L’édition de livres en temps de crise

Louis Anctil, créateur des éditions du Pacifique Nord-Ouest, nous accorde un entretien pour parler de livres et de son métier en temps de crise économique et sanitaire.

La Source : Pouvez-vous rappeler à nos lecteurs la philosophie de votre maison d’édition ?

Louis Anctil : C’est un nouvel éditeur, il est vrai, mais nous avons aussi quelques années derrière nous en édition. Les éditions du Pacifique Nord-Ouest tiennent de deux éditeurs déjà en production. Il s’agit de Midtown Press et des Presses de Bras-d’Apic (PBA). L’idée de fonder un nouvel éditeur en Colombie-Britannique et de se donner une adresse à Vancouver nous est venue du vouloir à publier des auteurs locaux sur place, des histoires de la région et du documentaire d’intérêt régional. PBA le faisait déjà très bien et continuera à publier, mais il publiera des titres plus près de son adresse postale tandis que PNO publiera des titres de la région du Pacifique nord-ouest. Midtown publie des titres en anglais que nous avons déjà publiés en français ou qui sont aussi d’intérêt pour les francophones de la région, mais écrits en anglais.

Louis Anctil, créateur des éditions du Pacifique Nord-Ouest.

L.S. : Comment avez-vous vécu l’année 2020 ?

L.A. : Assez bien, malgré la fermeture des principaux sites de vente en mars et en avril qui nous ont fait perdre plusieurs semaines d’activité. J’ai profité de la fermeture pour cause sanitaire pour faire avancer certains projets.
J’en ai retenu d’autres. Par exemple, notre carnet est bien rempli pour 2021 parce que j’ai dû retarder deux titres qui devaient paraître en 2020, mais aussi parce que j’ai eu plus de temps à préparer les titres à venir.

La pandémie a brisé, a cassé une certaine façon de faire, les liens établis avec auteurs, libraires, bibliothécaires et enseignants et la façon de présenter le livre. Les salons du livre et les congrès d’enseignants et de bibliothécaires sont devenus numériques du jour au lendemain. Il a fallu imaginer une nouvelle façon de promouvoir les livres et de se mettre au goût de tout un chacun. Certains préfèrent encore recevoir un coup de fil suivi d’un catalogue papier et d’autres veulent une présentation PowerPoint.

L.S. : Comment abordez-vous 2021 ?

L.A. : Avec un peu de réticence, mais aussi avec optimisme. La réticence vient du fait que des librairies
sont encore fermées dans certaines régions et que les lecteurs ne peuvent pas parcourir les nouveautés en librairie comme ils le voudraient. Si on ne peut pas voir les livres, ils seront plus difficiles à trouver pour le lecteur. Avec l’expérience de la fermeture en mars dernier qui a fait balancer certaines nouveautés dans les limbes littéraires pour un certain temps, nous essaierons d’éviter que la même chose se reproduise en évitant de publier des livres qui ne pourront pas être vus et attendre que les choses se stabilisent un peu. Mon optimisme vient du fait que les libraires ont beaucoup appris avec leur expérience de ces neuf dernier mois et qu’ils ont réussi à récupérer certaines ventes perdues, mais aussi augmenter celles de certains secteurs comme les nouveautés, fait redécouvrir certains bons titres passés inaperçus avant la pandémie puisque le nombre de nouveautés a baissé depuis mars et ils se sont concentrés sur des valeurs sûres.

L.S. : Quels sont vos grands axes de travail pour les prochains mois ?

L.A. : Les trois mois qui vont suivre seront des mois de préparation, d’éditions et de révisions. Nous suivrons les illustrateurs dans leur travail. Nous espérons produire trois à quatre livres ce printemps, dont deux qui étaient prévus pour 2020. Les manuscrits sont sur le point d’être corrigés pour deux de nos titres à venir, celui sur Maillardville au PNO et la Brève histoire du Manitoba au PBA. Suivront les deux albums jeunesse sur les monstres et sur les jeunes années de Tommy Douglas. L’automne s’annonce féroce avec possiblement deux albums jeunesse en traduction dont les droits devront être achetés maintenant.

Quelques ouvrages publiés par PNO

• Emily Carr : Une artiste dans la forêt, le premier titre d’une collection jeunesse publiée en mars

• L’Hydravion et la caverne mystérieuse, une fiction de Danielle Marcotte, publiée dans la même collection jeunesse

• Jean-Charles Pandosy : Missionnaire et pionnier du Nord-Ouest par Edmond Rivère

• Légendes de Vancouver par E. Pauline Johnson

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