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le Mercredi 30 septembre 2026 14:29 | mis à jour le 30 septembre 2026 21:15 Initiative de Journalisme Local

Maillardville, 117 ans après : comment ce quartier à l’origine francophone fait-il vivre son héritage ?

Des membres de la communauté francophone réunis à Coquitlam pour célébrer le 117e anniversaire de Maillardville | Nizar Rebii
Des membres de la communauté francophone réunis à Coquitlam pour célébrer le 117e anniversaire de Maillardville | Nizar Rebii

Les souvenirs se sont mêlés aux retrouvailles le 27 septembre dernier à Coquitlam, où plusieurs générations ont célébré les 117 ans de Maillardville. Plus d’un siècle après son fondement autour des moulins de Fraser Mills, le quartier continue de faire vivre une histoire marquée par l’arrivée de travailleurs canadiens-français et par la transmission de leur langue et de leur culture.

Maillardville, 117 ans après : comment ce quartier à l’origine francophone fait-il vivre son héritage ?
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Nizar Rebii – Initiative de journalisme local – Journal La Source

En ce dernier dimanche de septembre, plusieurs générations se sont réunies à l’église Notre-Dame-de-Lourdes pour célébrer le 117e anniversaire de Maillardville. La célébration organisée par la Société francophone de Maillardville (SFM) a permis de revenir sur l’histoire du quartier, mais aussi de mesurer les transformations qu’a connues sa communauté francophone au fil des décennies.

Pour Léon Lebrun, né en 1939, cette histoire est avant tout personnelle. Ses parents ont déménagé à Maillardville en 1941, après avoir quitté le nord de Prince Albert, en Saskatchewan, pour venir travailler dans une scierie.

Léon Lebrun: ancien résident de Maillardville et cofondateur du Festival du Bois | Nizar Rebii

Des souvenirs d’un quartier francophone

Léon Lebrun garde de nombreuses images de son enfance dans le quartier. À l’occasion du 117e anniversaire, il a notamment fait le tour du carré Laval afin de retrouver certains lieux associés à ses souvenirs. « Quand j’étais petit, c’était totalement francophone ici », raconte-t-il. Il se souvient d’une époque où il pouvait nommer toutes les familles et tous ses voisins.

Cette présence francophone était alors particulièrement visible dans la vie quotidienne du quartier. Les familles partageaient la même langue et un environnement culturel commun, alors que les activités sociales et religieuses contribuaient également à maintenir des liens entre les habitants.

Mais le Maillardville de son enfance a progressivement changé. La concentration des familles francophones dans le quartier a diminué au fil des décennies, à mesure que les nouvelles générations ont construit leur vie ailleurs. « Au fil du temps, quand on grandit, on part vivre ailleurs pour étudier et trouver du travail. On s’est dispersé », explique-t-il.

Ce départ progressif a transformé le visage francophone du quartier. Là où une grande partie des habitants partageaient autrefois la même langue, le français est aujourd’hui porté par quelques familles qui y vivent encore.

Une langue qui continue de se transmettre

Pour autant, Léon Lebrun ne considère pas que cette dispersion a fait disparaître l’identité francophone. La langue et la culture ont continué à être transmises au sein des familles, même lorsque celles-ci se sont installées ailleurs.

Ancien enseignant de français et de mathématiques, puis directeur d’une école d’immersion française à Coquitlam, il a lui-même veillé à maintenir cette transmission auprès de ses enfants. Ceux-ci ont suivi un programme d’immersion et le français continuait d’être parlé à la maison.

L’identité francophone de Maillardville est ainsi devenue moins visible dans le quartier tout en continuant à exister au-delà de ses limites. Les noms des rues, quelques familles qui y sont restées et les souvenirs des anciennes générations constituent encore des traces de cette histoire.

Léon Lebrun, qui a également participé à la création du Festival du Bois, continue de suivre les activités organisées à Maillardville. Même s’il n’y habite plus depuis longtemps, il dit ne manquer aucune occasion de revenir et de prendre part aux événements de la communauté.

Geneviève Kyle-Lefebvre: directrice générale de la Société francophone de Maillardville | Courtoisie

Faire vivre l’héritage aujourd’hui

Cette volonté de maintenir un lien avec l’histoire de Maillardville se retrouve également dans le travail de la Société francophone de Maillardville. Pour Geneviève Kyle-Lefebvre, directrice générale de la SFM et directrice artistique du Festival du Bois, Maillardville représente « le cœur de la francophonie » de la Colombie-Britannique.

La célébration du 117e anniversaire s’est notamment tenue à l’église Notre-Dame-de-Lourdes, un lieu associé à l’histoire du quartier. Selon Geneviève Kyle-Lefebvre, la paroisse constituait autrefois le cœur de Maillardville et la ville s’est développée autour d’elle.

Aujourd’hui, la SFM cherche à faire vivre cette histoire grâce à différentes activités. Les scouts, les cours de français et les événements culturels permettent de réunir des membres de la communauté et de créer des occasions de pratiquer la langue. L’organisme cherche également à ouvrir ses activités à un public plus large. « On essaie d’accueillir tout le monde, même les non-francophones », souligne Geneviève Kyle-Lefebvre.

L’église Notre-Dame-de-Lourdes, un lieu emblématique de l’histoire de Maillardville | Nizar Rebii

Pour elle, célébrer Maillardville ne consiste donc pas uniquement à regarder vers le passé. Ces rassemblements permettent aussi de transmettre une langue, une culture et une histoire à de nouvelles générations, tout en rappelant que la francophonie fait partie intégrante de l’histoire de la Colombie-Britannique.

Entre les souvenirs de ceux qui ont connu un quartier largement francophone et les initiatives qui cherchent aujourd’hui à maintenir ce lien, Maillardville raconte ainsi une histoire faite de continuité, mais aussi de transformation.

Cent dix-sept ans après l’arrivée des premiers travailleurs canadiens-français, l’identité francophone n’occupe plus la même place dans le paysage du quartier. Elle continue toutefois de se manifester dans les familles, les institutions, les noms de lieux et les événements qui réunissent les générations autour de cette histoire.

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