Rire pour surmonter les moments difficiles

Photo de Indian Summer Festival

Le rire est-il le meilleur remède ? Pour avoir une réponse à cette question, il faudra se rendre au Indian Summer Festival, prévu du 4 au 14 juillet. Pour la neuvième année consécutive, Indian Summer Art Society planifie un calendrier d’événements, de concerts et de discussions qui rassemblent des penseurs créatifs et des artistes inclusifs dans le but de promouvoir leur vision d’une société accueillante et riche en culture.

Un de ces événements est Tiffin Talks, où les invités apprécieront un repas servi dans des boîtes indiennes britannique de tiffin et écouteront les orateurs discuter des thèmes tels que Art on the Inside et Laughter for the Dark Days. Pour ce dernier, l’écrivaine canadienne Zarqa Nawaz prendra la parole pour discuter du rôle que joue l’humour quand nous vivons de mauvais jours.

« Je regarde le monde d’une une certaine manière »

Vous connaissez peut-être le nom de Mme. Nawaz. En plus d’être journaliste, personnalité de la radio et réalisatrice, Nawaz est aussi la créatrice de l’émission de télévision populaire Little Mosque on the Prairie, la toute première émission au sujet d’une famille musulmane qui habite une société occidentale. Née à Liverpool, en Angleterre, dans une famille pakistanaise, elle ne sait pas d’où vient son talent pour la comédie. « Je ne sais pas comment l’expliquer. Je regarde le monde d’une certaine manière. »

Quand Nawaz a commencé à créer des films, il n’y avait pas beaucoup de musulmans qui étaient entrés dans le domaine de la comédie. Encore moins, des musulmans qui faisaient des blagues sur leur propre culture. « Mon style d’humour s’est démarqué comme original, » s’exclame-t-elle.

Zarqa Nawaz, auteure et humoriste. | Photo de Zarqa Nawaz

Le thème central de son livre, Laughing All the Way to the Mosque, et de toutes ses œuvres est l’expérience d’être musulman dans l’Ouest canadien. Les premières réactions ne furent pas toutes positives. « Beaucoup de gens pensaient que ce serait la fin du monde, » remarque Mme. Nawaz. Elle a été l’une des premières comédiennes à se moquer de l’Islam, d’une manière légère, sur une estrade publique. Après un bout de temps, l’hystérie s’est en général apaisée.

Un fossé générationnel

Même si le gros de la communauté musulmane a accepté ses œuvres, il y avait encore les protestations de la part des aînés. Ceux qui n’ont pas grandi au Canada ou à l’Ouest ne pouvaient pas comprendre les blagues.

« Ils étaient sous l’impression que je me moquais de la religion, et par extensions, d’eux aussi. » explique Mme. Nawaz. Par contre, la génération plus jeune comprenait les blagues. A un moment donné, le président du Muslim Association s’est approché de Mme. Nawaz pour confirmer qu’elle ne se moquait pas de l’Islam. « Pour lui, mon sens de l’humour était perdu dans la traduction. » Originaire d’Indonésie, Zarqa Nawaz remarque qu’elle ne savait pas comment le faire rire. « Tout ce que je sais, c’est comment me faire rire. »

Le sens de l’humour est universel, mais ce que les différentes cultures trouvent drôle varie. Certaines cultures préfèrent un style de comédie plutôt sec ou cru, tandis que d’autres aiment la comédie bouffonne, à la Mr. Bean. Même dans une seule culture, le sens de l’humour peut différer d’une génération à l’autre selon les individus et les circonstances de la vie.

« La comédie est contextuelle, » explique Mme. Nawaz en parlant d’une comédie spéciale télé dans laquelle un comédien noir racontait des blagues que, si elles étaient prononcées par une personne de race différente, il y aurait le risque d’être stigmatisé comme raciste. « Il faut considérer plusieurs choses : qui est celui qui parle, qu’est-ce qu’il dit, qui en est le sujet et comment se sent le sujet, » conseille-t-elle.

Choisir la comédie plutôt que la catastrophe

Tous et chacun ne trouvent pas les mêmes trucs drôles. Indépendamment de l’âge ou de la culture; ce que tous partagent est la capacité à rire et à trouver de l’humour dans la vie quotidienne. Pour Zarqa Nawaz, c’est sa façon d’y faire face. « Je trouve ça cathartique, » explique-t-elle. « C’est ainsi que je gère la tragédie et toute la folie du monde. » Parce que, sans rire et sans comédie, quelle est l’alternative ? « Pour moi, être consumée par la colère n’est pas une bonne chose, » confie-t-elle.

Venez avec l’estomac vide et l’esprit ouvert pour le Tiffin Talks :  Laughter for the Dark Days le 11 juillet. Pour plus d’information, visitez www.indiansummerfest.ca

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