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le Mardi 18 août 2026 1:03 Chronique

De retour

Le pont international Gordie-Howe. | Photo par James Marvin Phelps, CC BY-ND 4.0
Le pont international Gordie-Howe. | Photo par James Marvin Phelps, CC BY-ND 4.0
De retour
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Toutes les bonnes choses, un jour ou l’autre, ont une fin. Heureusement qu’il en soit ainsi, je prétends, si votre occupation première (écrire une chronique par exemple) vous tient à cœur et que l’envie de vous remettre à l’œuvre vous réjouit d’avance (quel flagorneur ce castor). Nous voilà donc de retour suite à six semaines d’un congé estival fort occupé par l’actualité.

Première constatation : l’été est toujours là. On ne sait jamais, il aurait pu prendre la poudre d’escampette ou tout simplement faire comme nous, à savoir :
partir en vacances. Mais non, il tient à demeurer dans les parages quelques semaines encore. À croire que notre compagnie ne lui déplait pas trop. Sa présence malheureusement s’accompagne, depuis une bonne décennie déjà, de violents et dévastateurs feux de forêt difficilement maîtrisables comme c’est le cas cette année. Ce danger n’est pas près de disparaître. Dorénavant il fait partie du lot de la période estivale. Et dire qu’il existe encore des gens qui nient les changements climatiques. Qu’est-ce qu’il faut faire pour leur remettre les yeux en face des trous ?
Ce manque de lucidité me chiffonne, j’ose me dire, ravi d’utiliser un mot du vocabulaire qui, jusqu’à présent, m’avait fui.

Deuxième constatation : nous sommes toujours dans la mouise. Trump continue de faire des siennes. Je ne m’avance pas trop en prétendant que sa condition empire. Ses facultés cognitives en ont pris un sacré coup. Son discours au cours du dîner des correspondants de la Maison Blanche en fut la preuve. Ses boniments, remarquables par la salve d’insultes distribuées à gauche et à droite (en fait plutôt au centre et à gauche) ainsi que son propos incohérent, confus, sans queue ni tête, témoignent du déclin de sa santé mentale. Les visages de stupéfaction des journalistes présents en disaient long. L’ignominie du personnage a, temporairement car il n’est pas encore arrivé à la fin de son mandat, atteint son paroxysme.

Autres constatations présentées pêle-mêle.

Révolte au sein de la FIFA. Plus personne ne s’y fie. Ça suffit, se sont dit les différentes fédérations qui en font partie. Gianni Infantino, le président de cette association suprême du football (soccer pour les non-initiés), une fois de plus, s’est tiré une balle (de foot) dans le pied. Il a voulu, l’air de rien, nous faire avaler une couleuvre fort peu digestible. Notre Carney lui-même a cru bon d’ajouter son grain de sel à cette affaire. C’est vous dire.

Cet épisode n’a fait que mettre en lumière, cela n’étonnera personne, le rapport toxique sinon mafieux qui existe entre le sport et la politique. Sans entrer dans les détails, il est bon de savoir qu’immédiatement après la finale du championnat remportée par l’Espagne, Infantino dont la complicité avec Trump ne fait plus aucun doute, a proposé, sans consulter les principaux intéressés (c.a.d. les différentes fédérations) de vendre les droits de la coupe du monde à des investisseurs privés dont feraient partie certains membres de la famille Trump. Plus culoté tu meurs. On réclame de la transparence, nous voilà servis. Les malfrats de nos jours ne portent même plus de masque. Ils s’affichent au grand jour comme si de rien n’était. Quelle époque !

L’histoire de l’inauguration du pont international Gordie-Howe qui relie Windsor (Ontario) à Détroit (Michigan) construit au coût de 6,4 milliards de dollars canadiens, mérite notre attention. Aucun membre de la Maison Blanche n’a cru bon de se déplacer pour venir couper le ruban ouvrant la circulation entre les deux villes frontalières. L’animosité entre nos deux nations, principalement celle démontrée par nos voisins du Sud à notre égard, ne m’a jamais apparu, ce jour-là, aussi évidente. Ce n’est pas un pont qui fut inauguré mais un barrage, entre nos deux nations, quasi impossible à démanteler tant que Trump demeurera au pouvoir. Quant à Mark Carney, notre premier ministre, il va sans dire que ses clarifications sur l’entente des partages des revenus du pont furent loin d’être convaincantes. Bien au contraire. À défaut de couleuvre y aurait-il anguille sous roche ?

Quand Bibi et Trumpipo s’en vont en guerre contre l’Iran, ils finissent par nous faire oublier qu’en Ukraine les bombardements russes font aussi de nombreuses innocentes victimes. Même en été, les guerres ne prennent pas de congés. Afin de mettre fin aux guerres, serons-nous un jour capables de faire la guerre à la guerre et d’en sortir victorieux ? Je n’y crois guère.

La fracture entre régimes de gauche et ceux de droite au sein de l’Union Européenne a été mise en lumière lorsqu’une vague migratoire de 60 000 personnes ont envahi Ceuta, l’enclave espagnole sur la côte nord du Maroc en Afrique du Nord. Dans l’espace Schengen, en matière d’immigration, l’humanisme et la solidarité ne font pas l’unanimité. Loin de là.

Au diable les vacances. Vive la rentrée.

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