Jacques Lalonde : la créativité au service d’un monde meilleur

Vous êtes-vous déjà demandé à quoi ressemblerait notre société si nous ne désapprenions pas à nos enfants à être créatifs ? Jacques Lalonde milite activement pour le droit à la créativité pour tous, à tous les âges. Portrait d’un comédien qui a su garder son âme d’enfant.

Une enfance marquante
Né en 1963 à Montréal, Jacques Lalonde est le petit dernier d’une fratrie de quatre. Suite à la séparation de ses parents quand il avait deux ans, il est élevé par une mère qu’il qualifie de femme exceptionnelle. « Elle a dû arrêter l’école en sixième année pour aider sa mère à élever les enfants, mais elle avait une sagesse presque infinie, » dit-il. Bien que placée sur le bien-être social, elle réussit à lui cacher la pauvreté dans laquelle vit la famille. Lorsqu’il a trois ans, elle l’emmène dans une association remplir des boîtes de Noël pour les pauvres. Un jour, les Lalonde reçoivent eux-mêmes une de ces boîtes. « Mais moi je n’ai jamais eu l’idée : on est pauvre. Moi j’ai eu l’idée que c’est ça qui arrive à Nöel : tous les gens se mettent ensemble. Nous on fait une boîte pour quelqu’un d’autre et quelqu’un d’autre fait une boîte pour nous. Ce n’est pas l’idée de la pauvreté, c’est l’idée de la communauté, » se souvient M. Lalonde. Cette idée d’entraide reste encore ancrée en lui à ce jour.

Jacques Lalonde | Photo de Jacques Lalonde

La comédie
Après avoir fini son secondaire au Québec, Jacques Lalonde rejoint son frère aîné et sa mère remariée à Vancouver et s’inscrit au Studio 58, l’école de théâtre du collège Langara. Ses débuts ne se font pas sans douleur. Alors que jusqu’à présent il a surtout oeuvré dans l’improvisation, la lecture d’un premier script lui vaut des commentaires peu amènes de la directrice artistique du studio, Kathryn Shaw : « Il y avait à peu près sept choses et heureusement je me suis dit, okay, je vais essayer de parler plus fort et de marcher moins comme un robot. Je ne pouvais pas arranger les sept trucs d’un coup, » se souvient-il avec humour. Ces premiers changements ont, semble-t-il, fait des merveilles puisque plus de trente ans plus tard, Jacques Lalonde est toujours comédien. S’il n’a qu’un regret aujourd’hui, c’est d’avoir conservé un nom qui sonne trop français aux oreilles des directeurs de distributions, ce qui limite le nombre de rôles auxquels il peut auditionner. Pourtant, quand il en a l’occasion, M. Lalonde a un taux de réussite impressionnant : il obtient ainsi le rôle dans 30 à 40 % des cas. Un de ses secrets est de se mettre dans la peau d’un comédien qui adore passer des auditions. Il se prévoit aussi des petits cadeaux après-audition pour se motiver. Comme beaucoup de ses collègues, Jacques Lalonde s’est aussi mis à l’écriture afin de pouvoir jouer des personnages taillés sur mesure pour lui. Une habitude qui lui a sans doute sauvé la vie.

La créativité au service de la guérison
En effet, en 2013, M. Lalonde fait un accident vasculaire cérébral, qui le laisse sur un lit d’hôpital à pondérer des statistiques peu encourageantes. « J’étais au bord du désespoir. Puis tout d’un coup, j’ai pensé : je vais écrire une pièce de théâtre ! » se rappelle-t-il. C’est ainsi qu’est née Stroke of Luck, une oeuvre destinée à encourager les personnes souffrant du même type de problème, durant leur rééducation et convalescence.

Jacques Lalonde ne compte pas en rester sur ce succès. Il nous offrira une nouvelle variation sur le sujet lors du TEDx de Bear Creek Park le 29 février prochain. Intitulée L’art et la créativité ont sans doute sauvé ma vie (et aideront peut-être à sauver la vôtre)!, sa présentation nous parlera du potentiel de guérison de la créativité. « C’est peut-être notre meilleur espoir de sauver la planète, si chacun d’entre nous devient le héros de sa propre histoire. En changeant le récit, nous pouvons passer du désespoir et de la division à la résolution et à la responsabilisation, » explique-t-il. Une leçon qu’il s’efforce d’enseigner à ses étudiants en comédie et à ses très jeunes étudiants en français, car comme il le dit : « C’est la société qui doit changer. Si on laissait les enfants grandir avec ce qu’ils ont lorsqu’ils sont jeunes, je pense que la terre serait une bien meilleure place. »

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