Suzy Birstein : Les différentes dimensions de l’art

Les œuvres de la solaire Suzy Birstein ont une dimension mythique et se répondent l’une et l’autre sur différents fonds. Son exposition Tsipora, une série d’autoportraits, est à découvrir au Centre communautaire juif de Vancouver.

«  Mon nom hébreu est Tsipora et il signifie oiseau  », partage l’artiste. Et ce clin d’oeil est présent dans la majorité de ses œuvres. Cette collection regroupe des autoportraits et des œuvres antérieures à la pandémie.

L’exposition de Suzy Birstein recoupe des peintures et des sculptures, principalement de figures féminines fortes. «  J’ai décidé de créer des déesses enceintes, portant la vie. Elles sont en harmonie avec la nature et un symbole d’espoir pendant la Covid-19  », explique-t-elle.

Une série d’oeuvres de Suzy Birstein. | Photo de Suzy Birstein

L’artiste voulait d’abord être star de cinéma et s’est essayée, par un concours de circonstances, à l’art. «  Une amie artiste m’a demandé si je voulais être modèle. Elle m’a mise en relation avec une école alternative d’art. Ils m’ont proposé de prendre des cours. Ils offraient des cours de poterie et c’était une texture qui me plaisait. J’ai été acceptée dans une école d’art pour les arts textiles et la poterie. Puis un jour, j’ai eu envie de les sculpter puis de les peindre  », partage-t-elle.

Une inspiration riche

Ses nombreux voyages en Europe, en Amérique du Sud ou encore en Asie du Sud-Est l’ont grandement inspirée. Ses œuvres font référence aux classiques avec les ibis de Degas, le tournesol de Van Gogh, le cygne de Dali ou encore des clins d’œil à Picasso ou au Douanier Rousseau.

«  Ce sont des œuvres à propos des femmes mais je suis avec mon mari depuis quarante ans et nous avons deux fils. Les personnes les plus fortes dans ma vie étaient des hommes. Les femmes n’étaient pas heureuses  »,  explique l’artiste.

Pour Suzy Birstein, le message est davantage sur l’autonomie qu’un débat sur le sexe. Une unique figure masculine émerge à la fin de son exposition.

«  Je pensais à un couple de jeunes mariés, qui serait placé à la fin de l’histoire. Je pensais à Frida Kahlo et Diego Rivera et même à mon mari et moi : elle est si petite et il est si imposant. Au même moment, j’avais acheté ce superbe livre d’art sur Egon Schiele. J’ai vu un de ses autoportraits avec des paons ressemblant vraiment à mon mari quand il était jeune  », précise-t-elle.

Suzy Birstein | Photo de Suzy Birstein

Suzy Birstein nous fait voyager dans un monde de symboles avec des fragments de miroir renvoyant à la notion de regard (extérieur et intérieur, propice à la réflexion), des «  oiseaux au stade de nidification, explorant leur monde intérieur  » enclins à la procréation et la renaissance ou encore la position des mains dans l’oeuvre d’Egon Schiele, symbole juif de bénédiction.

Les dimensions des oeuvres de Suzy Birstein

La richesse de l’œuvre de Suzy Birstein s’inscrit également au niveau technique. La sculpture et la peinture se nourrissent l’une l’autre. Les collages se retrouvent parfois comme un miroir à l’infini avec une photo de la même œuvre sur la peinture et la sculpture.

«  Maintenant, les deux sont indissociables. J’ai commencé par peindre sur l’argile. J’utilise juste un couteau. Je peins presque avec mes doigts. C’est un peu comme travailler avec des argiles de couleur. C’est comme de l’argile en deux dimensions et ça me correspond. On peut la sculpter  », confie Suzy Birstein.

L’artiste n’hésite pas à repenser des œuvres existantes : «  Mes parents avaient acheté ces peintures mais ce n’était pas vraiment à mon goût. Au lieu de les donner, j’ai gardé le cadre et la toile et j’ai peint par-dessus. J’ai utilisé les formes préexistantes de la peinture initiale pour créer la mienne. »

Elle utilise un mélange d’huile et de cire pour offrir un aspect patiné de ses sculptures, leur donnant une dimension mythique et rappelant les ruines et les musées mexicains, européens ou même du Sud-Est asiatique qu’elle a visités.

«  J’ai beaucoup voyagé et je suis allée dans de nombreux musées et monuments. Tout ça a nourri mon âme  », confesse Suzy Birstein.

L’exposition est à découvrir en personne et sur rendez-vous au Centre communautaire juif jusqu’au 27 juin.

Découvrir l’exposition : www.jccgv.com/art-and-culture/gallery

En savoir plus sur Suzy Birstein : www.suzybirstein.com

Leave a Reply