La Fédération des francophones de la Colombie-Britannique (FFCB) a célébré ses quatre-vingts ans de lutte et de présence institutionnelle provinciale lors de son assemblée annuelle du 8 novembre dernier.
Le bilan annuel dressé par les 48 organismes membres de la fédération se veut globalement positif et historique. « Ensemble, nous continuons à faire rayonner la francophonie en C.-B. », se réjouit Marie-Nicole Dubois, présidente du conseil d’administration.
Cela passe notamment par l’agrandissement de l’équipe de la fédération avec l’arrivée de nouveaux membres. Dont, entre autres, Natalie Elster, qui s’occupe de la formation et de l’accompagnement des membres, Julien Slimani, coordinateur en promotion et marketing ou encore Leyla Cherif, coordinatrice en EDIA, lutte antiracisme et rapprochement avec les Peuples autochtones, ainsi qu’une toute nouvelle équipe qui coordonne les services d’aide à l’emploi.
C’est l’un des projets les plus ambitieux de la fédération : la création et le développement d’Emploi C.-B., des nouveaux services d’aide à l’emploi entièrement francophones, gérés par la FFCB afin d’offrir le même service dans tous les organismes communautaires partenaires. « Le service sera proposé en collaboration avec WorkBC partout dans la province et en ligne », annonce Emmanuelle Corne Bertrand, directrice générale de la FFCB.
Le budget consacré à l’offre de ses nouveaux services est estimé à 3 millions de dollars par an pendant cinq ans. Un tiers sera géré par la fédération qui prendra notamment en charge toute la partie administrative, et les deux tiers restants seront redistribués aux partenaires. « Nous souhaitons d’une part, décharger au maximum les organismes pour qu’ils se focalisent sur la qualité du service proposé », explique Emmanuelle Corne Bertrand. « Et d’autre part, il nous semble important que la fédération absorbe tout le développement et la gérance de la machine dans un souci d’harmonisation du service Emploi C.B. »
Marie-Nicole Dubois, présidente de la FFCB a été réélue pour un dernier mandat de deux ans. Crédit Photo : FFCB
Une francophonie en hausse qui doit continuer de se faire entendre
À l’issue de cette 80e assemblée annuelle, quatre nouveaux représentants ont été élus au conseil d’administration de la fédération : Lauren Touchant, Manu Nicaise, Sabrina Lau Texier et Geneviève Pellerin. Marie-Nicole Dubois, elle aussi, s’est vu réélire présidente de la fédération pour deux ans. « C’est avec une grande joie et une profonde émotion que j’accepte de signer pour un dernier mandat de deux ans », informe la présidente. « La francophonie, ce n’est pas un luxe mais une richesse essentielle, un pilier de notre identité collective qui mérite d’être soutenue et financée à la hauteur de sa valeur afin qu’elle continue de s’épanouir. »
Malgré un fort engagement de la part des organismes et une visibilité croissante, renforcer le leadership de la fédération auprès des hautes instances n’est pas une chose évidente. « Les gouvernements fédéral et provincial sont minoritaires et ont un capital politique restreint, ce qui n’est pas à notre avantage », admet Christian Deron, conseiller politique et relations gouvernementales. « D’autres dossiers sont prioritaires sur la francophonie et nous avons encore beaucoup de mal à nous faire entendre. »
Alors que la question américaine accapare les esprits, la fédération y voit, elle, une occasion économique. « Des élus provinciaux comprennent néanmoins que le français pourrait permettre de diversifier notre économie et de travailler avec de nouveaux partenaires », ajoute Christian Deron. « Nous devrons profiter de cette ouverture économique. »
L’assemblée générale annuelle a permis l’adoption de la cotisation annuelle, d’un plan de développement global, et aussi de quatre valeurs communautaires : l’égalité, la diversité, l’inclusion et l’accessibilité. Afin d’appliquer au mieux ces valeurs chez l’ensemble des organismes membres, et alors que certaines voix minoritaires peuvent se sentir sous-représentées voire même exclues, la présidente a proposé de mettre en place une communauté de vigie pour s’assurer du respect du code de conduite.
On peut aussi souligner la réouverture des services de l’organisme Inform’elles, ayant pour but de soutenir les femmes francophones en situation de violence. En arrêt depuis maintenant un an, une reprise en décembre 2025 a été annoncée par la présidente de l’association, Leilla Kaze.
Enfin, un projet d’écriture d’un hymne franco-colombien a été lancé récemment par la FFCB, un processus communautaire et collaboratif qui cherche à mettre en lumière la diversité des identités francophones dans l’ensemble de la province. « On veut avant tout que ce soit un morceau qui nous rassemble et qui nous ressemble », conclut Emmanuelle Corne Bertrand.
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