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le Samedi 29 août 2026 14:24 | mis à jour le 29 août 2026 19:04 Initiative de Journalisme Local

Le français, un atout quand rester au Canada devient plus difficile

La préparation à un examen de langue française représente un investissement important pour les nouveaux arrivants qui souhaitent renforcer leur projet d’immigration | Pexels
La préparation à un examen de langue française représente un investissement important pour les nouveaux arrivants qui souhaitent renforcer leur projet d’immigration | Pexels

Pour certains nouveaux arrivants installés au pays depuis quelques années, apprendre le français n’est plus seulement une façon d’élargir leurs compétences linguistiques. C’est aussi devenu une stratégie pour tenter de rester au Canada.

Le français, un atout quand rester au Canada devient plus difficile
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Nizar Rebii – Initiative de journalisme local – La Source

Simon a déjà passé trois fois le Test de connaissance du français (TCF). Le résultat lui échappe encore, alors il continue.

Installé en Colombie-Britannique depuis trois ans avec sa femme et leurs deux enfants, il travaille, suit des cours de français en ligne et participe à des activités francophones pour pratiquer la langue.

Son permis de travail postdiplôme est valide jusqu’en février 2029. L’échéance paraît lointaine, mais il préfère anticiper. « Je connais beaucoup de personnes qui doivent rentrer, donc j’ai un peu d’angoisse. Ça me pousse à me préparer dès maintenant », explique-t-il.

Simon: installé en Colombie-Britannique avec sa famille, prépare le Test de connaissance du français dans le cadre de son projet de résidence permanente | Courtoisie

Le français est devenu un critère important de son projet de résidence permanente. Chaque tentative au TCF lui coûte environ 400 dollars, auxquels s’ajoutent les cours et les heures d’étude après le travail.

Leurs enfants, eux, ont désormais leurs repères en Colombie-Britannique, avec leur école et leurs amis. « C’est une grande responsabilité. Je dois réussir. La stabilité et la cohésion de ma famille dépendent de moi », dit-il.

« Ce serait très difficile de rentrer au Cambodge et de les faire sortir de l’école et les séparer de leurs amis », raconte Simon.

Fabiana Clavijo: diplômée d’un Bachelor of Business Administration, poursuit son apprentissage du français à Bogotá dans l’objectif de renforcer son dossier d’immigration | Courtoisie

Partir pour préparer son retour

Fabiana a choisi de quitter temporairement le Canada pour consacrer davantage de temps au français. Arrivée en Colombie-Britannique en septembre 2021, elle y a obtenu un baccalauréat en administration des affaires avant de commencer à travailler. Son score restait insuffisant pour le projet de résidence permanente qu’elle envisageait.

Elle avait commencé des cours à l’Alliance Française à Vancouver, mais son emploi à temps plein ralentissait ses progrès.  Elle a finalement décidé de rentrer chez ses parents, à Bogotá. Du lundi au vendredi, elle étudie à l’Alliance Française de 9 h à 13 h, puis poursuit son travail chez elle.

Elle prépare un examen en décembre et prévoit une nouvelle tentative au printemps suivant. À Vancouver, raconte-t-elle, les places peuvent disparaître quelques minutes après l’ouverture des inscriptions. Fabiana veut revenir en Colombie-Britannique et retrouver la vie qu’elle avait commencé à construire ici. Le français est devenu pour elle une manière de renforcer son dossier et de garder cette possibilité ouverte.

Ce que le français change réellement

Dans Entrée express, cet effort peut avoir un effet concret. Selon Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada, un candidat qui atteint au moins le niveau 7 des Niveaux de compétence linguistique canadiens dans les quatre compétences en français peut recevoir 25 ou 50 points supplémentaires dans le Système de classement global, selon ses résultats en anglais.

Le français constitue également l’une des catégories actuelles de sélection d’Entrée express, ce qui peut ouvrir des possibilités supplémentaires à certains candidats.

Ayaz Maleck: gestionnaire en immigration au Réseau en immigration francophone de la Colombie-Britannique | Courtoisie

Ayaz Maleck, gestionnaire en immigration au Réseau en immigration francophone de la Colombie-Britannique, accompagne des nouveaux arrivants qui s’interrogent sur cette voie. « Il faut éviter de donner l’impression qu’apprendre le français constitue une voie garantie vers la résidence permanente. Ce n’est pas le cas », souligne-t-il.

Les seuils d’invitation peuvent varier d’une ronde à l’autre. « Il faut généralement le considérer comme un projet à moyen ou à long terme plutôt que comme une solution rapide », explique Ayaz Maleck.

Simon en est déjà à trois examens. Pour lui, chaque nouvelle tentative représente un effort financier et personnel.

Une priorité francophone dans un système plus serré

Ces efforts prennent une autre dimension alors qu’Ottawa resserre sa politique migratoire. Le Plan des niveaux d’immigration 2026-2028 maintient à 380 000 le nombre prévu d’admissions de résidents permanents chaque année. Pour les nouvelles arrivées temporaires, les cibles passent de 385 000 en 2026 à 370 000 en 2027 et en 2028.

L’immigration francophone hors Québec suit une trajectoire différente. Ottawa vise 9 % des admissions de résidents permanents francophones hors Québec en 2026, puis 9,5 % en 2027 et 10,5 % en 2028. L’objectif annoncé pour 2029 est de 12 %. Les points supplémentaires et les rondes ciblées peuvent améliorer les chances de certains candidats, selon leur profil.

Il rappelle aussi qu’une langue apprise pour l’immigration peut finir par prendre une autre place. Le français permet de rencontrer une communauté, de développer un réseau et de participer à la vie francophone de la province.

Pour Simon comme pour Fabiana, cette dimension prend aujourd’hui une signification particulière. L’un apprend le français depuis Vancouver, entre travail et vie familiale, l’autre a quitté temporairement le Canada pour pouvoir s’y consacrer pleinement.

Dans un système d’immigration devenu plus compétitif, le français ne garantit pas de pouvoir rester. Mais pour certains candidats, il représente une carte supplémentaire à jouer.

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