Erasga Tolentino, qui sera également sur scène, Undivided Colours puise sa force dans les racines de la danse, l’héritage de chacun, pour faire voyager les aficionados dans un mélange de culture traditionnelle et contemporaine. Les programmes plus actuels d’Alvin Tolentino et de Peter Chin viendront se percuter avec les danses traditionnelles, bien qu’adaptées, de Hari Krishnan avec le bharatanatyam (danse traditionnelle indienne) et de William Lau inspirée de l’art de l’Opéra de Pékin.

Rôles de femmes dansés par des hommes

Ce dernier ouvrira les festivités par 15 minutes de rythmes effrénés de cet opéra traditionnel dans lequel l’artiste, né à Hong Kong, s’est spécialisé. « L’opéra de Pékin, c’est un peu comme le taï-chi, le Ying et le Yang, mêlé à une musique dynamique et beaucoup de jeux sur scène. Les costumes sont très colorés, les visages sont maquillés, et chaque couleur signifie quelque chose, raconte avec fougue le danseur et chorégraphe spécialisé dans les rôles féminins. Le rouge, le blanc et le noir sont les trois couleurs des jeunes femmes. Dans ses débuts, l’Opéra de Pékin n’était interprété que par des hommes pour des questions de traditions et notamment celle de la mode des petits pieds chez les femmes, qui les empêchaient de danser. Aujourd’hui, elles prennent une grande place sur la scène. » Mais dans Undivided Colours, c’est dans un solo que William Lau donnera toute l’ampleur de son talent. Bien qu’artiste complet, il ne chantera pas cette fois. Trop peu de temps en 15 minutes. Juste quelques sons prêtés à l’oreille en mandarin attiseront la curiosité du public. Juste de quoi exprimer son histoire.

« J’ai choisi d’interpréter essentiellement un répertoire de danse. L’histoire que je raconte est celle d’un étranger invité dans mon village. J’ai peur. Les arts martiaux s’invitent alors à la danse, des plumes sortent de mon chapeau pour impressionner mon adversaire, me donner de la force, me préparer à la guerre. C’est très dynamique », résume, avec entrain, le chorégraphe.

Après la tournée Undivided Colours, William Lau prendra le pas sur un autre projet.

Il s’agit d’un spectacle présenté chaque année à Ottawa, en octobre, mêlant sur scène danseurs et musiciens locaux.

Informations pratiques :

Undivided Colours
6 et 7 juin à 20 h

Scotiabank Dance Centre

Tarifs : 34,25$ adulte, 23,75$ senior et étudiant

Qui sont-ils ?

Alvin Erasga Tolentino Vancouver

Il est né à Manille, aux Philippines. Alvin Tolentino a suivi une formation d’art et de danse professionnelle au Royal Winnipeg Ballet, à la York University, au Purchase College State University of New York et au Limon Institute. En 2000, il fonde Co.ERASGA, une compagnie de danse dédiée à la recherche, à la création et à la présentation de la danse contemporaine.

William Lau
Ottawa

Il est né et a grandi à Hong Kong jusqu’à l’âge de 11 ans avant d’arriver à Montréal. William Lau détient une maîtrise en danse de la York University et a suivi une formation en danse traditionnelle chinoise et en ballet classique. Il est spécialisé dans l’art de l’Opéra de Pékin et notamment dans les rôles féminins. Il est également responsable des subventions pour le Conseil des Arts du Canada à Ottawa.

Hari Krishnan
Toronto

Il est directeur artistique de la troupe de danse torontoise InDANCE. Hari Krishnan est professeur au département de danse de la Wesleyan University. Il est titulaire d’un doctorat en danse de la Texas Woman’s University où ses recherches interdisciplinaires croisent la danse et le cinéma. Ses champs de recherches sont variés et il s’intéresse notamment à la danse indienne.

Peter Chin
Toronto

Il est né à Kingston, en Jamaïque et basé à Toronto et à Phnom Penh. Peter Chin est directeur artistique de la compagnie de danse interdisciplinaire Tribal Crackling Wind et a été qualifié d’« homme de la Renaissance » en raison de son travail de danseur/chorégraphe, compositeur/musicien, écrivain, designer et metteur en scène. Il a reçu de nombreuses récompenses dont cinq prix Dora Mavor Moore pour la danse, le prix
Muriel Sherrin pour ses réalisations internationales en danse et un prix Gémeaux pour sa performance dans le film Streetcar.

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