le Dimanche 31 août 2025
le Jeudi 28 août 2025 21:31 | mis à jour le 28 août 2025 21:41 Initiative de Journalisme Local

Soixante ans d’amitié et de jumelage entre les villes de Burnaby et Kushiro

Pour célébrer le soixantième anniversaire de l’alliance entre les villes jumelles de Burnaby et Kushiro, la ville de Burnaby a installé une oriflamme conçue par l’artiste nippo-canadienne Danielle Jette, le long de la rue Southoaks Crescent | Koichi Saito
Pour célébrer le soixantième anniversaire de l’alliance entre les villes jumelles de Burnaby et Kushiro, la ville de Burnaby a installé une oriflamme conçue par l’artiste nippo-canadienne Danielle Jette, le long de la rue Southoaks Crescent | Koichi Saito
Soixante ans d’amitié et de jumelage entre les villes de Burnaby et Kushiro
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Les villes de Burnaby et de Kushiro ont marqué le soixantième anniversaire de leur partenariat en tant que municipalités jumelles en inaugurant, en juillet dernier, un jardin traditionnel japonais dans l’enceinte du campus Nikkei Place.

Marie-Paule Berthiaume – IJL – Réseau.Presse – Journal La Source

Élus, membres de la communauté et invités spéciaux se sont réunis à l’occasion de l’ouverture officielle du jardin Kushiro Lane. Un espace public symbolisant le passé, la tradition et le dialogue interculturel.

Situé aux abords de la résidence pour personnes âgées Robert Nimi Nikkei Home, qui porte ce nom en l’honneur du philanthrope nippo-canadien Robert Nimi, le jardin est un lieu de méditation et de rencontre. Il s’inspire des paysages naturels de l’île de Hokkaido, où se trouve la ville portuaire de Kushiro. Entourée de forêts et de marais, Hokkaido est réputée pour sa nature protégée et ses traditions locales.

Le jardin Kushiro Lane, jadis nommé Hawthorne Lane, comprend des cerisiers et des érables japonais, quelques bancs et un jardin minutieusement aménagé | Koichi Saito

La cérémonie s’est déroulée en présence de Daniel Tetrault, maire par intérim de Burnaby, et de son homologue japonais, Hidenori Tsuruma, maire de Kushiro. Un moment qui marque une amitié qui s’étend sur plusieurs générations sur les deux bords du Pacifique.

Le rituel symbolique de la coupure du ruban a été suivi de témoignages sur l’importance des liens tissés entre les deux communautés depuis plus d’un demi-siècle.

Amitié historique

Entamée en 1965, la relation entre Burnaby et Kushiro fut la première entente de jumelage à être conclue pour la ville britanno-colombienne. « Cette relation a contribué à renforcer la fierté civique, les échanges culturels et les ouvertures économiques au cours des soixante dernières années », indique la ville de Burnaby. 

Ce partenariat va au-delà des gestes protocolaires, puisqu’il a donné naissance à des lieux emblématiques : l’œuvre d’art Playground of the Gods à Burnaby Mountain, en 1995, et le jardin Kushiro à l’hôtel de ville de Burnaby, en 2015. La municipalité remet également chaque année, depuis 1982, la coupe Kushiro pour honorer son citoyen le plus méritant.

L’installation artistique Playground of the Gods, créée par le sculpteur nippon Toko Nuburi, surplombe Vancouver et célèbre la culture autochtone de Hokkaido, au Japon | Ville de Burnaby

Ces symboles et traditions rappellent que la relation entre les villes jumelées repose sur un échange constant, incluant des programmes éducatifs, des visites officielles et des projets culturels communs qui favorisent la compréhension mutuelle et l’ouverture au monde.

Mémoire et culture vivante

Au cœur de cette nouvelle initiative se trouve le campus Nikkei Place, qui comprend des logements pour aînés, les résidences Robert Nimi Nikkei Home et New Sakura-so, ainsi que le Nikkei National Museum & Cultural Centre, un organisme communautaire sans but lucratif qui constitue un point de repère majeur pour les Canadiens d’origine japonaise dans le Grand Vancouver

L’acquisition du terrain a été rendue possible grâce aux fonds d’indemnisation octroyés durant la réparation fédérale de 1988, lorsque le gouvernement canadien a reconnu les injustices subies par la communauté nippo-canadienne pendant la Seconde Guerre mondiale. 

« Notre mandat est d’honorer, préserver et partager l’histoire et le patrimoine des Canadiens d’origine japonaise ainsi que la culture japonaise au Canada », explique Sherri Shinobu Kajiwara, directrice et conservatrice du musée.

Une histoire longtemps méconnue

Les injustices commises envers la communauté nippo-canadienne en Colombie-Britannique demeurent somme toute peu connues. « Si ce n’est pas enseigné, il est difficile d’informer les Canadiens sur cette histoire complexe », constate Sherri Shinobu Kajiwara.

Sherri Shinobu Kajiwara, directrice et conservatrice du Nikkei National Museum | Nikkei National Museum & Cultural Centre

C’est dans ce but que l’histoire des camps d’internement des Canadiens d’origine japonaise est devenue obligatoire dans le programme des écoles secondaires de la province, en 2025. « Un pas important dans la reconnaissance de ce passé », indique-t-elle.

Pour sensibiliser le grand public, y compris les francophones, la directrice et conservatrice du musée explique que son organisme propose des expositions trilingues en anglais, en japonais et en français, des programmes éducatifs, des festivals et des ressources numériques, incluant des livres électroniques, des balados et des expositions virtuelles accessibles sur place.

« En plus de notre programmation, souvent gratuite et incluant un riche programme de sorties pédagogiques accueillant, entre autres, des élèves des écoles d’immersion française, nous maintenons la plus grande base de données canadienne sur l’histoire des Canadiens d’origine japonaise », précise Sherri Shinobu Kajiwara. 

Avec l’ajout du jardin Kushiro Lane sur le campus, le Nikkei National Museum & Cultural Centre renforce son rôle de lieu de mémoire et de rencontre interculturelle, tout en célébrant une alliance internationale qui continue d’inspirer les communautés de Burnaby et Kushiro.

Pour plus d’informations : https://centre.nikkeiplace.org