Le postmodernisme « surréaliste » artistique de Xiaolu Yang s’invite à la Sunzen Gallery

Si une chose est sûre durant cette pandémie de la COVID-19, c’est qu’elle devrait être un sujet d’inspiration pour de nombreuses années à venir. Pour preuve, la Sunzen Gallery de Vancouver expose jusqu’au 3 avril le travail de l’artiste sino-canadien Xiaolu Yang sur l’ambivalence, en ce moment, de ses émotions envers son pays natal: ses restrictions et centralisations.

Fable and the Prophets – Inside and Outside the Red Line (Fables et prophètes, à l’intérieur et à l’extérieur de la ligne rouge), la troisième exposition de cette série, comprend onze peintures à l’huile. Cette fois-ci, l’artiste explore « la confrontation de cultures de l’Est et de l’Ouest ». Outre les réalités, il intègre également des concepts de mythes cosmiques et de pouvoirs naturels. La patte du peintre se retrouve dans la juxtaposition d’objets excentriques au symbolisme fort, avec des lieux d’importance historique ou sociétale.

Fables et prophéties sur fond de ligne rouge
Le choix Fables et prophètes pour titre renvoie au caractère universel et atemporel de ceux-ci, explique Xiaolu Yang : « Je crois que la fable est un sujet général qui est toujours au cœur des discussions sur les êtres humains, tout comme les prophètes ».

Greetings from the West, Yang Xiaolu, reproduction. Photo par Viahstan Yuan

Cette série thématique, qui court depuis plusieurs années, illustre cette volonté de rendre compte de ses découvertes et défis continus.

« Dans toute la série, il y a une histoire sans fin qui se déroule, et je suis celui qui les révèle à la lumière du jour », déclare l’artiste. Il souligne aussi cette spécificité dans son travail et le fait que son inspiration artistique s’en ressent : « Je crois en la permanence plutôt qu’à l’inspiration en tant que telle ».

Pour cette troisième installation, le thème central est une ligne rouge, prenant diverses formes et tailles dans les œuvres. Elles marquent les frontières visibles et invisibles des paysages révélant les émotions suscitées chez l’artiste. Selon les commissaires de la galerie, « cette mise en forme crée une ambiance surréaliste et artistique représentative de son style et crée un sentiment d’appartenance forte à l’endroit, ayant pour conséquence d’inviter le spectateur dans cet environnement ».

Xiaolu Yang décrit quant à lui cette ligne rouge, dans l’art ou ailleurs, comme « un guide pour que les gens puissent faire le choix d’avancer ou de reculer, d’avoir la permission ou non. Dans les expressions plus intuitives de mes tableaux, les lignes rouges deviennent des restrictions, des emprisonnements et des distances insurmontables ».

Il se demande d’ailleurs comment chacun, en fonction de sa propre opinion des lignes rouges, interprétera ses productions : « Outrepasser la ligne rouge est un sujet commun mais néanmoins sensible de nos jours, que ce soit en économie, dans la vie, dans notre rapport aux autres, et certaines politiques. Je ne sais pas si cette explication suscitera davantage de réflexion ».

De la création en temps de pandémie
Les onze tableaux ont été créés spécifiquement et en contexte pandémique, ce qui a valu à l’artiste son lot de défis. Greetings from the West a été le plus difficile et le plus long à réaliser.

« Parce que j’avais de fortes attentes sur le rendu et aussi parce que je suis retourné en Chine alors que le tableau n’était pas fini, donc ma création artistique a été interrompue. Je n’arrivais pas à peindre la lumière de la lune comme je le voulais et cela m’a pris beaucoup de temps pour atteindre le meilleur effet que j’avais en tête », raconte-t-il.

Si cette ligne rouge est une métaphore des restrictions causées par la pandémie, il assure cependant qu’elle n’est pas pour autant l’élément déclencheur de cette exposition.

Photo par Viahstan Yuan

« L’humeur et l’environnement affectent rarement la qualité de mon art. À vrai dire, c’est comme travailler. Mon temps créatif est mon temps de travail. Si j’ai un imprévu qui chamboule mon programme, je vais m’assurer que cela n’affecte pas le projet à long terme. Je crois que c’est ce qui me distingue des autres amateurs d’art. C’est un peu ennuyeux, mais c’est mon travail », affirme l’artiste.

Il indique néanmoins que le jardin impérial de la dynastie Ming, le Zhongnanhai, nourrit son inspiration depuis sa découverte lorsqu’il était jeune. De plus, de ses études en Russie, il dit avoir été très influencé par l’idéologie chauvine du pays dans laquelle il puise encore aujourd’hui.

Lin Li, une des commissaires de l’exposition et guide des spectateurs, le souhaite. Elle décrit le travail de l’artiste comme une exploration incessante de la relation entre l’existence universelle et l’individualisme.

Dans son travail, dit-elle, “il manifeste sa passion pour le postmodernisme et une nouvelle présentation du surréalisme ». La galerie souhaite avant tout le faire connaître à la communauté locale.

Elle espère également que le public « trouvera les indices pour répondre aux questions posées par l’artiste » grâce notamment aux « couleurs vives et à l’abondance de détails que Yang offre. »

Fables et prophètes. Jusqu’au 3 avril. À l’heure actuelle, des jauges sont toujours prévues pour les visites. Renseignements et réservations sur le site www.sunzen.shop/blogs/exhibition/yang-xiaolu-fable-and-the-prophet

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