Oui, en effet, et alors ? Où en sommes-nous ? À l’heure où j’écris cette chronique je ne suis malheureusement pas en possession des résultats des élections provinciales. Par contre je suis très au courant du dénouement des élections municipales tenues récemment en Colombie-Britannique. J’ai aussi pris connaissance des élections provinciales au Québec sans oublier l’épilogue du référendum en Alberta. Témoin haut placé, au poulailler pour être précis, dans l’enceinte du théâtre de la politique canadienne, je me réserve le droit de faire quelques commentaires inappropriés sur le résultat de ces récents points d’actualité.
Entrons donc immédiatement dans le vif du sujet sans pour autant me salir les mains. Le spectre du séparatisme avec l’élection du Parti Québécois vient de refaire surface. De nouveau, il montre le bout de son nez après tant d’année passées au purgatoire. Le phénix renaît de ses cendres. Quatre ans de cela on croyait le Parti moribond. Quatre sièges seulement. À peine de quoi s’asseoir si on a les fesses un tant soit peu larges. Mais, depuis, le P.Q. avec un nouveau chef à sa tête, Paul St-Pierre Plamondon, s’est refait une santé. Petit à petit, lentement mais sûrement, le Parti indépendantiste a repris du poil de la bête. Les bévues et maladresses de la CAQ (Coalition avenir Québec) jusqu’alors au pouvoir ont aussi beaucoup contribué à ce renouveau. Il n’est donc pas faux de dire que, suite à cette élection, la CAQ a pris une claque. Un couac retentissant. Rayée de la carte, la CAQ est morte. Coucou la CAQ, où es-tu, je ne te vois plus ?
Vu de chez nous, c.à.d. de la Colombie-Britannique, très pro-fédéraliste, ce revirement de situation ne semble pas provoquer un tsunami de panique ou la moindre inquiétude. On ne craint pas Plamondon comme on craignait René Levesque ou Jacques Parizeau. On se dit, à tort ou à raison, histoire de se rassurer, les Québécois ont voté pour un changement de régime et non pour la séparation. Dans deux ans, lorsque Trump aura pour de bon tiré sa révérence (un vœu pieux), nous verrons bien si Plamondon a l’intention, comme il l’a laissé entendre, de tenir un référendum sur la possible indépendance du Québec. Dans l’immédiat, donc, pas de quoi s’inquiéter si vous êtes fédéraliste. Vous pouvez dormir tranquillement sur une de vos deux oreilles. L’autre par souci de prudence restant éveillée. On ne sait jamais; l’avenir peut réserver quelques insomnies. (P.S. : le boycott de l’institution monarchique lors de la cérémonie d’assermentation à l’Assemblée nationale du Québec m’a ravi aux anges. J’ai particulièrement savouré. Go Québec, go).
Puisqu’il est question de référendum parlons de celui tenu en Alberta le 19 octobre dernier. En fait il s’agissait d’un référendum sur la possibilité de tenir un autre référendum concernant l’indépendance ou la séparation éventuelle de l’Alberta. À bien y penser, ce type de consultation, dont la futilité m’a paru évidente, s’inscrit dans un décor du tout et n’importe quoi. Pendant qu’on y est, pourquoi ne pas imaginer un autre référendum afin de savoir si ce genre d’exercice représente une perte de temps ou non ? Les Albertains qui se sont prononcés en grande majorité contre l’indépendance albertaine, sont-ils plus avancés suite à ce plébiscite ?
Pas que je sache. Les fédéralistes sont-ils maintenant rassurés ? Pas vraiment. Chaque fois que l’Alberta voudra obtenir un avantage du gouvernement fédéral il suffira de brandir l’épée de Damoclès (menace de séparation suivi d’un référendum) pour avoir gain de cause. C’est à se demander : de combien d’oléoducs madame Smith aura-t-elle besoin avant d’être comblée, assouvie, satisfaite ? Le chantage a ses limites : à vouloir trop avoir, l’on finit par tout perdre, rappelez-vous madame la première ministre de l’Alberta.
Maintenant, que doit-on retenir des récentes élections municipales en Colombie-Britannique ? Dans les grandes lignes voici, si j’ose me permettre (c‘est fou ce que je suis poli et bien habillé quand je sors de mon trou !), une brève analyse des résultats : les meilleurs n’ont pas tous gagné et les perdants n’ont pas perdu gros. Les maires et échevins élus doivent dorénavant faire face à leurs responsabilités. Celles-ci consistent à veiller au grain de leurs ouailles tout en essayant de gérer un budget qui leur est confié. Pour ce faire ils devront veiller à ne pas trop se remplir les poches ainsi que celles de ceux qui ont largement contribué à la réussite de leur campagne. Un défi de taille non négligeable les attend. À Vancouver, la victoire haut la main de Pete Fry marque un fait saillant, un moment historique : il devient le premier maire issu du Parti vert élu pour diriger la ville. Je lève donc mon verre à ce maire vert. C’est vermeilleux.
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