Rémi Marien, un parcours réussi et inspirant

Rémi Marien, directeur général du Conseil jeunesse francophone de la Colombie-Britannique (CJFCB) pendant ces dix dernières années a récemment été nommé directeur adjoint aux opérations du Bureau des affaires francophones et francophiles (BAFF) de l’université Simon Fraser (SFU). Retour sur son parcours depuis son départ de France et la curiosité qui l’a poussé jusque dans l’Ouest canadien.

Rémi Marien a réalisé son parcours universitaire en France : il finit des études en sciences de gestion, management et qualité organisationnelle, en travaillant en alternance pour une banque d’investissement. Cette expérience professionnelle est loin d’être épanouissante.

« Ça ne rejoignait pas mes valeurs », se souvient-il.

Il décide ainsi de se donner le temps de la réflexion avant d’entrer dans la vie active : « mon rêve c’était de partir voyager ».

Rémi Marien, ancien directeur général du Conseil jeunesse francophone de la Colombie-Britannique. | Photo par Karin Payany

Ce rêve, il va donc le vivre au Canada. Au printemps 2009, il décide de partir pour Montréal dans le cadre d’un Permis Vacances Travail (PVT). Alors âgé de 23 ans, c’est pour lui son premier grand voyage. Après quelques mois remplis de petits boulots et de découvertes, il se rend compte que ce n’est pas vraiment l’expérience qu’il avait envie de vivre au Canada.

Ce qui l’attire, c’est l’Ouest, les grands espaces, la nature. C’est donc poussé par l’envie de suivre son rêve que Rémi Marien arrive en Colombie-Britannique. Il expérimente la cueillette de fruits dans l’Okanagan pendant tout un été, puis il atterrit sur l’île de Vancouver. Là, à 50 km de Campbell River, en pleine nature, loin de tout, il travaille dans un gîte centré sur l’éducation en plein air. C’est durant cette expérience qu’il va côtoyer pour la première fois l’univers éducatif autour des aspects passionnants du leadership, du team building, de la vie de groupe tout en se rebranchant à la nature.

Rencontre avec la francophonie

C’est en tant que bénévole à la Place de la francophonie durant les Jeux olympiques d’hiver en 2010 que Rémi Marien découvre réellement pour la première fois l’ampleur de la francophonie en Colombie-Britannique. Alors que son PVT arrivait à terme, Rémi Marien est sélectionné pour le poste de directeur général du CJFCB. C’est ainsi qu’en octobre 2010, il débute sa carrière professionnelle à la tête d’un organisme à but non lucratif aux antipodes de son expérience avec la banque en région parisienne. Ce jeune directeur avait bien conscience des lourdes responsabilités qu’on lui confiait et il avoue avec franchise : « à l’âge de 25 ans, je portais les enjeux de la jeunesse francophone de la Colombie-Britannique. J’ai dû apprendre énormément de choses en très peu de temps ».

A cette époque, l’organisme était dans une situation financière fragile. Il a fallu rembourser des dettes, regagner la confiance des partenaires. Les défis étaient immenses. Quand il a pris conscience de l’importance de cet organisme pour les jeunes, Rémi Marien affirme que « ça valait la peine de se battre et de s’investir autant ».

L’année 2012 marque une étape importante pour le Conseil jeunesse qui regagne son autonomie et parvient ainsi à prouver qu’il a la parfaite maîtrise de sa gestion.

« Les jeunes ont encore plus apprécié la beauté de cet organisme, ça leur a donné un élan supplémentaire et à moi aussi dans ma motivation de continuer », note Rémi Marien.

Construire son identité francophone au Canada

Il revient sur ces années en confiant : « J’étais passionné par ce que je faisais, par la mission de l’organisme, les enjeux sur lesquels je travaillais : la francophonie, la jeunesse, l’éducation. Travailler pour les jeunes et avec eux : c’était quelque chose qui me rejoignait énormément. »

On imagine qu’il a été difficile de partir du Conseil jeunesse après ces dix années, « mais c’était le temps », souligne Rémi Marien.

Interrogé sur son identité française au Canada, sa réponse est imbue de toute la complexité de la construction identitaire : « Quand je suis devenu citoyen canadien en 2015, ce fut un grand moment parce que le Canada fait désormais partie de mon identité. Si j’étais resté en France, il y aurait eu plein de parts de moi que je n’aurais jamais pu découvrir. Toutes ces expériences m’ont permis d’être celui que je suis devenu aujourd’hui ».

Mais d’ajouter : « Au fond de moi, je me sens français et je me sentirai toujours français ».

Aujourd’hui, une autre grande mission attend le nouveau directeur adjoint aux opérations du BAFF : positionner SFU comme une référence de l’éducation postsecondaire en français. Encore un beau défi à relever pour Rémi Marien afin qu’il puisse continuer à faire rayonner la francophonie.

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