22e Festival du Film de l’Union européenne de Vancouver

Une scène du film austro-allemand The Tobacconist.


C’est avec le film finlandais One Last Deal que le Festival du Film de l’Union européenne (the European Union Film Festival (EUFF)), ouvrira ses portes. « Il est de tradition d’ouvrir par le pays qui détient la présidence de l’Union européenne (UE) au moment de l’événement, » explique Jim Sinclair, directeur exécutif et artistique de la Cinémathèque.

Le EUFF aura lieu du 22 novembre au 2 décembre 2019 à la Cinémathèque de Vancouver. Vingt-cinq pays européens y présenteront le film de leur choix.

Une sélection de films unique

Depuis plus de vingt ans, 1998 plus exactement, la Cinémathèque de Vancouver reçoit le festival qui a été lancé à Ottawa en 1984. Il est le résultat d’une collaboration étroite avec les représentations diplomatiques des différents états membres – les consulats à Vancouver et les ambassades à Ottawa – et ce sont d’ailleurs les états qui sélectionnent le film qui les représentera.

C’est comme une sorte de buffet (smorgasbord) de cinéma.

« Habituellement, pour d’autres évènements nous avons quelqu’un qui est en charge de la programmation et nous créons le programme ensemble avec les autres institutions mais pour ce festival, ce qui est drôle et très intéressant c’est qu’il n’y a pas de programmateur puisque chaque pays est responsable de la sélection du film, » commente le représentant de la Cinémathèque. « Il n’y a donc pas de direction ou de cadre sur la façon dont les films sont sélectionnés, ce qui rend ce festival unique car chaque pays finit par choisir son film pour différentes raisons. C’est donc comme une sorte de buffet (smorgasbord) de cinéma. ».

Chaque année, certains pays décident de ne pas se présenter, et pour cette édition 2019 ce sont trois des vingt-huit pays qui constituent l’UE qui ne participeront pas. Il s’agit de la Roumanie, de Chypre et de la Grande-Bretagne qui, elle, ne participe plus depuis le référendum sur le Brexit de 2016.

« La plupart du temps, nous n’avions pas de film de Malte, dont l’industrie du cinéma est minime, mais ces dernières années cela a été le cas contraire et ça l’est encore cette année, ce qui est une très bonne nouvelle ! » ajoute Jim Sinclair.

Diversité, guerre et migration

Malgré la grande diversité du festival, deux thèmes reviennent souvent : la guerre et le déplacement des populations, avec les problèmes que cela suscite.

« Au moins six films sont autour de la Seconde Guerre mondiale dont le soixante-quinzième anniversaire est en 2020, » explique Jim Sinclair. « Peut-être qu’il y a quelque chose dans l’air. Actuellement, lorsqu’on observe ce qui se passe en Europe, on y perçoit une certaine inquiétude d’oublier ce qu’est le fascisme et toutes les choses terribles qui se sont passées. On est préoccupé de voir la démocratie décliner ou de se diriger vers une forme d’autocratie. »

C’est l’actualité socio-économique qui inspire en effet plusieurs cinéastes outre-Atlantique. « Il y a toujours eu des films à propos des migrations de populations, des réfugiés, de la vie des immigrants en Europe de l’Ouest » rappelle Jim Sinclair. Le film belge A Wedding et le film bulgare A Picture with Yuki parlent par exemple de groupes ethniques faisant face à ce type de situation.

« C’est un thème persistant », exprime Jim Sinclair. « Mais cela est tout à fait cohérent étant donné
la nature même de l’Europe qui est de rassembler différents pays qui avaient été en guerre les uns contre les autres pendant des siècles. De plus, dans une vision plus large de l’Europe, s’ajoutent d’autres populations qui viennent d’ailleurs. Cette volonté de rassembler les différents peuples et cultures dans cette Europe contemporaine a donc toujours été un thème très présent au sein du festival. »

A ces thèmes récurrents s’ajoutent tout de même deux spécificités 2019 : la présence d’un premier film d’horreur présenté par Malte avec The Weeping House of Qala est une véritable surprise, ainsi que l’acteur suisse Bruno Ganz, décédé en février dernier, qui joue et dans le film allemand In Times of Fading Light et dans le film austro-allemand The Tobacconist. un moyen de lui rendre hommage, « une belle façon de dire au revoir » commente Jim Sinclair.

Drame, comédie, horreur et tragédie sur fond de problèmes sociaux actuels font de ce festival un « buffet de cinéma » qui en vaut le détour tant par sa richesse et sa diversité que par la profondeur de certains sujets. Il ne reste plus qu’à réserver ses places pour redécouvrir le vieux continent à travers cette sélection cinématographique exceptionnelle !

Informations pratiques
La Cinémathèque : www.thecinematheque.ca

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