À la veille de son quarantième anniversaire en octobre, l’Association des francophones des Kootenays Ouest (AFKO) offrira pour la première fois des cours de français le 6 octobre prochain à Nelson. Des sessions complémentaires sont également prévues cet hiver et au printemps.
Marie-Paule Berthiaume – Initiative de journalisme local – Journal La Source
L’AFKO a pu franchir cette nouvelle étape grâce à l’octroi d’une subvention de 2 800 $ du gouvernement de la Colombie-Britannique (C.-B.).
Eloïse Speelers, directrice générale de l’AFKO, souligne que ce projet-pilote vise à « répondre à une demande croissante pour l’apprentissage du français, en plus de favoriser le développement de la communauté francophone de la région des Kootenays Ouest ».
Eloïse Speelers, directrice générale de l’Association des francophones des Kootenays Ouest, à la fête de la Chandeleur en février dernier | Roxane Jossa
Un programme de huit séances de conversation pour adultes de niveau débutant ou intermédiaire sera proposé dans les locaux de l’AFKO, situés à Nelson.
Des cours de conversation en français sont également prévus à l’automne à la bibliothèque municipale de Revelstoke.
D’informel à officiel
Pour la directrice générale de l’AFKO, cette initiative marque le passage d’une offre jusqu’alors informelle à une programmation structurée d’apprentissage du français. « Les cours seront offerts en petits groupes de huit personnes pour favoriser un environnement convivial et sécurisant. »
Célia Hayet est tutrice de français à Nelson depuis quelques années où elle a fondé son entreprise Learn French with Célia. « J’ai constaté que plusieurs personnes disposent déjà de ressources pour apprendre le français, mais cherchent toujours une occasion de le pratiquer à l’oral. J’ai donc conçu un programme pour l’AFKO », souligne-t-elle.
Des participants de tous horizons
Selon la tutrice de français, les nouveaux cours de français sont destinés à une population aux motivations variées. « Pour certains, apprendre le français s’inscrit dans un processus d’intégration en tant qu’immigrant; pour d’autres, il s’agit surtout de mieux communiquer en français avec leur entourage. »
Ella Mushin, future participante au nouveau cours de français de l’Association des francophones des Kootenays Ouest | Courtoisie
Originaire d’Australie, Ella Mushin vit à Nelson depuis 2019. Si elle ne parlait pas français à son arrivée, la présence de nombreux francophones dans son cercle lui a progressivement donné envie d’apprendre leur langue.
Inscrite aux cours de français de l’AFKO, elle utilise déjà Duolingo et l’application Language Transfer, en plus de profiter de la présence de ses amis pour pratiquer. « Au lieu de décrocher quand j’entends des gens parler français, je fais de mon mieux pour écouter activement. »
Pour l’Australienne d’origine, la francophonie canadienne en milieu minoritaire fait écho à son propre parcours d’immigrante. « En observant la communauté francophone de Nelson se réunir, je comprends mieux pourquoi les communautés linguistiques ont besoin d’espaces où leurs membres peuvent partager une identité commune. »
Des outils pour prendre la parole
Célia Hayet entend proposer un atelier structuré autour d’une même trame. « Chaque séance est liée à la précédente, de sorte que les participants progressent d’une classe à l’autre jusqu’à l’atteinte des objectifs fixés. »
L’enseignante de français fournira des fiches de vocabulaire, de verbes et de mots de liaison pour aider les participants à construire leurs phrases qu’ils pratiqueront en équipe de deux. « Je remettrai le contenu du prochain cours à l’avance afin que ceux qui le souhaitent puissent se préparer pour la semaine suivante. »
Célia Hayet, tutrice de français à l’Association des francophones des Kootenays Ouest | Courtoisie
Dans une séance consacrée à la construction de phrases, par exemple, elle amènera les participants à combiner une action et un moment de la journée. « Au début, ils liront simplement leurs cartes. Et progressivement, l’exercice les mènera vers une expression plus spontanée, où seules des images leur serviront de support. »
Selon elle, la conjugaison et la grammaire demeurent des bases essentielles à l’apprentissage du français, même si elles ne seront pas au centre de cet atelier.
« Car sans vocabulaire et sans verbes, nous ne pouvons pas parler. Les personnes intéressées peuvent ensuite venir me voir pour approfondir la grammaire », explique la tutrice, qui donne déjà des cours privés dans les locaux de l’AFKO.
La confiance à l’oral
« Je peux généralement me faire comprendre, avec des phrases très simples qui sont grammaticalement incorrectes », indique Ella Mushin, qui souhaite développer sa confiance en français.
« Après plusieurs années d’apprentissage autonome, j’ai envie d’y consacrer du temps chaque semaine, dans un environnement motivant qui m’encouragera à persévérer », soutient-elle.
Le français comme source de revenus
Eloïse Speelers estime que les cours de français pourraient éventuellement contribuer à générer des revenus autonomes pour l’AFKO.
L’organisme souhaite toutefois commencer petit, notamment en raison de l’espace limité dans ses locaux à Nelson. « Notre réalité est aussi différente de celle d’autres organisations francophones que j’ai visitées dans la province. Notre communauté est beaucoup plus petite et fragmentée », observe la directrice générale de l’AFKO qui dessert un territoire de 700 km².
Pour en savoir plus : www.afko.ca/nouveaute-les-cours-de-francais
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