La Fête de la culture de la Colombie-Britannique (C.-B.) se déroule cet automne du 18 septembre au 4 octobre prochains. Cette année, l’événement multilingue met l’accent sur les communautés rurales et éloignées et leur participation à la vie culturelle de la province.
Marie-Paule Berthiaume – Initiative de journalisme local – Journal La Source
Le calendrier pour cette nouvelle édition comprend 563 activités, réparties en dix-huit langues. La programmation francophone compte onze activités offertes dans le Grand Vancouver et dans l’Okanagan.
L’art, vecteur de vitalité
Nazanin Shoja, directrice de la programmation de la Fête de la culture en C.-B. | Kristine Cofsky
Nazanin Shoja, directrice de la programmation de la Fête de la culture de la C.-B., indique que son organisme travaille avec des artistes de communautés rurales et excentrées dans le cadre de ses programmes d’ambassadeurs et de mentorat. « Nous avons constaté la demande et l’intérêt pour des activités artistiques dans ces communautés. »
Selon elle, l’art a « un effet positif sur la santé et la vitalité d’une communauté, particulièrement lorsque les ressources sont limitées ».
La culture en milieu rural
Cette année, le secteur rural de Langley est à l’honneur avec l’activité Spirit Dots: A Métis Nature & Dot Art Experience, offerte par Michelle Bucholtz, ambassadrice 2026 de la Fête de la culture en C.-B.
Son événement lui permet de pratiquer son art à même son milieu de vie. « Il n’est pas nécessaire de se déplacer dans les grands centres urbains pour faire l’expérience de la culture. Nous pouvons la pratiquer ou la découvrir dans sa propre cour ou près de chez soi. »
Artiste visuelle et conseillère thérapeutique agréée d’ascendance philippine, européenne et métisse, Michelle Bucholtz propose « une promenade guidée sur les sentiers de la ferme métisse Locality Brewing, suivie d’un atelier de peinture à points inspiré du perlage métis à la brasserie ».
La formule gagnante
Melanie MacInnes, propriétaire de Locality Brewing | Courtoisie
Pour Melanie MacInnes, propriétaire de Locality Brewing, l’accueil de l’activité s’inscrit naturellement dans la vocation de l’entreprise familiale. « En tant que ferme, brasserie et entreprise métisse dirigée par une femme, Locality Brewing souhaite être plus qu’un endroit où l’on vient prendre une bière. Nous voulons créer un espace de rassemblement où les gens peuvent apprendre les uns des autres et entretenir des liens avec leur communauté. »
L’activité proposée par Michelle Bucholtz à Locality Brewing montre que l’art et la culture existent au-delà des lieux culturels traditionnels. « Je pense que les communautés rurales et éloignées nous rappellent que la culture ne vit pas seulement dans les galeries ou les grandes institutions. Elle vit dans les lieux, sur le territoire, dans les histoires et dans la façon dont les communautés se rassemblent. »
Des obstacles bien réels
Si les besoins sont importants, Nazanin Shoja rappelle que les ressources demeurent limitées. « Cette année, le contexte est plus difficile, notamment en raison des feux de forêt et des réductions du financement provincial, dont les artistes et les organismes ressentent les effets. »
Elle ajoute que les petites communautés disposent également de moins d’infrastructures artistiques, tandis que les arts sont souvent sous-financés dans les écoles. « L’organisation d’activités peut aussi être exigeante pour les collectivités qui disposent de moins de ressources, entraînant l’épuisement des employés et des bénévoles. »
L’appui aux artistes
Les artistes font eux aussi face à un choix difficile. « Ils sont souvent confrontés à la décision de déménager dans les grands centres urbains afin de pouvoir maintenir leur pratique et leurs revenus », explique Nazanin Shoja. « Et cette mobilité limite la transmission des savoirs à la prochaine génération. »
Le programme d’ambassadeurs de la Fête de la culture cherche notamment à soutenir les artistes en herbe grâce au mentorat. « Chaque ambassadeur choisit son mentor pour trois mois et propose un projet communautaire dans le cadre de la Fête », soutient-elle.
La création comme point de rencontre
Michelle Bucholtz, ambassadrice 2026 de la Fête de la culture de la C.-B. | Courtoisie
Se considérant elle-même comme une artiste en herbe, Michelle Bucholtz encourage les artistes de tous horizons à participer et à créer des liens.
Elle parle de « creationships », un néologisme qui évoque la rencontre entre la création et les relations. « Je pense que c’est ce que la Fête de la culture cherche à faire cette année : encourager les liens créatifs dans les communautés rurales et hors des grands centres. »
L’activité Spirit Dots: A Métis Nature & Dot Art Experience sera présentée par Michelle Bucholtz le dimanche 27 septembre, dans le cadre de la Fête de la culture.
Pour Melanie MacInnes, l’événement permettra de mettre en valeur la ferme de Locality Brewing autrement, en réunissant art, culture et communauté. « Nous ne sommes pas seulement présents dans la communauté : nous en faisons partie intégrante. »
Pour en savoir plus : www.culturedays.ca/fr et www.localitybrewing.ca
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