le Dimanche 31 août 2025
le Jeudi 31 juillet 2025 9:23 | mis à jour le 5 août 2025 15:56 Initiative de Journalisme Local

Des jeunes de la C.-B. cherchent à briser les barrières linguistiques en matière de santé mentale

L’organisme Fluent in Minds favorise l’accès à l’information sur la santé mentale dans plusieurs langues | crédit : Fluent in Minds
L’organisme Fluent in Minds favorise l’accès à l’information sur la santé mentale dans plusieurs langues | crédit : Fluent in Minds
Des jeunes de la C.-B. cherchent à briser les barrières linguistiques en matière de santé mentale
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L’organisme sans but lucratif Fluent in Minds, porté par des jeunes à Vancouver, offre un accès à de l’information en santé mentale en traduisant des ressources clés dans quatre langues : le français, le mandarin, le cantonais et le pendjabi.

Marie-Paule Berthiaume – IJL – Réseau.Presse – Journal La Source

Sissi Zhao, une élève de onzième année passionnée par les langues, a fondé l’organisme en 2024. Fluent in Minds s’appuie sur la traduction pour surmonter les obstacles linguistiques en santé mentale, permettant ainsi aux gens d’accéder plus facilement à de l’information, jusque-là seulement disponible en anglais, dans leur langue maternelle.

La directrice générale s’est inspirée de son expérience personnelle en compagnie de sa famille immigrante pour naviguer dans le système de santé mentale. «  J’ai été hospitalisée pour un trouble alimentaire. Comme il n’y avait pas de documents en mandarin, j’ai tout traduit moi-même pour mes parents, ce qui leur a permis de mieux m’accompagner pendant cette épreuve.  »

Cette expérience lui a ouvert les yeux : « J’ai rapidement constaté que d’autres familles à Vancouver vivaient exactement la même chose. »

En français, s’il vous plaît

Sissi Zhao, fondatrice et directrice générale de Fluent in Minds | courtoisie

L’organisation Fluent in Minds a déjà adapté plusieurs ressources en français. « J’étudie le français et je suis ambassadrice pour Le français pour l’avenir. C’est d’ailleurs dans ce cadre que j’ai lancé le projet, avec l’aide de mon professeur de français », raconte Sissi Zhao.

L’organisme sans but lucratif, Le français pour l’avenir, offre des programmes qui « rassemblent les jeunes de 12 à 18 ans à travers le Canada au moyen d’événements et d’expériences qui renforcent la confiance en soi, le leadership et la passion pour le français et les cultures francophones ».

La fondatrice de Fluent in Minds indique que des bénévoles, en provenance du Conseil jeunesse francophone de la Colombie-Britannique et de l’organisation Le français pour l’avenir, contribuent à la traduction de documents en français. « Nos bénévoles traduisent de l’information en santé mentale provenant d’institutions et de professionnelles crédibles. » 

Pour Sissi Zhao, l’objectif est double. Elle veut d’abord améliorer l’accès aux services de santé mentale. Elle souhaite également réduire les barrières linguistiques et la stigmatisation entourant la recherche d’aide professionnelle en C.-B., lorsque cette démarche s’effectue dans une autre langue que l’anglais.

« Nous souhaitons encourager un dialogue autour de la santé mentale au sein des communautés linguistiques minoritaires. Nous sommes d’avis qu’il est plus facile de repérer les signaux d’alarme, de s’informer et de chercher du soutien lorsque l’information est présentée dans notre langue maternelle », indique-t-elle.

Quand les mots apaisent les maux

En C.-B., la majorité du soutien en santé mentale offert aux personnes francophones repose sur l’initiative des thérapeutes. À Vancouver, Lola Rozan mène 60 % de ses consultations en anglais et 40 % en français. La psychothérapeute, aujourd’hui à son compte, est passée par la Alpine Counselling Clinic, un établissement qui recevait « une quantité considérable de demandes de francophones désirant être accompagnés dans leur langue maternelle ».

Lola Rozan, psychothérapeute de Vancouver | courtoisie

Selon la psychothérapeute, le manque d’accès à de l’information sur la santé mentale découle principalement du fait qu’elle n’est pas très visible ni facilement disponible. «  Souvent, les gens ne savent même pas comment s’y prendre pour consulter un psychothérapeute, il en est de même pour les anglophones. Une fois que nous savons où chercher, nous pouvons trouver des ressources en français. Il suffit d’avoir la volonté de s’engager dans cette démarche. »

Lola Rozan considère Fluent in Minds comme une ressource de traduction prometteuse, bien qu’elle n’ait encore jamais reçu de demande explicite par ses patients pour de la documentation traduite en français.

« Les francophones qui décident de s’établir en C.-B. maîtrisent habituellement bien l’anglais, particulièrement à l’écrit. Le besoin de communiquer en français se fait surtout sentir à l’oral. Quand on peut s’exprimer dans sa langue maternelle, c’est tout de suite plus fluide. C’est la langue des émotions… du réconfort. »

Sissi Zhao lance un appel aux traducteurs vers l’hindi, le persan, l’espagnol, le russe, le vietnamien, le japonais, le marathi, le portugais et l’ourdou, alors que Fluent in Minds cherche à élargir son offre en matière d’accès à l’information en santé mentale.

Pour en savoir plus : www.fluentinminds.org et www.lolarozan.com