le Mardi 9 juin 2026
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le Mardi 9 juin 2026 0:06 Chronique

Le mondial 2026

Le musée Science World à l’heure du Mondial 2026. | Photo de Brent Thornton
Le musée Science World à l’heure du Mondial 2026. | Photo de Brent Thornton
Le mondial 2026
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Impossible de faire autrement. Que je le veuille ou non, je n’y échapperai pas. Puisque que nous sommes grandement impliqués, il est de mon devoir de parler du championnat du monde de football 2026 de la FIFA (Fédération Internationale de Football Association) organisé conjointement par le Mexique, les États-Unis et le Canada. Treize matchs seront disputés au Canada : sept à Vancouver, six à Toronto.

Doit-on se réjouir de la tenue de cet événement sportif ? Avait-on intérêt à en devenir les hôtes ? Qu’a-t-on à gagner d’une pareille extravagance ? Assistons-nous à une épreuve sportive ou à un ignoble arrangement mercantile ? Jusqu’à quel point fraude et corruption, les mamelles de la Fédération, jouent-elles un rôle dans ce championnat ? Peut-on se fier à ce que nous dit la FIFA (moi, je m’en méfie) ? Autant de questions que je me suis posées et que je me pose encore alors que les festivités ne font que commencer (que de ques qui font la queue).

Pas question de mentionner ce superévénement mondial sans parler de son coût. La dépense totale des différents paliers de gouvernement dépasserait le milliard de dollars. La note pour la Colombie-Britannique pourrait se chiffrer aux alentours de 700 millions de $. De quoi vous faire rêver ou, dans mon cas, de vous exaspérer. Chaque match au Canada va coûter au moins 82 millions de $. La FIFA tient à nous rassurer : les retombées économiques pour le pays seraient de l’ordre de 3, 8 milliards de dollars. Je n’en crois pas un mot. La Fédération cherche-t-elle à nous fourrer, pour parler poliment, ou se fourre-t-elle le doigt dans l’œil ? La FIFA et son président, Gianni Infantino, ne m’inspirent guère confiance. Ils ont le don de tout emberlificoter lorsque cela les arrange et prennent trop souvent des décisions qui me laissent perplexe. Le coup du Prix de la paix de la FIFA décerné à Donald Trump m’avait déjà mis la puce à l’oreille. Depuis, ma crédulité à leur égard se gratte de partout. Nous prennent-ils, nous les enfants du bon Dieu, pour des bernaches sauvages du Canada ? À défaut de dindons, sommes-nous les pigeons de la farce ?

Durant ce mois de juin extrêmement agité et d’une effervescence incommensurable en raison de ce mondial 2026 qui ne convient pas à tout le monde, je sens l’urgent besoin de ne pas trop m’égarer dans cette tourmente sportive fort médiatisée. Depuis l’annonce de ce championnat du monde de football, je passe mon temps à tempêter contre cette association de foot dont le mandat, il me semble, consiste à devoir gâcher une grande partie de mon été. Moi qui pensais passer cinq semaines tranquilles à ne rien faire sinon flâner tranquillement dans les rues et le long du bord de mer de Vancouver, me voilà servi. Circulation bloquée, rues barrées, embouteillages monstrueux, service d’ordre antipathique, prix exorbitants pour toutes formes de loisirs et plaisirs élémentaires, débordement d’allégresse de supporteurs insupportables et que sais-je encore…

Mais, surtout, je l’avoue, je pourrais en avoir honte (ce qui n’est pas le cas), cette compétition va m’obliger à passer des heures entières vautré sur mon divan devant mes deux écrans de télévision. Oui, deux car je ne veux rien manquer. J’ai beau râler et me plaindre, j’admets toutefois que rien au monde ne peut me priver de regarder et d’admirer le jeu de mes idoles du foot : Messi, Ronaldo, M’bappé, Alphonso Davies, notre étoile canadienne, pour ne nommer que ceux-là. J’apprécie l’épreuve mais réprouve ses excès monétaires et les inconvénients qu’elle me cause. En fait j’aurais aimé que ce mondial 2026 se passe ailleurs et non chez nous. Voilà, c’est dit. Je l’admets, mon égoïsme, teinté d’hypocrisie, m’oblige à prendre une position honteuse, injuste et désolante.

Oui, comme je le laissais sous-entendre, j’en veux particulièrement à la FIFA d’organiser cette compétition non seulement parce qu’elle gâche en grande partie certains de mes plaisirs mais, surtout, parce qu’elle me force à devenir sédentaire. Impossible de faire quoi que ce soit. Je suis coincé à la maison où je vais faire l’inlassable navette entre le réfrigérateur et le salon et vice-versa. Voilà l’ampleur qu’aura mon exercice quotidien. Je le sais, je vais prendre du poids alors que les kilos vont s’amonceler au fil des matchs inscrits au programme. La compétition terminée, je vais payer cher cette orgie télévisuelle : je serai dans l’obligation de m’imposer un régime sévère qui va sans doute me déplaire.

Pendant les deux prochaines semaines, avant l’arrivée de la véritable compétition, je m’attends à regarder des matchs insignifiants, démunis de tout intérêt. Face à ce navrant spectacle, je veux émettre un vœu : que la FIFA, dorénavant, me foot la paix.

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