La mise à jour du programme de vaccination contre le virus du papillome humain (VPH) de la Colombie-Britannique (C.-B.) vise à améliorer l’accès au vaccin et à protéger des populations à plus haut risque contre le cancer.
Andreina Romero – IJL – Réseau.Presse – Journal La Source
Dans le cadre des changements en vigueur depuis juillet dernier, les adultes âgés de 26 à 45 ans qui vivent avec le virus de l’immunodéficience humaine (VIH), responsable du syndrome d’immunodéficience acquise (SIDA), ou qui s’identifient comme gais, bisexuels, en questionnement, bispirituels, transgenres et non binaires, auront accès gratuit au vaccin contre le VPH. Avant le changement, ce groupe d’âge n’était pas éligible.
Un programme plus efficace
« Dans l’ensemble, les doses du vaccin contre le VPH ont été réduites pour la plupart des gens et le nombre de personnes qui y sont éligibles a augmenté », explique le docteur Troy Grennan, médecin-chef du programme provincial de lutte contre le VIH et les infections transmises sexuellement au BC Centre for Disease Control.

Troy Grennan, médecin-chef du programme provincial de lutte contre le virus de l’immunodéficience humaine et les infections transmises sexuellement au BCCDC, fait du dépistage du cancer de l’anus lié au VPH à Vancouver | courtoisie
Grâce à un calendrier d’immunisation simplifié, les personnes âgées de 9 à 20 ans passeront de deux doses à une seule, tandis que les personnes âgées de 21 ans et plus pourront recevoir deux doses à six mois d’intervalle. Les personnes immunodéprimées continueront à recevoir trois doses.
Le vaccin sert à prévenir plusieurs cancers associés au VPH, tels que le cancer du col de l’utérus, de la vulve, du pénis, de l’anus et de la gorge, indique le docteur.
Tel qu’annoncé par la ministre de la Santé, Josie Osborne, dans un communiqué de presse : « Les changements au programme s’inscrivent dans le plan d’action de lutte contre le cancer sur dix ans de la C.-B. »
Des changements opportuns
Pour Darren Ho, directeur des services de santé chez Health Initiative for Men (HIM), l’élargissement des critères d’éligibilité était quelque chose que « les membres de la communauté queer souhaitaient vraiment. Cet accès élargi tient compte des réalités propres à la communauté 2ELGBTQI+. »
HIM est un organisme à but non lucratif de Vancouver qui a pour mission de renforcer la santé et le bien-être d’hommes s’identifiant comme gais, bisexuels, queers, ainsi que des personnes de diverses identités de genre dans la province.
Pour Troy Grennan, les raisons à l’origine de ces changements sont scientifiques ainsi qu’économiques.
« Lorsque le vaccin contre le VPH a été mis sur le marché, il nécessitait trois doses. Mais depuis, plusieurs études ont constaté que, dans la plupart des cas, ceux qui avaient reçu moins de trois doses, présentaient des taux d’anticorps presque équivalents à ceux des personnes qui avaient reçu plus de doses. »
Le docteur note également que le vaccin contre le VPH est très cher. « En administrant moins de doses, nous pouvons désormais l’offrir à plus de personnes », ajoute-t-il.
Du chemin à faire
Malgré ces changements positifs, la stigmatisation et le manque de sensibilisation et d’éducation autour du vaccin demeurent un défi à relever.

Darren Ho, directeur des services de santé à Health Initiative for Men, coordonne des cliniques de santé sexuelle et travaille avec les autorités de santé pour offrir une perspective queer | courtoisie
« Qu’il s’agisse de relations hétérosexuelles, homosexuelles, queers, etc., il y a toujours une stigmatisation autour du sujet », indique Darren Ho. De plus, dans des régions rurales ou plus éloignées, l’accès aux services de santé est réduit comme les options sont plus limitées.
« La réalité est que lorsque vous vivez dans une zone rurale, votre médecin de famille peut être littéralement un membre de votre famille ou quelqu’un à qui vous ne voulez pas parler de santé sexuelle parce qu’il est trop proche de vous dans la communauté. »
Pour Troy Grennan, la question de sensibilisation est toujours pertinente. « Les hommes vivant avec le VIH présentent le risque le plus élevé de développer un cancer de l’anus, et beaucoup d’entre eux ne se perçoivent pas comme étant à risque de contracter le VPH. La situation s’améliore légèrement, mais il reste encore beaucoup à faire en matière d’éducation et de sensibilisation. »
Pour en savoir plus sur le vaccin contre le VPH : https://checkhimout.ca/programs-and-services