La Fondation des francophones de la Colombie-Britannique soutient la relève francophone avec cinq bourses de 3 000 $ destinées à des étudiants poursuivant des études postsecondaires en français. L’appel à candidatures est ouvert jusqu’au 18 mai.
Louisa Sage – Initiative de journalisme local – Journal La Source
« Quand on vit dans un milieu minoritaire, il est essentiel de bâtir une francophonie stable et épanouie », explique Vanessa Groult, directrice générale de la Fondation. « Cela passe par l’accès à une éducation postsecondaire en français. »
Un soutien nécessaire
Selon Vanessa Groult, cette initiative, qui a démarré il y a maintenant cinq ans, répond à une réalité tangible en Colombie-Britannique (C.-B.), où le manque de visibilité et l’offre limitée de programmes demeurent un obstacle. « Au fil des années, plusieurs nouveaux programmes ont vu le jour à l’Université Simon Fraser (SFU), à l’Université de la Colombie-Britannique (UBC), à l’Université de Victoria (UVic) et au Collège Éducacentre mais il en manque encore. Par exemple, il n’existe pas de formation en droit offerte en français dans la province. »
De gauche à droite : Vanessa Groult, directrice de la Fondation, Romy Drapeau, ancienne lauréate, Denise Branter, présidente du comité consultatif en éducation de la Fondation, et Monika Arcadi, ancienne lauréate | Fondation des francophones de la Colombie-Britannique
La possibilité d’utiliser cette bourse pour financer des études à l’extérieur de la C.-B. vise notamment à pallier ces limites, indique la directrice.
L’admissibilité des élèves issus de l’immersion française et du Conseil scolaire francophone reflète également la volonté de représenter une gamme plus vaste de la francophonie britanno-colombienne. « Tous les élèves font partie de la grande famille de la francophonie, et ensemble, nous sommes plus forts », souligne-t-elle.
« Étudier en français, c’est accéder à des occasions singulières, à des carrières variées et à une communauté qui vous soutient », déclare Vanessa Groult. Elle observe des retombées concrètes chez les lauréats, tant sur le plan académique que personnel et communautaire, citant notamment les parcours de Monika Arcadi et de Justin Salinas, qui sont une preuve de la diversité des profils soutenus par le programme.
Des expériences marquantes
Originaire de New Westminster, Monika Arcadi a suivi un programme en immersion française avant d’entreprendre des études en français et en études environnementales à UVic, où elle achève actuellement une thèse portant sur le théâtre écoféministe. Elle énumère les possibilités que lui offre son parcours universitaire. « J’ai l’occasion d’étudier le théâtre, la littérature, la culture, la linguistique, la politique et la musique. »
Monika Arcadi, ancienne lauréate, fait partie de l’équipe d’athlétisme de l’Université de Victoria, dont elle est la capitaine depuis l’an dernier | courtoisie
Parmi ses expériences marquantes figurent notamment sa participation à un projet radiophonique pour le Mois de l’histoire des Noirs à Radio Victoria, ainsi qu’un séjour d’études en France qui lui a permis de s’immerger dans la langue et la culture francophones.
Grâce à cette bourse, elle a pu consacrer davantage de temps à ses études ainsi qu’à son engagement au sein du Conseil jeunesse francophone de la C.-B. « Bénéficier d’une bourse comme celle-ci rappelle aux étudiants que leur travail est important et reconnu », indique-t-elle.
Elle envisage de poursuivre ses études dans le cadre d’un programme conjoint de droit entre UVic et l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.
« Étudier le français à l’Université de Victoria a été la meilleure décision de ma vie », confie-t-elle. « Le fait d’étudier dans un département pas trop grand m’a permis de tisser des liens étroits avec mes professeurs et mentors, tout en m’ouvrant de nombreuses portes dans le domaine de la recherche. »
Quant à Justin Salinas, issu d’une famille d’origine philippine, il a étudié en français et en études francophones à UVic. Il poursuit à présent une formation en enseignement d’immersion française au secondaire à UBC.
« Je savais depuis dès mon très jeune âge que je voulais que le français fasse partie de mon identité et de mon parcours scolaire. Étudier dans une autre langue est une façon de voir autrement le monde », explique-t-il.
Vers une francophonie plurielle
Quand il a obtenu la bourse, Justin Salinas était président de son association étudiante. « Je suis devenu plus militant en faveur d’une francophonie canadienne plus ouverte à toutes les origines. Recevoir cette bourse m’a confirmé que les efforts pour bâtir une communauté francophone restent pertinents et importants dans notre contexte culturel » fait-il savoir.
Justin Salinas, ancien lauréat, a été le champion de la levée de fonds de fin d’année 2025 de la Fondation | courtoisie
Ayant grandi dans une famille monoparentale et immigrante, il souligne que la bourse lui a permis de poursuivre ses études en troisième et quatrième année sans difficulté financière.
Il raconte que le français lui a offert de nombreuses expériences mémorables, notamment en tant que guide à la Colline du Parlement, à Ottawa, et animateur d’un camp de francisation, à Québec. « Le français a complètement changé ma vie et fait maintenant partie de ma raison d’être », confie-t-il.
Il a récemment terminé son stage d’enseignement en immersion française à Richmond, sa ville natale, et il aimerait poursuivre sa carrière dans les environs. « Je voudrais continuer à contribuer à la promotion du français dans ma cité et à inspirer les jeunes issus de milieux qui sont similaires en leur montrant qu’ils ont leur place dans l’histoire francophone du Canada. »
Pour en savoir plus : fondationfrancocb.ca/octroi-de-dons-bourses-pour-etudiants/
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