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le Samedi 31 octobre 2026 14:06 | mis à jour le 31 octobre 2026 19:25 Initiative de Journalisme Local

Le Conseil jeunesse francophone de la Colombie-Britannique fait vivre le français au-delà de la salle de classe

Des participants prennent part à une activité organisée par le Conseil jeunesse francophone de la Colombie-Britannique (CJFCB) | Courtoisie
Des participants prennent part à une activité organisée par le Conseil jeunesse francophone de la Colombie-Britannique (CJFCB) | Courtoisie

Les jeunes qui apprennent le français en milieu minoritaire francophone n’ont pas toujours l’occasion de le pratiquer en dehors de l’école. Pour maintenir leur intérêt envers la langue et renforcer leur sentiment d’appartenance à la francophonie, le Conseil jeunesse francophone de la Colombie-Britannique ( CJFCB) mise sur les activités communautaires et les projets culturels.

Le Conseil jeunesse francophone de la Colombie-Britannique fait vivre le français au-delà de la salle de classe
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Nizar Rebii – Initiative de journalisme local – Journal La Source

Depuis 1989, le CJFCB propose aux jeunes de la province des activités et des projets conçus « par et pour les jeunes ». L’organisme s’adresse principalement aux 14-25 ans et organise notamment les Jeux francophones, des activités sportives, des échanges et des projets d’engagement citoyen.

Pascale Marsan-Johnson, directrice générale du Conseil jeunesse francophone de la Colombie-Britannique | Courtoisie

Des espaces pour pratiquer et se retrouver

Pascale Marsan-Johnson, directrice générale du CJFCB, estime que ces initiatives répondent à un besoin particulier chez les jeunes qui évoluent dans un environnement majoritairement anglophone. Pour plusieurs d’entre eux, l’école demeure le principal lieu où ils apprennent le français et entretiennent un lien avec la francophonie.

Elle juge donc essentiel de leur offrir des occasions de rencontrer d’autres jeunes qui vivent des expériences similaires et avec lesquels ils peuvent s’exprimer en français en dehors du cadre scolaire.

L’organisme fait connaître sa programmation sur les réseaux sociaux et se déplace également dans les écoles francophones et les programmes d’immersion française pour présenter ses activités. Selon sa directrice générale, le CJFCB a rejoint environ 1 500 participants au cours de la dernière année.

Maintenir l’intérêt pour le français

Le maintien de l’intérêt des élèves pour la langue représente aussi un enjeu pour les programmes d’immersion française. Michel Pouliot, directeur général de Canadian Parents for French, souligne les difficultés rencontrées au secondaire, où le choix de cours peut être plus limité pour les élèves en immersion. Le manque d’enseignants francophones constitue également un défi et peut contribuer au décrochage de certains élèves.

Il considère que l’apprentissage du français doit être lié à des expériences concrètes pour que les jeunes puissent en mesurer l’utilité au-delà de leurs études. « Le français, ce n’est pas juste un sujet académique. Il y a un monde à l’extérieur qui parle français tous les jours et qui fonctionne en français », rappelle-t-il.

Michel Pouliot, directeur général de Canadian Parents for French | Courtoisie

Les échanges avec le Québec, les activités culturelles et les rencontres avec des francophones permettent, selon lui, de montrer aux élèves que la langue peut aussi être utilisée dans leur vie quotidienne et leur parcours professionnel.

Michel Pouliot souhaite notamment voir davantage d’activités parascolaires en français, comme des concours d’art oratoire et des activités d’improvisation. Ces dernières permettent aux élèves de développer leur capacité à réfléchir et à s’exprimer spontanément dans cette langue. Il évoque également la possibilité de mettre en place des ligues d’improvisation dans différentes régions de la province, sous réserve de partenariats et de financement.

La confiance et le sentiment d’appartenance

Au-delà des ressources et des activités disponibles, l’insécurité linguistique peut aussi freiner les jeunes. Pascale Marsan-Johnson observe que certains hésitent à parler français par peur de faire des erreurs, d’avoir un accent différent ou de ne pas avoir un niveau suffisant. Elle pense que cette diversité linguistique devrait plutôt être reconnue comme une richesse de la francophonie.

Pour Aden Malhotra Lizarraga et Anastasiya Ashokina, deux élèves de 11e année qui participent aux activités du CJFCB, les projets communautaires représentent justement des occasions de pratiquer la langue et de rencontrer d’autres jeunes qui partagent le même intérêt. Tous deux ont pris part au projet Connect. Aden retient notamment les rencontres avec des élèves en immersion française de différentes écoles de Vancouver. Anastasiya quant à elle, a travaillé sur un projet consacré à la place de la littérature française dans les bibliothèques scolaires, une expérience qui lui a permis de pratiquer davantage la langue et de découvrir de nouvelles ressources.

Le français représente également pour eux une ouverture vers d’autres possibilités. Aden envisage de poursuivre des études en architecture à Montréal, tandis qu’Anastasiya souhaite étudier la paléontologie à la Sorbonne, à Paris. Leurs projets illustrent les perspectives que peut offrir le bilinguisme, tant sur le plan des études que des expériences personnelles et professionnelles.

Des membres du CJFCB en visite au Parlement de la Colombie-Britannique | Courtoisie

Des défis qui dépassent l’école

En dehors des salles de classe, les activités et les rencontres contribuent à faire du français une langue vivante, présente dans les échanges et les projets de la communauté. Si les établissements scolaires jouent un rôle central dans l’enseignement de la langue, les organismes communautaires peuvent offrir aux jeunes d’autres occasions de la pratiquer, de développer leur confiance et de construire leur sentiment d’appartenance.

L’enjeu consiste ainsi à faire du français une langue que les jeunes peuvent utiliser et faire vivre au quotidien, au-delà des cours et des programmes scolaires.

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