« L’herbe n’est pas plus verte ailleurs… »

oilà déjà deux mois que je parcours la ville et ses environs, doucement à mon rythme ! En tant qu’ancienne « marketeuse », avant de poser mes valises dans la ville la plus peuplée de la Colombie-Britannique, j’avais fait ma petite étude. J’ai passé des heures sur la toile pour « connaître » la ville avant d’y débarquer. J’ai lu un peu tout et son contraire et c’est bien ce que j’ai trouvé ici !

Le Canada c’est un rêve de petite fille qui aime la nature, c’est le rêve d’une femme qui ne se trouve pas à sa place dans son propre pays. Vancouver me semble la ville où tout est possible, celle où ma carrière peut avoir un nouveau tournant et où tout peut s’arrêter demain !

Une ville où hôtels de luxe et sans-abris se côtoient à quelques mètres de distance, celle où j’ai pu parler avec tellement de nationalités différentes en huit semaines que je vois Vancouver plus comme une ville du monde.

Une ville implantée dans la nature, j’ai grandi entre campagne et petite ville, proche de l’océan, un autre : l’Atlantique. Le son des vagues est magique, il m’apaise et ici il est tellement présent que je me sens conquise. Me baigner en voyant les neiges éternelles et un phoque au loin, c’est un moment qui restera gravé dans ma mémoire à tout jamais.

J’ai la chance de vivre dans une maison, plutôt rare dans ma vie d’adulte, voir un écureuil gris et un écureuil noir jouer ensemble dans le jardin, je jubile de bonheur. Un peu moins lorsque je ne peux pas m’asseoir dans l’herbe trop longtemps parce qu’il y a trop de fourmis ou autres bestioles. J’ai l’impression qu’ici les insectes sont plus nombreux, et alors les moustiques canadiens, mon Dieu ! qu’ils sont féroces ! La pluie, le soleil, le jour ou la nuit, aucun respect, pour moi un moustique ça piquait l’été et la nuit.

Partir pour un ailleurs, c’est oublier certains codes pour en réapprendre d’autres : après deux mois, je n’ai toujours pas compris pourquoi dans certains bus je peux monter par toutes les portes et d’autres seulement la porte de devant. Pourquoi sur certaines lignes je fais la queue et d’autres non. Le code de la route et celui des piétons comportent toujours de nombreux mystères.

Wreck Beach, entre océan et montagnes ou la magie de la nature.

La magie d’un ailleurs est aussi dans les rencontres ! Mon colocataire qui est venu me chercher à l’aéroport avant même que je signe le bail. Le banquier qui m’a donné des tonnes de conseils. L’homme qui a aidé à recharger la batterie de la voiture quand il n’y avait pas de réseau téléphonique et que la nuit approchait, le policier compréhensif suite à un non-respect du code de la route. Le producteur de légumes au marché qui m’invite à découvrir sa ferme et ses méthodes de travail, une invitation que j’espère bien honorer avec deux amies. Deux femmes extraordinaires, elles aussi depuis peu à Vancouver.

Je découvre une ville où je me sens plus libre, notamment pour mes vêtements, mon apparence physique, car grandir dans le pays vu par beaucoup comme celui du luxe ou de la mode laisse des traces. Dans un pays où j’ai toujours fait attention à ne pas prendre le métro tard le soir en mini-jupe parce que ça peut être dangereux, à éviter les bus de nuit parce que je serai la seule femme, ici je revis.

Beaucoup disent que la ville du monde a un coût financier important, après avoir vécu à Paris et à une heure de Londres, j’ai quelques doutes surtout si je compare la qualité de vie que les trois villes peuvent offrir. Mes critères étant le sentiment de sécurité, l’accès à une nourriture saine et de qualité, la proximité avec la nature dont la mer ou l’océan.

Mes deux mois ici m’ont aussi fait constater que contrairement au dicton : l’herbe n’est pas plus verte ailleurs. L’herbe est différente, chaque ville, pays, culture a ses bons côtés et ses moins bons. Et en plus, selon les périodes de ma vie, mes attentes du moment, l’herbe va avoir une saveur bien différente.

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