le Mardi 14 juillet 2026
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le Mardi 14 juillet 2026 1:35 Chronique

« Alors on danse »

Donald Trump | Photo par Donkey Hotey
Donald Trump | Photo par Donkey Hotey
« Alors on danse »
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Aujourd’hui 14 juillet je vous propose, avant de prendre un long congé amplement mérité, un feu d’artifice des récents événements qui, depuis la dernière parution du journal, ont secoué notre vie quotidienne. M’inspirant de la chanson « Alors on danse » de Stromae je vous invite à faire une virée plutôt sombre (selon les textes du chanteur belge) au sein du monde de l’actualité des deux dernières semaines.

Ukraine et Russie : où la durée de la guerre ne connaît pas de fin. Presque quatre ans et demi de combats et de bombardements. Bilan alarmant : plus de deux millions de victimes militaires russes et ukrainiennes. Au-delà de 16 000 morts parmi la population civile de l’Ukraine. Poutine se tue à vouloir anéantir l’Ukraine alors que Zelensky et son peuple font preuve d’un courage insoupçonné et d’une résistance à toute épreuve. Les deux peuples, de toute évidence, en ont assez. Le mécontentement se fait de plus en plus sentir, semble-t-il, parmi la population russe. Si l’on en croit les réseaux sociaux, un sentiment de révolte lent mais progressif commence à se dessiner. Poutine assurément n’en mène pas large. Il doit penser à protéger ses arrières. Un Brutus peut en cacher un autre au sein de son entourage. Et qu’en pense la crème du Kremlin ? Irritée, au peuple dépité, elle lance cette invitation : « Alors on danse ».

Iran et Trump : où la diplomatie iranienne s’est jouée de la diplomatie américaine. Défaite humiliante à tous les niveaux de l’administration Trump. Les Mollahs et les gardiens de la révolution islamique en Iran l’emportent haut la main sur l’alliance Trump-Netanyahou. La folie de Trump coûte cher. Mais le président, malgré sa cuisante défaite (ne comptez pas sur lui pour l’admettre), ne semble pas être préoccupé outre mesure par cet échec. Il a de quoi se consoler :
sa fortune a fait un bond de 1, 4 milliards de dollars américains depuis son retour à la Maison Blanche. Ce n’est donc pas une défaite contre l’Iran qui va l’empêcher de dormir. De quoi se poser de sérieuses questions sur les lois américaines régissant les problèmes d’éthique et les conflits d’intérêt touchant leur président. Face à cette problématique, je m’adresse à nos voisins du Sud : « Alors on danse ».

Le mondial du foot 2026 : où le Canada a fait bonne figure jusqu’aux seizièmes de finale avant d’être battu par le Maroc. L’équipe canadienne n’a pas du tout démérité. Bien au contraire. La barre toutefois était bien trop haute. Qui sait en 2030 ? On a le droit d’y croire. L’espoir fait vivre. Si la tendance se poursuit, il est possible de voir apparaître une flambée de nouveaux Alphonso Davies ou Stephen Eustaquio envahir les terrains de foot d’un océan à l’autre. Je me demande si, après la défaite contre le Maroc, désireux d’atténuer la grande déception des joueurs qui ont tout donné durant l’épreuve, l’entraîneur canadien, après avoir réuni tous ses joueurs dans le vestiaire afin de les consoler, leur a déclaré d’une voix compatissante : « Alors on danse ».

Idem : où la FIFA, Infantino, Trump et l’arbitre du match France-Paraguay méritent tous un carton rouge; les uns pour corruption outrageuse, voir trafic d’influence scandaleux et l’autre (l’arbitre) pour incompétence manifeste. De quoi se faire dire : « Alors on danse ».

Le 1er juillet 2026 : où le Canada n’était pas à la fête. En raison des conditions atmosphériques déplorables et des risques d’orage, annulation des festivités à Ottawa et Gatineau. De même à Montréal où le défilé annuel a également été annulé pour des raisons de logistique. Je ne pense pas que les séparatistes québécois ont rechigné. À Vancouver, faute de financement, les feux d’artifice ont fait long feu. Ça c’est le bouquet. Où sont passés les mécènes d’antan ? La réputation de la ville, longtemps sujette à de nombreuses railleries (Vancouver, ville pas du tout le fun), va encore en prendre pour son grade. « Alors on danse ».

De l’autre côté de la frontière : où les États-Uniens viennent de célébrer 250 ans d’histoire alors que leur président n’en finit pas de nous faire des histoires : désaccord sur les accords, imposition de tarifs. À juste titre le Canada se rebiffe. L’idée de faire de nous son 51e État me met dans tous mes états. Le célèbre bassin réfléchissant (Reflecting Pool) devant leur Capitole donne à réfléchir. Le projet de rénovation, objet d’un narcissisme présidentiel jamais égalé, démontre jusqu’à quel point le locataire de la Maison Blanche a perdu les pédales. S’il pouvait, dans son bassin rempli d’algues, observer, comme dans un miroir, sa réflexion, elle lui lancerait cette invitation : « Alors on danse ».

Au fait, qu’est-ce qu’on fête ? À bien y penser je ne veux plus danser. Fort bien… « Alors on pleure ? ».

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