Nizar Rebii – Initiative de journalisme local – Journal La Source
L’ouverture du lycée marque une nouvelle étape pour l’établissement de Vancouver. Elle permettra aux élèves de poursuivre leur scolarité dans le système français jusqu’à la fin du secondaire, sans devoir quitter la Colombie-Britannique.
Pour Cécile Dione, directrice et Head of School de Cousteau, cette possibilité répond aux attentes de familles qui souhaitent offrir à leurs enfants un parcours combinant les systèmes français et canadien. « C’est un grand soulagement pour les parents de savoir qu’ils pourront scolariser leurs enfants jusqu’à la terminale dans notre établissement », explique-t-elle.
Cécile Dione: directrice et Head of School de l’École française internationale de Vancouver | Courtoisie
Un parcours qui se poursuit en Colombie-Britannique
Jusqu’à maintenant, les élèves souhaitant poursuivre le cursus français après la 3e devaient envisager d’autres possibilités. Parmi celles-ci, certains pouvaient notamment se tourner vers des établissements situés à l’extérieur de la Colombie-Britannique. « Les seules alternatives étaient dans des établissements très loin de Vancouver, par exemple à Calgary, en Alberta », souligne Cécile Dione.
Pour les familles, cette situation pouvait donc entraîner une réorganisation importante de leur vie. L’ouverture progressive du lycée offre désormais une perspective de continuité aux élèves qui souhaitent rester dans le système français sans avoir à quitter Vancouver.
La décision représente également un soulagement pour certains parents qui, même si leurs enfants sont encore jeunes, devaient déjà réfléchir à la suite de leur parcours scolaire.
C’est notamment le cas de Maud Billon, mère de trois enfants scolarisés à Cousteau. Française, elle a vécu pendant 17 ans à Sydney, en Australie, où ses enfants fréquentaient déjà une école française avant leur arrivée à Vancouver il y a un an.
Dans son cas, le choix d’une école française s’est imposé naturellement. Son époux étant anglophone et la famille vivant dans un environnement majoritairement anglophone, elle souhaite maintenir une place importante pour la langue et la culture françaises dans l’éducation de ses enfants. « L’école est vraiment essentielle pour leur permettre de continuer à vivre en français au quotidien », indique-t-elle.
Au-delà de la continuité scolaire, l’ouverture du lycée répond aussi à une question plus large pour les familles : comment maintenir un lien durable avec la langue et la culture françaises dans un environnement majoritairement anglophone ? Pour Maud Billon, l’école joue un rôle important dans cette transmission, notamment par la lecture, la littérature et les activités culturelles. Le maintien du français ne repose donc pas uniquement sur les cours, mais aussi sur la possibilité pour les élèves de construire, au fil des années, un rapport personnel à cette langue et à cette culture.
Maud Billon: mère de trois élèves de l’École française internationale de Vancouver | Courtoisie
Une continuité qui rassure les familles
Lorsque Maud et son conjoint ont appris que Cousteau ne proposait alors que le parcours jusqu’à la 3e, ils ont commencé à réfléchir à la suite de la scolarité de leurs enfants. « Nous savions que nos enfants étaient encore jeunes, mais nous commencions déjà à nous interroger sur la suite de leur parcours scolaire », raconte-t-elle.
L’annonce de l’ouverture du lycée a donc apporté une visibilité supplémentaire à la famille. Pour la Française, savoir que ses enfants pourront poursuivre leur scolarité française à Vancouver représente « un stress de moins » et une perspective plus rassurante pour les années à venir.
La question dépasse toutefois la seule continuité scolaire. Elle souhaite notamment que ses enfants puissent continuer à lire en français et découvrir la littérature et les arts dans cette langue. Elle voit dans le bilinguisme et la maîtrise du français un atout pour leur avenir.
Recruter des enseignants qualifiés
La mise en place du lycée nécessite également de répondre aux exigences propres aux systèmes éducatifs français et de la Colombie-Britannique, notamment en matière de qualifications des enseignants. « Le défi est d’avoir des enseignants qui ont une double accréditation française et de Colombie-Britannique », explique Cécile Dione. Pour certains postes, l’établissement prévoit notamment de recruter directement des enseignants en France.
Au-delà des classes, l’école souhaite également poursuivre son travail autour de la culture francophone. Théâtre, cinéma, bibliothèque et activités parascolaires font partie des moyens utilisés pour créer des liens avec la langue et la culture françaises.
L’établissement développe ainsi des collaborations avec différentes organisations francophones de la Colombie-Britannique et, à l’occasion, avec des partenaires québécois.
Pour les familles comme celle de Maud Billon, l’enjeu est de maintenir une langue et de permettre aux enfants de poursuivre un parcours scolaire et culturel cohérent. À partir de 2027, cette possibilité pourra se prolonger jusqu’au baccalauréat, directement à Vancouver.
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