« Apprends-moi une chanson » : Musique autochtone et échange

Dès le 22 novembre le Western Front présente Teach Me a Song, une série de sculptures et de chansons (cérémonielles, religieuses, rock & roll ou électroniques) d’Elisa Harkins, artiste Cherokee et Muscogee Creek, inspirées par les histoires de ses pairs, amis et mentors.

Née à Tahlequah, Oklahoma, au Cherokee Nation W. W. Hastings Hospital, l’artiste et compositrice Elisa Harkins a perfectionné ses compétences aux quatre coins des États-Unis. Après avoir passé son enfance à Miami, Oklahoma, elle a vécu à New York, Chicago et Los Angeles, où elle a obtenu sa maîtrise en beaux-arts au California Institute of the Arts. Maintenant de retour en Oklahoma, elle est mentor à la School of Art Institute de Chicago, bénéficiaire de la bourse Tulsa Fellow et membre de la tribu Muscogee Creek.

Pour sa prochaine exposition à Vancouver, le travail de l’artiste s’articule autour d’une série d’échanges où elle invite des collaborateurs – enseignants, mentors, artistes et amis – à lui apprendre une chanson. Qu’il s’agisse de l’histoire du voyage d’un ancien à Wounded Knee dans les années 70, d’une chanson écrite par la mère d’une artiste Cree, ou d’un morceau instrumental portant le nom d’une boisson traditionnelle Sofky, Harkins se charge de recueillir ces souvenirs et ces récits, et de les transmettre à son public :

« Il s’agit d’un partage d’histoires, de chansons et de transfert de connaissances de personne à personne. »

En plus de Teach Me a Song, l’artiste présentera Wampum le samedi 23 novembre au Grand Luxe Hall, un projet où elle chante en cherokee, anglais et Muscogee Creek sur de la musique électronique, accompagnée des danseuses Hanako Hoshimi-Caines et Zoë Poluch. Le trio présentera également son spectacle Radio III, en collaboration avec Plastic Orchid Factory, le dimanche 24 novembre.

Elisa Harkins.

Interrogée sur sa vaste gamme de projets, Harkins attribue sa curiosité à la diversité de son parcours : Adolescente, elle a étudié la danse pendant des années avant de travailler dans la publicité, d’apprendre l’animation et la musique, puis la composition électronique… Une soif d’apprendre qui l’a amenée à explorer davantage son héritage autochtone.

Partager avec respect

Devenue membre de la tribu Muscogee (Creek) Harkins a commencé, dans le but d’apprendre davantage et de satisfaire sa curiosité pour les thèmes de la traduction, de la préservation des langues et de la musicologie autochtone, à suivre des cours de langues cherokee et Muscogee Creek :

« Une fois en cours, j’ai vraiment commencé à penser au langage et à la façon d’utiliser le cherokee et le Muscogee Creek », explique-t-elle. « Une fois que tu commences à prendre des cours, c’est comme si ta vie changeait complètement. Tu es invitée dans un autre monde : les anciens sont derrière toi, t’aident, des gens viennent avec leurs enfants pour apprendre la langue, nous mangeons tous ensemble, allons à l’église, allons à des danses… C’est une vie totalement différente. »

Faire partie de cette communauté a intensifié son désir d’envisager son processus créatif et son art d’une manière éthique. Elle fait référence à la façon dont les anthropologues occidentaux comme Edward Curtis, au tournant du XXe siècle, ont documenté et transcrit des performances et cérémonies autochtones sans toujours tenir compte de leur contexte, leur faisant perdre leur essence, jusqu’aux noms des interprètes, et rendant ces histoires et chansons « si anonymes ».

Dans Teach Me a Song, Harkins est guidée par cette responsabilité qui lui est confiée, d’essayer de « documenter ces chansons de manière réfléchie, très lente et méticuleuse. Avoir accès à ces gens et cette façon d’apprendre, cette façon de transférer les connaissances… Je veux la préserver et la montrer, mais d’une manière très responsable. » déclare l’artiste.

Pour en savoir plus :

Elisa Harkins Site Web :
www.elisaharkins.org

Site Web du Western Front :
www.front.bc.ca

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