le Samedi 19 septembre 2026
Loading membership data...
le Samedi 19 septembre 2026 15:09 Initiative de Journalisme Local

Accès à la justice : une nouvelle clinique pour les communautés noires en Colombie-Britannique

La nouvelle clinique juridique de la CABL vise à faciliter l’accès à la justice pour les communautés noires de Colombie-Britannique | CABL
La nouvelle clinique juridique de la CABL vise à faciliter l’accès à la justice pour les communautés noires de Colombie-Britannique | CABL

Pour les communautés noires de Colombie-Britannique, accéder à la justice peut être compliqué par le coût des procédures, les barrières linguistiques et culturelles ou le sentiment de ne pas être compris. Une nouvelle clinique cherche à faciliter cet accès.

Accès à la justice : une nouvelle clinique pour les communautés noires en Colombie-Britannique
00:00 00:00

Nizar Rebii – Initiative de journalisme local – Journal La Source

Lorsqu’une personne fait face à un problème de logement, d’emploi, d’immigration ou de discrimination, savoir qu’elle possède des droits ne suffit pas toujours. Encore faut-il savoir où chercher de l’aide, comprendre les démarches et pouvoir expliquer sa situation à un professionnel qui la comprend.

Pour Cecilia Barnes, présidente de la section britanno-colombienne de la Canadian Association of Black Lawyers (CABL), deux obstacles ressortent particulièrement : le coût des procédures et la représentation juridique. « Nous connaissons les difficultés que peuvent rencontrer les communautés noires pour comprendre la législation et naviguer dans le système judiciaire », explique-t-elle.

Certaines personnes peuvent avoir de la difficulté à assumer les frais liés à une procédure judiciaire. Mais même lorsqu’elles obtiennent les services d’un avocat, elles peuvent ne pas avoir le sentiment d’être suffisamment comprises ou représentées.

C’est notamment pour répondre à ces difficultés que la CABL a créé la Brown, Romilly, Barnes Legal Clinic, une clinique juridique destinée aux communautés noires de la Colombie-Britannique.

Cecilia Barnes: présidente de la section britanno-colombienne de la Canadian Association of Black Lawyers | Courtoisie

La clinique entend ainsi offrir un premier point de repère aux personnes qui ne savent pas nécessairement vers qui se tourner lorsqu’elles sont confrontées à un problème juridique. L’objectif est aussi de réduire certaines des barrières qui peuvent les éloigner des services existants. 

Pour Kim Hawkins, directrice des subventions aux services juridiques à la Law Foundation of BC, les obstacles à l’accès à la justice ne sont toutefois pas propres aux communautés noires.

« Il y a beaucoup de barrières de langues et de cultures qui empêchent les personnes de se diriger et d’avoir accès aux services d’avocats », explique-t-elle. Elle souligne notamment les difficultés auxquelles peuvent faire face les personnes qui cherchent des services juridiques en français.

Au-delà du dossier juridique

Pour Kim Hawkins, comprendre la situation d’un client nécessite aussi de regarder au-delà du problème juridique présenté. « Les clients n’ont pas seulement des dossiers juridiques, mais ont une histoire personnelle et une culture qu’on doit comprendre », souligne-t-elle.

Cette dimension peut être importante dès la première rencontre, alors que la personne doit expliquer une situation parfois complexe ou sensible. Pouvoir s’exprimer dans sa langue et être accompagnée dans un contexte culturel qui lui est familier peut faciliter les échanges avec le professionnel.

Cette question rejoint celle de la représentation soulevée par Cecilia Barnes : pour certaines personnes, il ne s’agit pas uniquement d’obtenir un service juridique, mais aussi de pouvoir faire confiance à la personne qui les accompagne et de se sentir adéquatement représentées.

Dre June Francis: présidente du conseil d’administration de la Hogan’s Alley Society et de l’Anti-Racism Data Committee de la Colombie-Britannique | Courtoisie

 

Des besoins qui dépassent le droit

Pour la Dre June Francis, présidente de l’Anti-Racism Data Committee de la Colombie-Britannique et présidente du conseil d’administration de la Hogan’s Alley Society, les difficultés d’accès à la justice touchent plusieurs domaines de la vie quotidienne.

Selon elle, les données montrent que les personnes noires n’ont pas toujours un accès adéquat aux moyens de faire valoir leurs droits, notamment dans les domaines du logement, de l’emploi et de la santé. 

Elle souligne également l’importance de recueillir des données permettant de mieux comprendre ces barrières et d’agir sur celles-ci.

Pour Kim Hawkins, la création de nouvelles ressources ne signifie toutefois pas que tous les besoins pourront être couverts.

« Il y a tellement de demandes, il y a tellement de besoins spécifiques dans différents domaines que ce n’est pas sûr qu’elles puissent répondre à ce besoin », explique-t-elle.

L’enjeu dépasse ainsi la création d’une nouvelle clinique. Il s’agit aussi de rendre les services juridiques compréhensibles, accessibles et adaptés aux réalités des personnes qui les utilisent.

Pour les communautés noires de Colombie-Britannique, cette nouvelle ressource cherche à ouvrir une porte vers le droit. Reste à voir dans quelle mesure elle pourra répondre à l’ampleur et à la variété des besoins juridiques sur le terrain.

Les commentaires s'afficheront une fois que vous aurez atteint la fin de l'article.