Dans la tradition des esprits protecteurs

Des lignes gravées dans le bois, inspirées par la nature et des légendes et histoires Haisla pour raconter des histoires actuelles de dépendance, de traumatisme, mais aussi de rétablissement, de guérison et de reconnaissance. Les œuvres de l’artiste plasticien Alexander Erickson Sr. sont autant d’hommages à la résilience et aux traditions artistiques de la côte nord-ouest.

L’artiste plasticien Alexander Erickson Sr. | Photo d’Alexander Erickson

L’artiste, de culture Dakehl et Haisla, partagera sa passion et son parcours lors d’une conférence ouverte au grand public organisée par la Surrey Art Gallery Association (SAGA), le jeudi 13 janvier de 19 h 30 à 21 h à la Surrey Art Gallery.

Inspiration

Les lignes creusant le bois de cèdre naissent de la spontanéité de l’artiste au gré de ses rencontres et de son inspiration. « Soit je tombe dessus par hasard, comme un écureuil qui croise mon chemin. Parfois, je l’entends dans le cri d’un oiseau. D’autres fois, et plus récemment, c’est en regardant des pièces ancestrales », raconte Alexander Erickson Sr. L’artiste joue également avec les matériaux, utilisant le cèdre rouge ou jaune plus traditionnellement utilisé dans les oeuvres d’art de la côte nord-ouest, mais aussi des matériaux plus modernes comme le canevas pour exprimer son art.

Ayant commencé comme auto-didacte, avant de rejoindre la Freda Diesing School of North-west Coast Art, l’artiste s’est armé d’un sens aigu de l’observation et de beaucoup de patience pour plonger dans ses recherches et apprendre. À ses débuts, il a dû se familiariser avec certaines techniques et apprivoiser de nouveaux matériaux en tâtonnant.

Une adaptation des traditions et techniques traditionnelles Haisla par Alexander Erickson Sr. | Photo d’Alexander Erickson

« L’un des obstacles auxquels j’ai fait face était de ne pas savoir comment rechercher des pièces anciennes et ce qu’il fallait chercher. Je n’avais pas été formé pour voir les pièces et les histoires qu’elles contenaient », déplore Alexander Erickson Sr. La formation offerte par la Freda Diesing School of Northwest Coast Art lui a permis d’avoir une vision plus claire des histoires racontées par les œuvres d’art traditionnelles de la côte nord-ouest, mais aussi un sentiment de communauté, parmi d’autres artistes prometteurs et passionnés.

À la recherche du soi intérieur

Pour déployer son art, Alexander Erickson Sr. est parti à la recherche de son moi intérieur, et en se lançant dans une formation pour parfaire ses techniques, s’est ouvert un chemin d’acceptation et de compréhension de soi. « Les histoires des Haisla m’ont aidé à découvrir une partie de moi-même que je n’ai pu m’expliquer pendant longtemps. D’où provenaient mes traits artistiques ? Les pièces ancestrales sur lesquelles j’ai effectué mes recherches, ainsi que d’autres artistes Haisla m’ont aidé à ressentir une sorte d’appartenance », explique l’artiste.

Et les animaux et motifs issus des traditions Haisla qui voient le jour sous les mains de l’artiste partagent des histoires de luttes, de guérison, de délivrance, pour raconter et honorer les légendes et traditions de la côte nord-ouest mais aussi les histoires contemporaines et quotidiennes de luttes et de délivrances de traumatismes ainsi que de soutien et d’acceptation. Comme dans l’oeuvre Weegit discovers the Spirit of Addiction (Weegit découvre l’esprit de la dépendance) où l’artiste utilise le corbeau. Weegit raconte des histoires traditionnelles autochtones de la côte nord-ouest pour sensibiliser le public aux problèmes de dépendance.

« Le premier panneau montre le menton/la barbe de Weegit, qui se lève pour combattre l’esprit. Le côté gauche montre à quel point cet esprit peut devenir effrayant. Le côté arrière montre le désespoir que l’on peut rencontrer en vivant dans sa dépendance. Enfin, à droite, vous pouvez voir un esprit protecteur qui aide Weegit dans sa bataille », explique Alexander Erickson Sr., avant d’ajouter : « Cela montre que d’autres personnes doivent être à nos côtés pour nous aider à nous rétablir de notre dépendance. »

Weegit, corbeau filou, héros de nombreuses histoires traditionnelles, puise dans ce nouveau récit toutes ses forces du soutien qu’il obtient pour vaincre la dépendance, comme pour rappeler qu’il faut souvent toute une communauté pour aider à vaincre ses démons.

En adaptant les traditions et techniques traditionnelles Haisla, Alexander Erickson Sr. souligne l’intemporalité de ces histoires et comment ces traditions peuvent aider à guérir de ses blessures et à se délivrer de ses maux en rappelant qu’il est toujours sage de demander de l’aide.

Pour plus d’informations sur la conférence d’Alexander Erickson Sr., rendez-vous sur www.surrey.ca/news-events/events/thursday-artist-talk-alexander-erickson-stories-through-formline

Retrouvez les oeuvres et l’actualité de l’artiste sur www.alexandererickson.ca

Ou sur instagram @tsibalyan.

Leave a Reply